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L’avenir des villes dépend d’une approche critique et collaborative de la lutte au changement climatique, selon des spécialistes

Des membres de la Faculté des arts et des sciences de Concordia demandent un accroissement de la biodiversité, de l’équité et du contrôle local dans les milieux urbains
9 avril 2019
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Les expertes et experts de la série Au-delà des disciplines ont souligné la nécessité d’aborder les solutions au changement climatique sous de divers angles et de façon créative. | Photo par Omer Unlu (Flickr Creative Commons)

Sachant qu’aujourd’hui, les villes sont responsables de 70 pour cent des émissions de dioxyde de carbone, on en vient à se demander si les zones urbaines surpeuplées peuvent s’adapter de façon durable à la croissance rapide de la population.

« Face à la situation, nous devons jeter des ponts entre les disciplines et impliquer davantage de personnes très tôt dans le processus, soutient André Roy, doyen de la Faculté des arts et des sciences de l’Université Concordia. Ce processus exhaustif permettra d’aller plus loin que le statu quo et d’imaginer de nouvelles approches radicales aux problèmes les plus pressants. »

À cette fin, la Faculté des arts et des sciences a lancé diverses initiatives, notamment la série d’activités Au-delà des disciplines. Celles-ci prennent la forme de tables rondes publiques durant lesquelles des spécialistes de l’Université explorent une variété de questions sous de multiples perspectives.

La quatrième édition d’Au-delà des disciplines, qui portait sur l’avenir des villes, a eu lieu le 22 janvier et était animée par Zachary Patterson, professeur agrégé au Département de géographie, d’urbanisme et d’environnement.

L’invité d’honneur de la soirée, Seth Schultz, est le fondateur de l’organisme Urban Breakthroughs, qui aide les villes à atteindre leurs ambitieux objectifs de lutte contre le changement climatique.

En plus de Zachary Patterson et de Seth Schultz, la table ronde était composée de Pierre Gauthier, professeur agrégé au Département de géographie, d’urbanisme et d’environnement, d’Orit Halpern, professeure agrégée au Département de sociologie et d’anthropologie, de Meghan Joy, professeure adjointe au Département de science politique, et de Carly Ziter, professeure adjointe au Département de biologie.

« Du jamais vu encore dans l’histoire »

Durant la soirée, les expertes et experts ont cerné les possibilités d’amélioration dans leurs disciplines respectives, ainsi que les cas de figure où une meilleure collaboration pourrait se traduire en impact positif.

« Il est crucial d’adopter une approche axée sur la science politique », a affirmé Meghan Joy, ajoutant que les villes durables sont un sujet sous-étudié dans sa discipline. Elle suggère un changement de paradigme, citant le théoricien politique Warren Magnusson, qui insiste sur la nécessité de considérer la ville d’abord, puis l’État. En outre, ce changement permettrait d’examiner sur quoi reposent le pouvoir et la gouvernance de ces enjeux, et de voir à quoi ressemblerait un programme politique de ville durable.

Seth Schultz a poursuivi sur le sujet.

« Urbanisation, changement climatique, quatrième révolution industrielle… tous ces phénomènes arrivent en même temps – c’est du jamais vu encore dans l’histoire de l’humanité. Et ils convergent tous vers les villes », a-t-il ajouté.

Selon lui, l’un des nombreux facteurs qui empêchent les centres urbains de progresser est le manque de contrôle, en particulier de l’argent.

La professeure Joy a renchéri sur son idée de changement qui, sous forme de constitution, donnerait plus de pouvoir et de protection aux villes.

« Nous avons besoin d’une nouvelle littérature urbaine pour imaginer un avenir différent »

Pour sa part, Orit Halpern a souligné que la représentation reflète notre manière de traiter le monde, et a posé le défi d’examiner notre définition des villes, des citoyens, voire de la durabilité, entre autres. Faisant écho à la suggestion de nouvelle constitution de Meghan Joy, elle a précisé qu’il faudrait que celle-ci offre le droit de citoyenneté à plus de personnes, et même à d’autres formes de vie et de technologies.

« Cela pourrait nous aider à recatégoriser la nature, la culture, le rural, l’urbain, l’humain et le non-humain, et ce, afin de produire un avenir plus diversifié », a poursuivi la professeure Halpern.

Pour elle, l’histoire et la science-fiction sont essentielles pour comprendre d’où nous venons et où nous pourrions aller.

« Des termes tels que durabilité, résilience, habileté et intelligence ont tous une histoire. En explorant le passé, nous pouvons interroger nos hypothèses sur le présent. Nous avons besoin d’une nouvelle littérature urbaine pour imaginer un avenir différent. »

D’après Orit Halpern, nous pourrions apprendre beaucoup de l’écologie, qui nous enseigne que la diversité est souvent nécessaire pour que les systèmes s’adaptent au changement.

Carly Ziter, professeure adjointe au Département de biologie, est d’accord. « Si nous pouvons enrichir la biodiversité de nos villes et les rendre plus équitables du point de vue de l’accès, nous pourrons faire des miracles pour connecter les gens à la nature », a-t-elle affirmé.

« C’est ainsi que nous contribuerons à la durabilité. »

Tous les participants se sont accordés pour dire que la question nécessite une approche intégrée.

« Nous avons besoin d’une plateforme interdisciplinaire comme Au-delà des disciplines pour briser les silos d’information, a conclu Seth Schultz. C’est en envisageant la question de façon créative et sous de multiples angles que nous aurons l’espace pour jeter un regard critique sur notre façon de lutter contre le changement climatique. »

 

Ne manquez pas la prochaine activité d’Au-delà des disciplines, prévue le 21 mars de 17 h 30 à 19 h au Centre de génomique structurale et fonctionnelle (pavillon GE), sur le campus Loyola (7141, rue Sherbrooke O.). Sous le thème Health Myths vs. Facts (« santé : mythes et réalités »), la table ronde réunira des spécialistes de la Faculté des arts et des sciences de Concordia autour du sujet de la pseudoscience.



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