L’intelligence artificielle (IA) est en voie de révolutionner les industries partout dans le monde, mais les fabricants canadiens tardent à l’adopter. En effet, une enquête de Statistique Canada a révélé que seulement 3,7 % des fabricants utilisent actuellement l’IA dans leurs activités.
Andy Manel, cofondateur de Bold New Edge, société spécialisée dans l’adoption des technologies, cette hésitation reflète un problème de mentalité découlant d’un leadership prudent, d’une expertise interne limitée et d’une tendance à sous-estimer le potentiel de l’IA.
« Le changement de mentalité le plus important consiste à cesser de considérer l’IA comme un coût à gérer et à commencer à la considérer comme une intelligence à recruter », estime M. Manel. « Cela permet aux gestionnaires de se demander : “Quelle est la tâche la plus importante pouvant être confiée en premier lieu à cette nouvelle intelligence?”, au lieu de se laisser paralyser par l’ampleur du défi. C’est ainsi qu’il faut commencer : par un projet concret et ciblé qui crée une véritable dynamique. »
Un nouveau parcours d’apprentissage pour les leaders
Afin d’aider les dirigeants à franchir cette première étape d’adoption de l’IA cet automne, l’entreprise Bold New Edge, en partenariat avec Formation continue Concordia, lance le programme AI for Decision-Makers in Advanced Manufacturing (« l’IA pour les décideurs dans le secteur de la fabrication de pointe »). Ce programme hybride de huit semaines met en relation des dirigeants du secteur manufacturier avec des mentors spécialisés en IA et leur permet de dresser une feuille de route permettant de relever les défis organisationnels auxquels ils sont confrontés en recourant à l’IA. La formation sera menée par des formateurs tels qu’Adrián González Sánchez, architecte en IA à Microsoft, qui a conseillé des gouvernements, des leaders de l’industrie et des instituts de recherche sur les façons d’utiliser l’IA dans des secteurs allant de la santé publique à la fabrication de pointe.
« L’adoption de l’IA se fait étape par étape, en choisissant des cas simples mais porteurs qui permettent de commencer à bâtir la maturité interne et la portée technologique », précise M. González Sánchez.
Surmonter les obstacles à l’adoption de l’IA
M. Manel relève trois obstacles interreliés qui ralentissent l’adoption de l’IA.
Le premier est une lacune en matière de leadership et d’imagination : de nombreux chefs d’entreprise canadiens utilisent déjà des outils basés sur l’IA dans leurs activités sans s’en rendre compte, ce qui les empêche de reconnaître la valeur stratégique de l’IA ou d’en quantifier le rendement.
Le deuxième est une tendance culturelle à la « progressivité prudente », où les investissements modestes et sûrs l’emportent sur des expériences potentiellement transformatrices.