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Rembrandt transformé, animation image par image et féminisme punk queer : la Galerie Leonard-et-Bina-Ellen de Concordia accueille une exposition collective annuelle

Du 24 avril au 25 mai, IGNITION 15 met en vedette neuf artistes interdisciplinaires étudiant aux cycles supérieurs
23 avril 2019
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Marie-Claude Lepiez, I want to scream because no matter how much I scream, no one will listen, 2019. Médias mixtes. | Avec l’aimable concours de l’artiste

L’identité queer, la violence coloniale et les souvenirs personnels perdus ou oubliés figurent parmi les thèmes qu’explorent des artistes de l’Université Concordia dans le cadre d’IGNITION 15, l’exposition des étudiants aux cycles supérieurs organisée à la Galerie Leonard-et-Bina-Ellen.

Se déroulant du 24 avril au 25 mai, cette quinzième édition annuelle met en vedette les travaux interdisciplinaires de neuf artistes contemporains inscrits au programme de maîtrise ès beaux-arts en arts plastiques et au programme de doctorat interdisciplinaire en lettres et sciences humaines de Concordia.

Les visiteurs pourront notamment contempler des peintures délibérément difficiles à capturer sur Instagram, regarder une vidéo juxtaposant des séquences documentaires de Téhéran en 1979 et un tableau de Rembrandt, et admirer une sculpture honorant le mouvement féministe punk queer des années 1990.

Swapnaa Tahmane, Blocks (made by Achim Hirdes, Exhibition Technician at Städtisches Museum Abteiberg Mönchengladbach), 2015. Épreuves numériques à jet d’encre. | Avec l’aimable concours de l’artiste Swapnaa Tahmane, Blocks (made by Achim Hirdes, Exhibition Technician at Städtisches Museum Abteiberg Mönchengladbach), 2015. Épreuves numériques à jet d’encre. | Avec l’aimable concours de l’artiste

Repousser les limites

Michèle Thériault, directrice de la galerie, et la commissaire invitée Nicole Burisch, commissaire adjointe en art contemporain au Musée des beaux-arts du Canada, devaient choisir entre 40 propositions. Elles ont finalement retenu celles de Victor Arroyo, Paule Gilbert, Marie-Claude Lepiez, Wan Yi Leung, Kyle Alden Martens, Lauren Pelc-McArthur, Kara Skylling, Sanaz Sohrabi et Swapnaa Tamhane.

L’exposition coïncide par ailleurs avec la fin de l’année universitaire, ce qui en fait un événement particulièrement heureux.

« Les étudiants sont ravis de prendre part à l’exposition, affirme Mme Thériault. Il s’agit d’une merveilleuse collaboration avec les professeurs qui constitue toujours une occasion de célébrer. »

Elle ajoute que les propositions retenues étaient à la fois cohérentes et rigoureuses dans leur démarche artistique.

« Lorsque nous déterminons les participants – ce qui n’est jamais chose facile –, nous retenons ceux qui repoussent les limites du discours qu’ils examinent, qu’ils adoptent ou qu’ils défendent. »

La directrice explique que Mme Burisch – qui apportait ses connaissances en artisanat à titre de commissaire invitée – et elle ont choisi de ne pas limiter l’exposition à un thème afin que les étudiants ne se sentent pas forcés de proposer des œuvres sur lesquelles ils ne travaillaient pas déjà. Des liens émergent néanmoins entre les œuvres retenues.

Victor Arroyo, Portrait of a Nation, 2019. Image tirée de la vidéo. Avec l’aimable concours de l’artiste Victor Arroyo, Portrait of a Nation, 2019. Image tirée de la vidéo. | Avec l’aimable concours de l’artiste

Des liens inattendus

« On remarque des liens qui ne rassemblent pas nécessairement toutes les œuvres, mais qui relient certaines d’entre elles », explique Michèle Thériault. Elle donne pour exemples le minimalisme commun à la performance de Paule Gilbert et au dessin mural de Kara Skylling, de même que les dimensions politiques des courts métrages de Sanaz Sohrabi et de Victor Arroyo.

Accompagné d’une série de photographies, Portrait of a Nation, le court métrage documentaire de M. Arroyo, recrée des œuvres du paysagiste pastoral mexicain du 19e siècle José María Velasco au moyen d’une caméra de surveillance, en collaboration avec la communauté indigène P’urhépecha. Le travail de M. Arroyo explore les questions de la surveillance, de la gouvernance coloniale et de la violence.

« Je voulais tracer un parallèle entre le paysagisme et les pratiques de surveillance actuelles, explique l’artiste. Dans ma lecture critique de Velasco, je vois ses peintures comme une forme ancienne de surveillance, car il était l’un des rares représentants de l’Empire espagnol à visiter ces paysages en personne. »

M. Arroyo précise que si son documentaire et ses photographies se chevauchent en partie quant à leur contenu, ils présentent aussi certaines différences cruciales.

« Chaque pièce a été filmée dans le même paysage et on remarque des personnages qui reviennent dans différentes pièces, mais elles ne sont pas exactement pareilles », explique-t-il. Son film explore la disparition forcée et l’écocide, tandis que ses installations photographiques jettent un regard critique sur l’histoire et l’esthétique culturelles.

Grâce à son art, Victor Arroyo veut accroître la visibilité des P’urhépecha, une communauté indigène autonome du Mexique.

Quant à Michèle Thériault, elle espère que les visiteurs d’IGNITION 15 « s’initieront à de nouvelles pratiques qui leur donneront envie de découvrir davantage l’art contemporain. »


Le vernissage d’IGNITION 15 aura lieu le 24 avril à 16 h 30 à la Galerie Leonard-et-Bina-Ellen, sur le campus Sir-George-Williams de l’Université Concordia (1400, boulevard De Maisonneuve Ouest).

 



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