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Les universités, au cœur des solutions pour répondre aux défis du Québec

Lire le message du recteur de Concordia, Graham Carr, et de Kathy Baig, directrice générale et cheffe de la direction de l'École de technologie supérieure
18 septembre 2026
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Par Graham Carr et Kathy Baig


Des étudiantes et étudiants circulent sur une voie piétonne du campus Sir-George-Williams de l’Université Concordia, au centre-ville de Montréal.

Cet article a été initialement publié dans The Gazette.

La campagne est bien lancée en vue de l’élection du prochain gouvernement. Des enjeux pressants s’imposent pour tous les secteurs de la société : les nouvelles technologies, l’IA, le déficit de productivité des entreprises, sans oublier les catastrophes environnementales découlant des changements climatiques. L’ordre mondial est en pleine transition et les règles du jeu sont en train d’être profondément remaniées.

Pour faire face à ces défis, le Québec doit innover, former une main-d’œuvre hautement qualifiée pour les emplois de demain et investir stratégiquement dans la recherche et la création.

Les universités disposent du savoir, de l’ambition et de la volonté nécessaires pour contribuer activement à la compréhension et à la résolution de nos enjeux collectifs. Nous appelons donc l’ensemble des partis politiques à mettre à contribution la communauté universitaire et son immense capacité de recherche au bénéfice de toute la société.

Dans cet esprit, nous souhaitons poser quelques questions aux partis politiques du Québec au sujet de l’avenir de nos universités. Bien qu’elles soient formulées sous l’angle de notre secteur, il s’agit de questions qui devraient interpeller l’ensemble des électrices et des électeurs appelés aux urnes le 5 octobre.

Premièrement, le Québec se situe en fin de peloton parmi les principales économies de l’OCDE au chapitre du niveau de vie par habitant, et notre faible productivité en est la cause. Nos entreprises n’investissent pas assez, génèrent trop peu d’innovations et peinent à rivaliser avec leurs compétiteurs étrangers.

L’un des remèdes à cette situation est de s’assurer que plus de personnes sont prêtes pour le marché du travail lorsqu’elles terminent leurs études. Cela passe notamment par une priorité accrue accordée aux stages et aux autres formes d’apprentissage expérientiel au sein des entreprises, des organismes à but non lucratif et des institutions culturelles de toutes les régions du Québec, un rôle que les universités remplissent déjà avec brio.

Comment votre gouvernement encouragera-t-il et soutiendra-t-il les étudiants et les universités à améliorer la performance économique du Québec?

En lien avec cette question de la productivité est celle du talent, de la taille de la population ainsi que de la croissance.

L’Institut de la statistique du Québec prévoit un déclin de la population du Québec d’ici 2030. De plus, d’après les projections démographiques de l’Institut, les personnes de 65 ans et plus devrait grimper à 26 % de la population en 2041. À titre de comparaison, cette proportion n’était que de 7 % en 1971 et 20 % en 2021. Montréal, où sont établies nos deux universités et qui demeure le principal moteur économique du Québec, figure parmi les régions les plus exposées aux conséquences du virage démographique.

Aujourd’hui, près de la moitié des titulaires de doctorat au Québec viennent de l’étranger. Leur talent est essentiel pour combler d’importantes lacunes dans l’économie du savoir. Les universités québécoises devront recruter encore plus d’étudiantes et étudiants internationaux pour stimuler la croissance des activités de recherche.

La concurrence mondiale pour attirer les meilleurs étudiants était déjà féroce, mais au cours des trois dernières années, le nombre d’étudiants internationaux venus au Québec a chuté de façon vertigineuse. C’est parce que, comme l’a récemment souligné Moody’s, le Québec est l’autorité la plus difficile au Canada sur le plan de l’immigration.

La réduction du nombre de permis d’étude, les obstacles à leur délivrance ainsi que l’incertitude entourant le statut des étudiants une fois leur diplôme obtenu – notamment en limitant l’accès au Programme de l’expérience québécoise (PEQ) – ont terni l’enviable réputation d’accueil qu’avait autrefois le Québec. Montréal qui, il y a dix ans, trônait au sommet du palmarès des meilleures villes étudiantes du monde, s’y classe aujourd’hui au 20e rang.

Quelle stratégie votre gouvernement mettra-t-il en œuvre, en collaboration avec le gouvernement fédéral et les universités, pour redorer l’image du Québec et accroître les moyens d’attirer et de retenir les meilleurs talents, gages de la prospérité?

Les universités sont un des plus grands atouts du Québec. Elles sont une source intarissable d’expertise, de créativité, d’innovation et de talent générationnel. Elles seront également d’enthousiastes partenaires pour le prochain gouvernement.

Une dernière question s’impose donc.

Après des années de sous-financement et une période marquée par des changements de politiques déstabilisants pour le secteur, comment votre gouvernement entend-il réinvestir dans l'enseignement et la recherche de calibre mondial de nos universités québécoises, et à quelle hauteur? Plus précisément, de quelle façon ces investissements permettront-ils de soutenir durablement la croissance, l'excellence et la capacité d'innovation des universités du Québec dans les années à venir?



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