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Le nouveau centre de transformation sociale de Concordia accueille sa première innovatrice en résidence

Le 25 novembre, Jodi Calahoo-Stonehouse discutera du rôle que peuvent jouer les points de vue autochtones dans l’adoption de changements systémiques
19 novembre 2019
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Jodi Calahoo-Stonehouse : « Nous pourrions arriver à créer des solutions inédites si nous envisageons le problème collectivement. » | Photo courtesy of Make Something Edmonton

Plus tôt ce mois-ci, l’Université Concordia a annoncé le lancement de son nouveau Centre de transformation sociale SHIFT. Unique en son genre, ce tout premier centre de collaboration multilatérale a vu le jour grâce à un récent don de 10 millions de dollars de la Fondation Mirella et Lino Saputo et de la Fondation Amelia et Lino Saputo Jr.

Le 25 novembre, le centre SHIFT accueillera sa première innovatrice en résidence, Jodi Calahoo‑Stonehouse, pour une série de conversations et d’ateliers. Ouverte au public, l’activité Weaving Our Worldviews: Social Transformation and Indigenous Practices (« tisser nos points de vue : transformation sociale et pratiques autochtones ») aura lieu de 11 heures à 19 heures à ESPACE 4.

Fondatrice et copropriétaire de l’entreprise de production Miyo-Pimatisiwin Productions, Jodi Calahoo-Stonehouse est aussi coréalisatrice et animatrice d’Acimowin, une émission de radio autochtone primée.

Dans son travail, elle s’attache à diffuser des récits inspirants sur les peuples autochtones ainsi qu’à améliorer la réalité des jeunes autochtones marginalisés. Elle s’intéresse notamment aux médias autochtones, aux traditions juridiques autochtones, au féminisme autochtone, à l’innovation sociale et au futurisme autochtone.

L’événement sera coanimé par Aleeya Velji, qui possède une vaste expérience en soutien des changements transformationnels au sein de petites et grandes organisations. Elle a collaboré étroitement avec Jodi Calahoo-Stonehouse ces dernières années à la mise sur pied du laboratoire SHIFT d’Edmonton.

Ces deux innovatrices emploieront divers moyens pour nourrir leur échange avec le public, dont le récit, l’interaction directe et une conférence principale. L’événement se déroulera dans le cadre d’une résidence d’une semaine à Concordia, durant laquelle Judi Calahoo-Stonehouse travaillera avec des étudiants et étudiantes ainsi que des membres de la communauté autochtone à relever des défis d’innovation sociale.

L’innovation sociale est un merveilleux outil qui permet à chacun de commencer à voir le problème du point de vue de l’autre

Parlez-nous un peu de vous…

Jodi Calahoo-Stonehouse : Je suis Crie et Mohawk de la Première Nation Michel.

J’aime m’imaginer comme une transmogrificatrice – une sorte d’agente secrète qui travaille à induire des changements. Ces derniers temps, mon profil n’est cependant pas resté aussi secret que je le voulais. J’aime faire mon travail en coulisse pour écouter les gens et attirer l’attention sur les peuples autochtones qui réalisent de grandes choses.

Quel a été le point de départ de cette vocation, de vos efforts pour mettre en lumière les histoires et le travail remarquables de votre communauté?

JCS : Il n’y a pas vraiment eu de moment déterminant. En grandissant, j’ai été témoin de la disparité des ressources et de la qualité de vie entre Autochtones et non-Autochtones de ma communauté, et cela a nourri mon désir de changer les choses.

Au fil des ans, j’ai passé plus de temps dans les réserves, ce qui m’a permis de comparer le système d’éducation et la qualité l’eau entre les communautés. Je savais que tant que les peuples autochtones n’auraient pas la même qualité de vie que les non-Autochtones, j’aurais beaucoup de travail à faire.

Et cela n’a pas seulement été mon travail à moi, mais aussi celui de Johnny Calahoo, mon arrière-grand-père, qui a été le premier président de l’Association des Indiens de l’Alberta. Son mandat était de s’assurer que les Indiens – c’est ainsi qu’on appelait les Autochtones à l’époque – avaient accès à l’éducation et à un soutien pour leurs enfants.

