Pour les cadres en TI, la communication est souvent le frein invisible. Ils gèrent un travail technique complexe avec précision, mais les projets bloquent lorsque les messages ne parviennent pas aux personnes qui doivent agir.
Nancy Lahaie, qui enseigne la Communication pour les leaders de TI dans le cadre du programme Leadership pour les TI du Centre des dirigeants John-Molson, explique que la communication échoue souvent parce que les leaders ne tiennent pas compte de leurs équipes.
« La communication n’a rien à voir avec vous, » affirme Lahaie. « Elle dépend entièrement de la personne en face de vous. »
Lahaie a commencé sa carrière en microbiologie, mais son intérêt pour l’aspect humain de la science l’a poussée à se tourner vers le marketing et la planification stratégique au sein d’entreprises telles que Roche Diagnostics et Pfizer Canada, où elle a positionné des produits scientifiques complexes à la fois pour les spécialistes techniques et les responsables de la prise de décision.
Aujourd’hui consultante, Lahaie aide les organisations à aligner leurs équipes de direction autour de la stratégie et de l’exécution.
Dans tous les secteurs, elle remarque un constat récurrent : ce n’est pas le manque de connaissances qui fait échouer l’exécution, mais des messages qui ne passent pas. Pour Lahaie, une communication efficace commence toujours par un objectif clair.
« Quel est votre objectif, quel est votre “pourquoi” ? » demande-t-elle. « À quoi ressemble le résultat ? Et comment savez-vous que vous l’avez atteint ? »
Comprendre les filtres de l’écoute
Chaque personne qui écoute, note Lahaie, filtre l’information en fonction du stress, des priorités et des idées reçues. Les cadres peuvent penser avoir été clairs, mais les messages sont interprétés différemment selon ce qui compte le plus. Les leaders qui tiennent compte de ces filtres augmentent les chances que le message soit compris.
Lahaie utilise une méthode simple pour s’assurer que son message est compris : elle demande à ses interlocuteurs de répéter trois éléments qu’ils ont retenus. Les réponses révèlent ce qui a été compris et ce qui ne l’a pas été. Ce moment de comparaison entre l’intention et la réception permet aux leaders de clarifier leur message et de définir les prochaines étapes en toute confiance.
Communiquer une vision, pas des consignes
Les cadres risquent également de perdre leurs équipes lorsqu’ils gèrent par tâches plutôt que par résultats. Les équipes guidées uniquement par des instructions ont tendance à attendre des validations ou à rester confinées aux limites étroites de chaque mission.
« Être un leader ne se résume pas à avoir un titre, » explique Lahaie. « C’est avoir une vision. »
La vision est ce qui permet à chaque conversation de s’inscrire dans un objectif plus large.
Communiquer sous pression
Même une communication efficace peut se détériorer sous pression.