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RECHERCHE : Pour les femmes âgées, les bienfaits de l’eau ne se limitent pas à la santé physique

Selon une nouvelle étude réalisée à l’Université Concordia, les loisirs aquatiques sont liés à la vie communautaire, à l’autonomisation et à la construction de l’identité, mais des obstacles à la participation subsistent

A smiling woman prepares to get into a kayak

Selon une étude menée par une équipe de recherche de l’Université Concordia, de l’Université McMaster et de l’Université Karl Landsteiner, en Autriche, l’eau joue un rôle bien plus complexe et profond dans la vie des femmes âgées qu’on ne le croyait jusqu’ici.

Si des activités telles que la natation, l’aviron, le surf et l’aquaforme sont souvent vantées pour leurs bienfaits sur la santé physique, l’étude a révélé qu’elles aident également les femmes qui s’y adonnent à forger leur identité, à nouer des liens sociaux, à acquérir un sentiment d’appartenance et à donner un sens à leur vie.

Les chercheuses du Centre de recherche sur le vieillissement engAGE de l’Université Concordia et du Gilbrae Centre for Studies in Aging de l’Université McMaster ont mené une étude de portée sur environ 1 500 articles afin de mieux comprendre la relation que les femmes entretiennent avec l’eau durant leur vieillesse. Elles ont ensuite procédé à un examen approfondi de 36 études évaluées par des pairs portant sur les expériences des femmes âgées dans le cadre d’activités de loisirs aquatiques comme la natation, le kayak, la voile, le surf et l’aquaforme.

Cette étude a permis de dégager quatre grands thèmes. L’eau favorise le bien-être physique et mental en réduisant la douleur, en améliorant la mobilité et en aidant les femmes à gérer le stress et le deuil. La pratique d’activités aquatiques aide les femmes à renforcer leur confiance en elles, à acquérir de nouvelles compétences et à se forger une identité en tant que nageuses, surfeuses ou rameuses. De nombreuses participantes ont dit avoir noué des liens émotionnels forts avec les lacs, les rivières et les océans, qu’elles associaient à des souvenirs, à la spiritualité et à un sentiment d’appartenance. Enfin, ce qui est tout aussi important, les activités aquatiques favorisent l’établissement de liens d’amitié, le soutien mutuel et l’esprit communautaire.

Les chercheuses ont également constaté que la participation aux activités était influencée par des obstacles d’ordre pratique ou social, notamment le coût, le transport, les inquiétudes liées au vieillissement physique, les attentes culturelles et les enjeux environnementaux tels que la pollution. L’offre d’installations accessibles, de groupes de soutien et de programmes réservés aux femmes aide souvent à surmonter ces barrières.

Les chercheuses appellent à un « tournant hydrologique » en gérontologie, faisant valoir que les études sur le vieillissement devraient considérer l’eau comme bien plus qu’une simple toile de fond pour l’exercice physique ou la thérapie. En s’appuyant sur le concept d’hydroféminisme, elles suggèrent que l’eau entretient des liens intimes avec le corps des personnes, leurs relations et leur environnement.

Elles ajoutent que la compréhension de ces liens pourrait déboucher sur des recherches, des politiques et l’aménagement d’espaces récréatifs plus inclusifs qui tiennent compte de l’importance sociale, culturelle et émotionnelle de l’eau chez les personnes âgées.

L’étude a été publiée dans la revue Water Alternatives. Elle a été rédigée par Nicole Dalmer et Meridith Griffin de l’Université McMaster; Kim Sawchuk, professeure émérite au Département de communication et directrice de l’ACTLab; et Vera Gallistl de l’Université Karl Landsteiner.

Lisez l’article cité : « Older Women’s Leisurely Engagement with Water: A “Wetrospective” ».



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