Mais aussi heureuse que je sois de suivre les traces de mon arrière-grand-père, cela m’attriste profondément de voir que les problèmes qu’il a cernés il y a plus de cent ans ne sont toujours pas réglés.

Quelles personnes vous ont servi de mentors et vous ont aidée à assumer cette responsabilité à l’égard de l’amélioration des conditions de vie des Autochtones et de leurs communautés?

JCS : Ma mère a joué un rôle essentiel, car elle m’a élevée en m’apprenant à voir d’un œil critique les systèmes qui ont un impact sur nos vies. Elle est incroyablement intelligente et a toujours remis en question les rôles d’autorité et l’incidence des politiques et des lois. Elle tenait également à ce que je comprenne à quel point j’étais privilégiée. Dès mon plus jeune âge, elle m’a préparée au fait que notre famille contribuerait à améliorer la qualité de vie des peuples autochtones.

Il y a également toute une liste de femmes autochtones fortes et belles qui m’ont guidée et transmis leurs connaissances. Si toute ma formation scolaire a été assurée par des femmes, mon grand-père a par ailleurs joué, durant mon enfance, un rôle central dans ma découverte des relations, notamment les liens avec la terre et les non-humains.

J’ai donc trouvé un équilibre des genres avec mon grand-père et ma mère, qui ont été les deux principales personnes à sculpter mon identité.

Selon vous, comment les points de vue autochtones contribueront-ils à la transformation sociale?

JCS : Aussi intelligents que nous soyons en tant qu’êtres humains, nous avons complètement oublié une chose : nous voyons le monde différemment. Les peuples autochtones ne voient pas le monde de la même façon que les colonisateurs et les immigrants.

Même entre eux, colonisateurs, immigrants et peuples autochtones ont de multiples visions du monde. Il existe par conséquent plusieurs couches de complexité quant à la manière dont les gens comprennent qui ils sont, pourquoi ils sont là et le travail qu’ils vont faire sur la planète. Nous avons besoin de revenir à des questions fondamentales : quelle est notre perception de l’eau? Du bien-être? De la résolution de problèmes?

Souvent, nous en venons à la table de négociation, aux lois et aux politiques, et nous essayons de prendre des décisions pour aider les gens, mais nous ne voyons pas le problème de la même manière. Pour moi, l’innovation sociale est donc un merveilleux outil qui permet à chacun de commencer à voir le problème du point de vue de l’autre. Nous pourrions arriver à créer des solutions inédites si nous envisageons le problème collectivement.

Quels objectifs espérez-vous atteindre grâce à votre résidence d’une semaine à Concordia?

JCS : J’espère transmettre de l’amour aux personnes qui font le travail difficile. Il n’est pas facile d’essayer de résoudre les problèmes complexes, ardus, gênants et accablants auxquels fait face la société. Et parfois, on oublie les soins communautaires. Beaucoup de travaux sont menés sur l’autogestion de la santé et son importance, mais les peuples autochtones ont une identité collective.

Les soins communautaires font partie intégrante de notre façon de nourrir notre identité autochtone, notre bien-être, de manière à pouvoir continuer de faire du bon travail. Si je peux y contribuer, je serai très heureuse de canaliser mon énergie à cet objectif.

J’ai vraiment hâte de visiter l’Université Concordia et ses espaces. J’ai entendu dire qu’on y mène des projets proactifs sur le terrain, par un travail direct auprès des gens.

Dans le monde universitaire, c’est une chose d’écrire des travaux d’érudition et de former de brillants esprits, mais c’en est une autre d’utiliser cette intelligence pour l’appliquer au quotidien afin de changer la réalité des gens. C’est ce que fait Concordia, d’après ce qu’on m’en a dit.

Comment les membres de la communauté de Concordia peuvent-ils échanger avec vous durant votre résidence?

JCS : Je leur suggère de visiter le Centre de transformation sociale SHIFT!


Faites connaissance avec l’
innovatrice en résidence du centre SHIFT de l’Université Concordia, Jodi Calahoo-Stonehouse, le 25 novembre dans le cadre d’une conversation à ESPACE 4 (1400, boulevard De Maisonneuve Ouest).



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