Les bébé-boumers ont l’exercice à cœur... mais sans passion

Selon une étude de l’Université Concordia, l’intérêt pour l’exercice en tant que loisir décline avec l’âge

Montréal, le 5 août 2014  Première génération à s’adonner à l’exercice physique, les bébé‑boumers continuent d’aller au gym, mais davantage par nécessité que pour le défi et le plaisir découlant de l’activité sportive.

Telles sont les conclusions de James Gavin, professeur au Département des sciences humaines appliquées de l’Université Concordia. Dans le cadre d’une étude récemment publiée dans l’International Journal of Wellbeing, le chercheur s’est en effet penché sur les motivations à faire de l’exercice : bien paraître physiquement ou avoir du plaisir? À cette fin, il a interrogé 1 885 répondants – allant de l’adolescence à la cinquantaine − qui s’entraînent à un YMCA à Montréal et a classé leurs réponses en fonction de leur tranche d’âge.

Des quatre principaux facteurs de motivation, « avoir du tonus et être en forme » arrivait en premier chez tous les groupes d’âge, suivi de « réduire le stress ». Or, surprise, en ce qui concerne les bébé‑boumers, qui ont atteint l’âge mûr alors que l’exercice devenait un mode de vie, les deux derniers facteurs – soit « travailler ma force de caractère » (c.-à-d. s’adonner à l’activité physique par soif d’aventure et de défi) et « avoir du plaisir et socialiser » (motivations sociales) – perdent tous deux de l’importance avec l’âge.

Étonné de ces résultats, le professeur Gavin a tenté de les comprendre en observant la clientèle de sa salle de gym. « L’exercice est souvent perçu comme un mal nécessaire. Quand je vais faire du sport, je ne vois pas beaucoup de plaisir ou de gaieté autour de moi; les gens s’entraînent en solitaires, presque comme des prisonniers. Absorbés dans leurs exercices, ils sont soulagés lorsque c’est terminé. »

S’ils sont satisfaits des bienfaits sur leur santé, la plupart des personnes qui s’emploient à garder la forme ne ressentent pas vraiment de joie à adopter un mode de vie actif, constat inquiétant d’après notre chercheur. En effet, avec le temps, ce manque de motivation réelle pourrait pousser les bébé-boumers à stopper leurs efforts.

« Ce qui m’a surpris, c’est que les bébé-boumers incarnent une génération en santé, qui bouge, est plutôt robuste et, en théorie, dispose de plus de temps libre. Il serait donc naturel qu’ils veuillent continuer d’avoir du plaisir, de se surpasser et de s’épanouir dans tout ce qu’ils entreprennent; or, ce n’est pas le cas. Quel contraste avec l’excitation et la spontanéité dont les jeunes enfants font preuve dans leurs activités physiques! », poursuit le chercheur.

Selon lui, l’étude pose un défi pour l’industrie du conditionnement physique : il va désormais falloir s’écarter des machines et privilégier une approche à caractère personnel et social. Il fait notamment référence aux activités qui déclenchent une véritable passion, et où les bienfaits physiques constituent un avantage précieux, mais secondaire. Les sports d’équipe et les arts martiaux en sont de parfaits exemples. Cela dit, beaucoup de bébé-boumers plus âgés pensent à tort qu’ils sont trop vieux pour ce type d’activités.

James Gavin ajoute qu’une fois animés par une passion, nous sommes suffisamment motivés pour accomplir des activités complémentaires. Par exemple, une personne sera plus encline à s’exercer au tapis roulant si elle sait que cela accroîtra son plaisir à skier durant l’hiver.  

« Le marketing doit tourner autour de la passion, de la découverte de l’activité physique pour son aspect profondément personnel, conclut-il. Lorsqu’on regarde des joueurs de tennis ou des skieurs, on ne les voit pas compter leurs calories. » 

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