Que ce soit pour rédiger un courriel ou intégrer un agent IA dans un flux de travail, ce n’est pas l’outil qui détermine le succès, mais la boucle de rétroaction. L’outil est-il facile à apprendre? L’utilisateur peut-il affiner le résultat au fil du temps? Favorise-t-il une meilleure réflexion ou juste une production plus rapide?
L’une des manières les plus efficaces d’anticiper la valeur, selon elle, est de cartographier le processus actuel avant d’introduire l’IA. Cela aide les équipes à identifier ce qui peut être automatisé et ce qui ne devrait pas l’être.
« Si vous ne comprenez pas vraiment comment le travail se fait aujourd’hui, l’IA ne fait qu’ajouter du bruit », conclut-elle. »
Ne confondez pas rapidité et stratégie
L’une des erreurs les plus fréquentes que Tabrizian observe chez les organisations et les équipes est de confondre rapidité et stratégie. Elle cite l’exemple des équipes marketing et communication qui utilisent l’IA pour produire plus de contenu, plus rapidement. Elles se rendent ensuite compte que cela n’est pas aligné avec les objectifs de l’entreprise.
« Ce n’est qu’une question de vitesse, » souligne-t-elle. « Ce n’est pas la même chose que de s’améliorer. »
Les outils d’IA sont souvent présentés comme des assistants efficaces. Mais Tabrizian conseille de les considérer comme de jeunes employés. Ils peuvent être rapides et utiles, mais nécessitent une supervision.
« On ne peut pas simplement confier un processus et s’en aller, » dit-elle. « Il faut toujours s’assurer que le résultat est utile, éthique et précis. »
Lorsqu’elle évalue des outils, Tabrizian se concentre sur trois critères : la pertinence par rapport à la tâche, le potentiel d’amélioration et la facilité d’intégration. Un outil qui fait gagner cinq minutes mais demande une heure de dépannage est un mauvais choix. En revanche, un outil qui permet d’atteindre 80 % du résultat, de manière constante, est celui autour duquel elle construira ses processus.
Cette approche réfléchie, itérative et concrète pour anticiper le potentiel de l’IA est ce qui distingue une intégration réussie d’un simple changement technologique. L’IA ne va pas cesser d’évoluer, affirme-t-elle. Mais ceux qui en tirent véritablement de la valeur ne sont pas ceux qui courent après les fonctionnalités. Ce sont ceux qui posent de meilleures questions.
« Honnêtement, la différence entre quelqu’un qui utilise bien l’IA et quelqu’un qui en parle sur LinkedIn, c’est juste que l’un l’a écrit en premier, » dit-elle. « Il n’est pas nécessaire de tout savoir. Il suffit d’expérimenter des choses qui ont du sens dans votre contexte. »