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Le symposium Esprits hybrides/Corps hybrides examine les greffes cardiaques sous les angles artistique, scientifique et culturel

La chercheure de Concordia Ingrid Bachmann se demande ce qui arrive aux receveurs d’organe longtemps après leur opération
1 août 2019
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Esprits hybrides/Corps hybrides présentera des projets de création qui reprennent des recherches artistico-médicales et mettent en évidence les expériences de familles de donneurs.

La greffe de cœur n’est pas un acte médical nouveau ou même particulièrement rare. On estime en effet qu’entre 4 000 et 4 500 transplantations sont réalisées dans le monde chaque année. Or, si l’opération elle-même est bien comprise, une grande partie de ses conséquences – physiques, mentales et émotionnelles – demeurent cachées de l’imagination du public.

Un symposium et une exposition d’avant-garde à l’ESPACE 4 de l’Université Concordia visent à changer les choses.

Coorganisé par Ingrid Bachmann, professeure au Département des arts plastiques, le projet Esprits hybrides/Corps hybrides se veut plus qu’une simple exposition d’art. Cette initiative interdisciplinaire mobilise d’une manière unique en son genre des personnes de domaines aussi différents que les arts, l’éthique, les sciences sociales, les sciences expérimentales et la médecine.

Ensemble, elles explorent les liens établis entre les familles des donneurs d’organe et les receveurs, ainsi que la place qu’occupe la greffe cardiaque dans notre culture. Le symposium et l’exposition auront lieu du 7 au 9 août.

Quand la médecine rencontre l’art

Le projet date de 2007, lorsqu’une équipe de professionnels de la santé menée par Heather Ross, directrice du programme de transplantation cardiaque au Réseau universitaire de santé de Toronto, a commencé à étudier le processus d’incorporation d’un cœur greffé.

« Tous les membres étaient intrigués par les répercussions non médicales de la greffe cardiaque qu’ils observaient chez les receveurs, explique Ingrid Bachmann. Sur le plan médical et scientifique, la transplantation se faisait sans heurts, et les receveurs étaient contents des services visant la qualité de vie qui leur étaient fournis. Cependant, lorsqu’ils allaient au centre de santé ou parlaient aux infirmières, ils montraient les signes d’une grande souffrance par leurs gestes ou leur langage corporel. »

Pour aider les receveurs à exprimer leur souffrance, les chercheurs ont fait appel à des artistes.

« Il s’agit vraiment de l’un des tout premiers projets artistico-médicaux et artistico-scientifiques uniques en leur genre où la communauté scientifique a instauré un dialogue avec la communauté artistique », ajoute la chercheure.

La première phase du projet, qui examinait le processus d’incorporation d’un cœur greffé, s’est terminée en 2016. La deuxième phase étudiera la relation – ou le manque de relations – entre les familles des personnes qui ont fait don de leur cœur et les receveurs.

« Cette deuxième étape du projet nous a fait prendre conscience du besoin de créer un genre de registre de dons semblable à celui qui existe pour l’adoption au Canada », explique la professeure Bachmann.

« Nous avons grandement besoin d’un tel registre. Il aiderait bien des gens à guérir ou à exprimer leurs sentiments de perte et de traumatisme. »

« Une exposition sur un processus »

Le symposium et l’exposition présenteront des œuvres d’art et des projets de création qui reprennent des recherches artistico-médicales et mettent en évidence les expériences de familles de donneurs.

De plus, on y trouvera une salle de lecture avec des textes de fiction, d’anthropologie et de médecine, des conversations et des vidéos ainsi que des artéfacts organisés. Ceux-ci comprennent des cadeaux en forme de cœur que les receveurs envoient à leurs équipes médicales et les médailles ou colliers que les services d’approvisionnement en organes offrent aux donneurs.

« L’événement intégrera aussi des éléments de la culture populaire, tels que de gros titres sensationnalistes du National Enquirer qui prétendent que des receveurs sont devenus des obsédés sexuels, des cartes à jouer et d’autres articles », souligne la professeure Bachmann.

« Nous servons le discours scientifique, le discours culturellement acceptable et quelques-unes des peurs issues de la culture populaire. »

Seront également présentés des carnets, entre autres de croquis, permettant aux visiteurs de comprendre comment les artistes ont transformé leurs idées en art.

« Il s’agit non seulement d’une exposition d’œuvres d’art, mais aussi d’une exposition sur un processus, conclut Ingrid Bachmann. À certains égards, c’est plutôt une exposition culturelle. »


Apprenez-en davantage sur le symposium et l’exposition Esprits hybrides/Corps hybrides, qui se tiendront du 7 au 9 août à l’ESPACE 4 de l’Université Concordia (1400, boulevard De Maisonneuve Ouest).



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