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Concordia se prépare à accueillir son premier parti politique en résidence

La Faculté des beaux-arts s’allie au parti danois The Alternative et offre une chance aux étudiants de changer le discours politique
13 avril 2018
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Par Andy Murdoch

  Uffe Elbaek, fondateur et chef du parti The Alternative Uffe Elbaek, fondateur et chef du parti The Alternative


L’art et la politique se mêlent parfois, à l’occasion de certaines fêtes étudiantes. Il est cependant très rare de voir un parti politique s’installer en résidence à une université.

L’exception : Concordia.

En effet, au cours de la prochaine année, la Faculté des beaux-arts fera équipe avec le parti politique et mouvement social danois The Alternative. Ensemble, ils travailleront à un projet visant à illustrer comment les arts peuvent influer sur la prise de décisions politiques. Étudiants et étudiantes de toutes disciplines sont invités à y participer.

Non seulement The Alternative est le premier parti politique en résidence à Concordia, c’est sans doute le premier dans une université canadienne.

« Nous n’avons pas regardé ce qui se faisait ailleurs pour ensuite dire que nous voulions faire la même chose, affirme Rebecca Duclos, doyenne de la Faculté des beaux-arts. C’est plutôt notre engagement envers la justice sociale qui nous a guidés dans notre recherche pour montrer dans quelle mesure la science politique peut apprendre aux arts, et inversement. »
 

Un laboratoire expérimental

Pour Uffe Elbaek, fondateur et leader de The Alternative, l’invitation de Concordia allait de soi.

Avant de lancer son parti politique, M. Elbaek a fondé KaosPilots, une école internationale de management et d’innovation sociale. C’est aussi un ancien ministre de la Culture au sein du Parti social-libéral danois.

« Vu mon parcours dans l’enseignement, mentionne M. Elbaek, je crois que l’espace entre politique et pédagogie constitue un des domaines importants de notre ère. »

« Nous avons besoin d’une génération de jeunes gens alertes et dynamiques, capables d’une réflexion critique, pour nous attaquer aux problèmes auxquels nous faisons face aujourd’hui – changement climatique; migration de masse; émergence d’hommes forts politiques à l’échelle de la planète. Or, résoudre ces défis nécessitera toute la perspicacité et la créativité dont est capable notre jeunesse. »

Uffe Elbaek | Photo by Ole Hein Pederson

Après avoir discuté avec Uffe Elbaek, Mme Duclos était convaincue que Concordia serait le milieu idéal pour combiner les méthodes et concevoir des façons consultatives et inclusives de stimuler le changement.

La démarche proposée par The Alternative trouve écho dans les pratiques créatrices propres aux arts, explique-t-elle. Pour asseoir sa plateforme, le parti fait appel à l’externalisation, notamment à la construction de « laboratoires politiques », où les Danois et Danoises peuvent lire des articles savants sur des sujets précis, en discuter avec des spécialistes, puis mettre en application leurs décisions sur la scène politique.

« Nous abordons cette résidence comme un laboratoire expérimental », indique Mme Duclos.

« Nous allons mettre en application cete fusion méthodologique et investir toutes nos énergies dans la résolution d’un enjeu réel de la métropole. Dans le cas qui nous intéresse, il s’agit des bâtiments vacants. L’abandon et la sous-utilisation d’immeubles à valeur architecturale constituent un problème à tout le moins épineux – pour relever le défi, nous avons besoin de modèles créatifs et innovants, auxquels personne n’a encore pensé. »

Une quête pour réinventer la politique

Bien que l’idée de la résidence émane de la Faculté des beaux-arts, quelque 40 étudiants et professeurs à l’échelle de Concordia y participeront. Étudiant à la maîtrise ès beaux-arts inscrit au programme de peinture et de dessin, Dave LeRue a souhaité y prendre part, car l’état actuel du discours politique le préoccupe.

« Dans tous les partis politiques, peu importe l’allégeance, on a vu la trame se réduire à des points de discussion, à des positions idéologiques et à une déshumanisation d’autrui. Ça m’énerve de voir ce qu’on peut faire passer pour discours politique aujourd’hui », confie M. LeRue.

« The Alternative essaye vraisemblablement de faire l’impossible en réinventant la politique telle qu’on la connaît. Je suis curieux de voir quelles conversations résulteront de cette collaboration. Je sais que nous pouvons faire mieux. »

 

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Des étudiants et étudiantes de la fin du premier cycle et des cycles supérieurs s’adresseront directement à des parlementaires danois, à des membres du corps professoral et à des leaders de groupes communautaires, comme EntremiseDe plus, Christine Gosselin de Projet Montréal, membre du comité exécutif de la Ville responsable de la culture, du patrimoine et du design, participera au projet.

La résidence s’étalera sur trois semaines – en avril, en septembre et en novembre. Les étudiants participeront à des ateliers sur les méthodes et se rendront dans différents lieux de la ville, notamment à l’ancien hôpital Royal-Victoria et à la fonderie Darling, ainsi que sur le chantier du projet Young et le Champ Des Possibles.


Espaces sociaux communs et pédagogie radicale

L’organisation et la gestion du projet relèvent de membres de l’Institut des avenirs urbains de Concordia. Shauna Janssen, directrice de l’institut, a passé beaucoup de temps à évaluer le rôle qu’aurait à jouer celui-ci dans le cadre de la résidence.

« L’institut des avenirs urbains a la volonté et l’envie de repenser ce que signifie l’acte d’accueillir – c’est-à-dire exercer l’hospitalité, rencontrer autrui et allouer un espace pour les échanges, explique Mme Janssen. Ce réel désir de créer des espaces sociaux où se regrouper et de personnaliser les rapports – c’est ce que nous avons en commun avec The Alternative.

L’institut des avenirs urbains a affecté des mentors à la direction de toutes les séances d’enseignement, dont des membres des sections du mouvement The Alternative au Danemark, au Royaume-Uni et à Toronto, ainsi que des leaders des sphères municipale et culturelle de Montréal. Chaque étudiant profitera en outre des conseils d’un superviseur universitaire.

C’est une expérience audacieuse qui offre à Concordia la possibilité d’appréhender la pédagogie d’une manière plus radicale, précise Mme Janssen. Elle ajoute que le projet est aussi une façon d’imaginer les universités comme des lieux d’apprentissage événementiel.

Uffe Elbaek espère que The Alternative inspira les membres de la communauté de Concordia – et vice versa.

« Peut-être que les étudiants réussiront à créer une étincelle au cœur de The Alternative, pour que nous puissions ainsi retourner au Danemark avec une force et une énergie renouvelées et faire face aux défis qui nous attendent », conclut-il.

 

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