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Des étudiants de Concordia conçoivent une application qui aide à choisir le bon programme d’études grâce à l’lA

La jeune entreprise Tesseract s’attire l’appui de partenaires de l’industrie et du milieu universitaire
22 février 2019
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Le directeur de l’Institut d’enseignement coopératif Claude Martel et le doyen André Roy avec Antoine Riachi, Hadi El Zein, Sujay Neglur, Suyash Malthankar et Ayush Bahuguna.

Antoine Riachi et Dewakar Sundaram veulent aider les futurs étudiants à choisir du premier coup le programme d’études et la carrière qui leur conviennent. Pour y arriver, ils font appel à l’intelligence artificielle (IA).

Ces deux étudiants de l’École de génie et d’informatique Gina-Cody sont partenaires fondateurs de Tesseract Technologies. Formée de six membres de la communauté de Concordia, la jeune entreprise entend utiliser l’apprentissage machine pour aider les élèves du secondaire et du cégep à cerner le programme d’études postsecondaires le mieux adapté à leur profil.

Leur application, Gooroo.ai, adoptera une approche globale pour aider les utilisateurs à trouver leur champ d’études idéal, explique Antoine Riachi. Elle se fondera sur des paramètres comme les centres d’intérêt, les valeurs, les aptitudes et la capacité à gérer le stress.

L’outil comparera ensuite les réponses à des résultats obtenus auprès d’étudiants du premier cycle « qui sont passés par là, qui réussissent et qui se plaisent dans leur discipline ».

Pour concevoir un produit qui fonctionne, l’équipe de Tesseract a distribué un questionnaire à d’actuels étudiants montréalais du premier cycle, afin d’en savoir plus sur leur personnalité et leurs compétences. On leur a également posé des questions précises sur leur programme d’études, notamment leur charge de travail, leur niveau de stress et leur degré de satisfaction.

Élaboré de concert avec des psychologues et des spécialistes en psychométrie, le questionnaire vise à recueillir l’information nécessaire à Tesseract pour montrer l’existence de différents types de personnalités qui excellent dans différents parcours de majeure et s’en servir afin d’orienter les futurs étudiants.

« Nous avons d’abord distribué notre questionnaire à 400 étudiants de différentes universités montréalaises, explique Antoine Riachi. Grâce à l’apprentissage machine, nous avons pu définir certaines grappes de personnalités qui sont uniques à chaque discipline. »

Même avec cet échantillon relativement petit, en ayant recours à l’IA, l’équipe a obtenu des résultats prédictifs impressionnants.

Élargir l’ensemble de données

Pour les jeunes entrepreneurs, la prochaine étape consistera à reproduire leurs résultats sur une échelle beaucoup plus grande. On dénombre actuellement 72 programmes d’études et de majeure offerts dans la plupart des universités, par exemple le génie, le droit et la médecine. L’équipe de Tesseract souhaite recruter 100 répondants dans chaque programme.

« Nous voulons utiliser l’apprentissage machine pour définir les profils caractéristiques des étudiants des différents programmes », mentionne Antoine Riachi.

« La majorité des tests actuels se fondent sur la moyenne des points de données pour constituer un seul paramètre correspondant au type de personne qui excelle dans un programme précis. On vous compare donc toujours à “l’étudiant moyen”. Or, nous tentons de faire le contraire et d’examiner individuellement chaque personne et chaque point de données pour qu’ainsi on vous compare à tout un éventail de profils d’étudiants actuellement inscrits dans le programme. Nous voulons préserver le caractère unique de la personne. »

Les étudiants universitaires qui veulent prêter leur soutien peuvent participer au court sondage de Tesseract. Tous les renseignements recueillis sont tenus confidentiels, et la participation est entièrement volontaire. Les répondants obtiennent une participation au tirage de huit cartes-cadeaux de 25 $ échangeables chez Amazon.

Pour Antoine Riachi, la mission de Tesseract a une résonance personnelle. D’abord étudiant en physique appliquée au Liban, il est passé à un programme d’études préparatoires en médecine, puis a choisi au bout du compte le génie industriel.

Il n’est pas le seul – selon un rapport du ministère de l’Éducation des États-Unis publié en décembre 2017, 33 pour cent des étudiants du premier cycle changent de majeure au moins une fois durant leurs trois premières années d’études.

« C’est un problème réel qui touche nos amis, nos proches, notre collectivité, ajoute-t-il. Nous voulons simplement bâtir une communauté motivée et nous assurer que les étudiants sont heureux où ils sont. »

Dewakar Sundaram est du même avis. Il mentionne par ailleurs que les étudiants qui décident de changer de programme subissent des conséquences matérielles. « Quand vous transférez vers un domaine qui n’a aucun lien avec le précédent, vous gaspillez beaucoup de crédits universitaires, explique-t-il. Et qui dit “crédits gaspillés”, dit “argent perdu”. »

Étudiant étranger ayant dû faire face à des difficultés financières à son arrivée à Concordia, Dewakar Sundaram savait qu’il voulait faire quelque chose pour aider ses camarades, mais n’avait pas de plan précis en tête. « Quand Antoine m’a proposé cette idée, j’ai répondu “D’accord! Voilà quelque chose qui mérite que j’y investisse mon temps et mon argent” », raconte-t-il.

