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Une titulaire de doctorat trouve son bonheur dans les tranchées du génie logiciel

Adorant son rôle de programmeuse, Maryam Zakeryfar se plaît à plonger profondément dans un travail exigeant une grande concentration
26 septembre 2023
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Par David Silverberg


Une femme aux cheveux bruns, aux boucles d'oreilles dorées et à l'écharpe rose sourit à la caméra. « Les femmes dans le domaine des technologies doivent toujours faire leurs preuves, plus que les hommes », remarque Maryam Zakeryfar, ingénieure en logiciels.

Lorsque Maryam Zakeryfar, Ph. D. 2014, fait le bilan de sa décennie de travail dans le secteur des technologies, trois enseignements se dégagent des autres : ne pas céder au syndrome de l’imposteur, toujours valoriser l’apprentissage au travail, et l’aspect particulièrement gratifiant du travail profond.

Ingénieure en logiciels à Collibra, entreprise spécialisée en gestion des données, Maryam a travaillé dans les tranchées du codage et de la programmation pour se propulser dans une carrière qui lui plaît, même si elle doit travailler plus dur que d’autres dans son domaine.

« Les femmes dans le domaine des technologies doivent toujours faire leurs preuves, plus que les hommes », remarque celle qui vit à Montréal-Ouest avec son mari et ses deux enfants. « On suppose souvent que les femmes ingénieures en logiciels ne sont pas des expertes, en particulier lorsqu’elles travaillent avec des langages de programmation complexes. »

C’est dans un de ces langages uniques qu’elle a su prouver sa valeur à Concordia. Sa thèse de doctorat portait en effet sur l’analyse d’Erasmus, un langage de programmation conçu par le regretté Peter Grogono, professeur d’informatique à l’Université. Elle a élaboré des modèles mathématiques pour vérifier sa capacité à gérer l’exécution de multiples tâches simultanément.

Travailler avec Peter Grogono a été une expérience formatrice pour Maryam. « Il était reconnu comme l’auteur d’ouvrages de référence phares sur les langages de programmation Pascal et C++, explique-t-elle. Il m’a enseigné des leçons importantes. Il me disait : “Ne publie pas simplement pour publier. Fais un travail sérieux et les publications viendront plus tard.” Pour lui, le rang et la réputation n’étaient pas aussi importants que les projets sur lesquels il travaillait. »

« Il m’a aussi appris que ma thèse n’était pas toute ma vie. »

Maryam Zakeryfar monte sur scène lors de la cérémonie de remise des diplômes. Maryam Zakeryfar lors de sa cérémonie de collation des grades, en 2014.

Un parcours atypique

La passion de Maryam pour la technologie est née pendant son enfance à Yazd, en Iran. Au secondaire, les mathématiques lui convenaient parfaitement, et elle n’a jamais rêvé de Barbie ni d’autres jouets typiques de fille. Elle préférait construire des villes en Legos.

L’obtention de son baccalauréat en informatique dans une université iranienne était une étape toute naturelle dans son évolution. Elle a financé une partie de ces études en travaillant comme guide touristique, un emploi qui lui a permis d’apprendre plusieurs langues, dont le français. Elle s’est ensuite installée à Kuala Lumpur, en Malaisie, pour y faire sa maîtrise en génie logiciel à l’Université de Malaya, diplôme qu’elle a obtenu en 2009.

Lorsqu’a germé l’idée d’obtenir un doctorat, elle a mis le cap sur le Canada, à des milliers de kilomètres de là. « Montréal est une ville francophone, et j’avais appris les rudiments du français à l’époque où j’étais guide touristique. Ça me semblait une bonne destination pour moi », se remémore-t-elle.

En s’acclimatant aux exigences de sa rédaction de thèse en même temps qu’elle découvrait sa nouvelle vie à Montréal, elle a dû apprendre sur le tas. Tout lui paraissait tellement nouveau, mais elle a rapidement pris son rythme de croisière au Département d’informatique et de génie logiciel de Concordia, où elle prenait plaisir à apprendre de nouveaux langages de programmation, comme Erasmus.

Une décision audacieuse pour prendre un nouveau départ

Diplôme en poche, Maryam s’est trouvé un emploi d’analyste technologique chez Morgan Stanley, où elle a gravi les échelons jusqu’à devenir ingénieure en logiciels principale. C’était un travail intense, mais enrichissant et formateur. Pourtant, au bout de huit ans, au moment où elle allait accéder à l’échelon supérieur chez Morgan Stanley, elle a décidé d’aller voir ailleurs.

« Je n’aime pas l’idée d’être trop à l’aise dans ce que je fais et de me croire trop importante, mentionne-t-elle. La décision de partir n’a pas été facile, mais j’étais prête. »

Elle n’a pas mis de temps à devenir ingénieure de direction à Collibra, une entreprise new-yorkaise spécialisée dans la gouvernance et l’analyse des données, qui permet à ses employés de travailler à distance.

Ce que Maryam aime particulièrement de la programmation, c’est la possibilité de plonger profondément dans un travail exigeant une grande concentration, pour bâtir ce qu’elle doit bâtir. « Essayer de résoudre des problèmes complexes demande des efforts », souligne-t-elle.

Elle ne veut pas non plus faire du surplace en tant qu’ingénieure. « Je veux toujours continuer d’apprendre, m’intéresser à de nouvelles bases de données, comprendre de nouveaux langages. C’est ce qui me motive. »



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