Lancer une entreprise en contexte pédagogique

Actuellement logée au Centre d’innovation District 3 de Concordia, Tesseract est le résultat d’un stage en entrepreneuriat offert dans le cadre d’un programme de l’Institut d’enseignement coopératif. Celui-ci permet aux étudiants qui ont en tête un concept d’entreprise d’y consacrer un stage entier. Les fondateurs de Tesseract sont les premiers étudiants de l’École de génie et d’informatique Gina-Cody à obtenir cette occasion.

De nombreux étudiants viennent parler de leur idée d’entreprise à Frederick Francis, coordonnateur des programmes d’enseignement coopératif en génie mécanique, industriel et aérospatial, espérant obtenir un stage en entrepreneuriat. Mais ils doivent d’abord avoir en main un plan d’affaires et pouvoir répondre à des questions précises au sujet de leur produit et du fonctionnement de leur entreprise.

« Nous avons ainsi passé les idéateurs de Tesseract au tordeur, mais chaque fois, ils nous revenaient encore mieux préparés, et leur projet continuait de progresser », souligne Frederick Francis.

Antoine Riachi, Dewakar Sundaram et Hadi El Zein, un étudiant en sciences économiques partenaire de Tesseract à ses débuts, ont présenté leur idée avant d’amorcer leur premier stage. « À l’époque, ils avaient encore du travail à faire, se rappelle M. Francis. Mais ils sont revenus par la suite avec une idée encore plus précise, à laquelle l’institut a pu donner son approbation. »

Susciter l’intérêt de l’industrie

Antoine Riachi et Dewakar Sundaram en sont maintenant à leur deuxième stage en entrepreneuriat. Qui plus est, ils se sont attirés en cours de route l’appui d’un important joueur.

L’été dernier, lors du tout premier colloque national d’Enseignement coopératif et apprentissage en milieu de travail (ECAMT) Canada, organisé par l’Institut d’enseignement coopératif, MM. Riachi et Sundaram ont eu la chance de faire un exposé sur Tesseract. Ils ont ainsi retenu l’attention d’un haut dirigeant de RBC, qui les a invités à présenter leur concept à la haute direction de l’entreprise.

« Après le colloque, une vidéoconférence a été organisée. Seize hauts dirigeants de RBC y étaient présents – c’était assez intense », se rappelle Antoine Riachi en riant. « Ils nous ont posé des questions difficiles, mais nous leur avons montré que nous étions bien préparés et connaissions toutes les réponses. Notre concept était solide et a suscité leur intérêt. »

Cet été, les cinq membres de l’équipe de Tesseract passeront quatre mois à Toronto en compagnie d’experts de l’IA, dans les laboratoires de la RBC, à mettre au point leur application Gooroo.ai. Ils bénéficieront en outre d’un soutien financier dans le cadre du programme Objectif avenir RBC – un engagement de 500 millions de dollars d’investissement sur 10 ans de la banque, pour aider les jeunes Canadiens et Canadiennes à acquérir de l’expérience de travail et de nouvelles compétences ainsi qu’à élargir leur réseau.

Pour Antoine Riachi, c’est très stimulant d’avoir réussi à mériter la confiance d’un partenaire de taille à l’extérieur des murs de Concordia.

« Quand de gros joueurs sont prêts à vous donner un coup de pouce, ça vous rassure et vous motive à travailler encore plus fort pour atteindre vos objectifs. »

Encore plus de soutien d’ici

Récemment, l’Institut d’enseignement coopératif et la Faculté des arts et des sciences de l’Université Concordia ont décidé de fournir un soutien financier supplémentaire à Tesseract. Ils ont chacun présenté au groupe une bourse de 5 000 $, estimant que leur entreprise est d’une grande valeur pour le milieu éducatif.

« Je suis ravi d’appuyer ce projet, car il est à la fois interdisciplinaire et novateur », déclare André Roy, doyen de la Faculté des arts et des sciences.

« Tesseract est une excellente idée, portée par de brillants étudiants qui n’hésitent pas à sortir des sentiers battus pour enrichir leur expérience universitaire à Concordia. C’est une initiative très inspirante. »

Quant au directeur de l’Institut d’enseignement coopératif, Claude Martel, il se dit très enthousiasmé de voir un groupe d’étudiants de Concordia, de différents horizons, unir ainsi leurs forces pour trouver une solution qui promet de répondre à un besoin à un moment critique où de nombreuses entreprises sont à la recherche de personnes possédant des compétences précises.

« On accuse actuellement une pénurie de talent, car plus de gens quittent le marché de l’emploi qu’il y en a qui y entrent, observe-t-il. Dans les secteurs spécialisés, comme l’aéronautique et les technologies de l’information, les lacunes sont encore plus marquées. »

Selon M. Martel, l’institut coop a offert un soutien financier et logistique additionnel à Tesseract parce que l’équipe a su prouver qu’elle était prête à transformer son idée en une entreprise florissante.

« Naturellement, nous voulons les aider et les voir concrétiser leur idée à l’extérieur de l’Université. S’ils y arrivent, leur réussite changera complètement la donne. »


Vous souhaitez faire un stage en entrepreneuriat? Renseignez-vous sur 
la façon de soumettre une demande auprès de l’Institut d’enseignement coopératif de Concordia.

 



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