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Concordia et Bâtiment 7 unissent leurs forces dans le cadre d’un partenariat de recherche communautaire inédit

Des responsables de l’engagement intégré faciliteront une collaboration ascendante
20 novembre 2018
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Shauna Janssen : « La communauté aimerait disposer d’un espace public et, éventuellement, d’un jardin communautaire. » | Image par Jean-Baptiste Bouillant, Poddubiuk architecte

Logeant dans un ancien atelier ferroviaire du Canadien National, Bâtiment 7 a pignon sur rue dans le quartier montréalais de Pointe-Saint-Charles. Des étudiantes, étudiants et membres du corps professoral de Concordia y assurent maintenant une présence innovante. D’une part, ils souhaitent apprendre non seulement de leurs concitoyennes et concitoyens, mais aussi avec eux. D’autre part, ils veulent sensibiliser le milieu universitaire aux efforts de la communauté en matière de mobilisation citoyenne et d’aménagement urbain. Nos universitaires s’intéressent à tout, des modèles de gouvernance horizontale à l’exploitation durable d’anciens établissements industriels.

Parallèlement à l’acquisition de connaissances et à la poursuite de leurs activités de recherche, les membres de la communauté de Concordia contribuent directement à l’essor de Bâtiment 7. L’édifice abrite un collectif d’artistes et artisans engagés, une petite épicerie autogérée, une brasserie artisanale doublée d’un bar de quartier de même qu’un organisme voué aux mouvements sociaux. Ces entités ne ménagent pas leurs efforts pour lutter contre l’embourgeoisement et le développement immobilier fondé sur le profit.

« La recherche participative et la recherche-création, notamment celles que mènent les membres de Bâtiment 7, constituent des canaux privilégiés pour lier nos chercheurs – professeurs et étudiants confondus – à la communauté élargie », affirme Christophe Guy, vice-recteur à la recherche et aux études supérieures.

« Un tel engagement se révèle crucial pour la diffusion de nos travaux hors du milieu universitaire et leur utilisation dans la résolution de problèmes concrets, continue-t-il. Dans la foulée, les chercheuses et chercheurs de Concordia affinent leur compréhension de nouveaux vecteurs à caractère social. »

« Nous sommes d’abord ici pour écouter et créer des liens  », souligne  Alex Megelas. « Nous sommes d’abord ici pour écouter et créer des liens », souligne Alex Megelas.

Par ailleurs, l’unicité de la relation entre Concordia et Bâtiment 7 tient à la coopération engagée de l’Université en matière d’aide, de financement, de ressources et de vision sociale. La contribution financière de l’Université vient du Bureau de l’engagement communautaire (BEC), du Bureau de la recherche et de « SHIFT », le pôle d’innovation social de Concordia.

« La participation active de Concordia à cette initiative témoigne de notre vif intérêt pour l’apprentissage en milieu urbain », indique Charmaine Lyn, directrice principale du BEC.

« Dans le contexte de la contribution de l’Université à la croissance de Bâtiment 7, étudiants et professeurs émergent des salles de classe, poursuit-elle. Ce faisant, ils peuvent non seulement mettre en œuvre leurs propres impératifs de recherche, mais aussi se concentrer sur les priorités de la communauté. »

Coordonnateur des programmes et des communications au Bureau de l’engagement communautaire, Alex Megelas fait partie des membres du personnel de Concordia affectés à Bâtiment 7. Là, il aide collègues et étudiants à formuler des solutions pratiques et à favoriser la production de savoirs. À son avis, ce nouveau modèle de collaboration confère l’essentiel du pouvoir décisionnel aux membres de la communauté plutôt qu’à des chercheurs de l’externe.

« C’est passionnant, souligne-t-il. Nous sommes d’abord ici pour écouter et créer des liens; la proposition de solutions ne viendra qu’après. »

Une relation qui fait toute la différence

Situé au 1900 de la rue Le Ber, Bâtiment 7 accueille le public depuis mai 2018. Il aura toutefois fallu quinze ans d’action communautaire pour y parvenir! Depuis l’inauguration, initiatives et espaces évoluent constamment. Actuellement, treize groupes logent à Bâtiment 7 : outre le bar-brasserie et l’épicerie, il s’y trouve des ateliers communautaires de réparation d’autos et de vélos ainsi qu’une arcade gérée par des jeunes et épaulée par Michelle Duschesneau de Concordia sont à l’étude des projets de garderie, de maison de naissance et de pôle de production alimentaire.

Autre initiative digne de mention, La Coulée exerce ses activités au deuxième étage. Des diplômés en beaux-arts de Concordia ont fondé cet atelier de travail du métal. Ils y voyaient la possibilité d’exercer un mandat d’inclusion féministe, conforme à la mission sociale et politique élargie de Bâtiment 7.

« La Coulée constitue un bon exemple d’atelier destiné à des membres de différents groupes sociaux et culturels, signale Kevin McMahon, chargé de projets et responsable du financement à Bâtiment 7. Selon nous, les gens comprennent mieux la réalité d’autrui lorsqu’ils font équipe pour créer ou réparer quelque chose. À Bâtiment 7, le succès se mesure à l’aune de la diversité et de l’accessibilité. »

Afin d’assurer la coordination entre chercheurs, professeurs et membres de la communauté, M. McMahon travaille en synergie avec le personnel du Bureau de l’engagement communautaire de Concordia.

« La relation que nous entretenons avec l’université fait toute la différence pour nous car elle porte sur la réalisation de projets tangibles, ajoute Kevin McMahon. »

Kevin McMahon : « À Bâtiment 7, le succès se mesure à l’aune de la diversité et de l’accessibilité. » Kevin McMahon : « À Bâtiment 7, le succès se mesure à l’aune de la diversité et de l’accessibilité. »

Un modèle d’évolution communautaire

La professeure Anna Kruzynski, qui enseigne à l’École des affaires publiques et communautaires de Concordia, entretient une relation de longue date avec Bâtiment 7. Résidente de Pointe-Saint-Charles, la Pre Kruzynski s’intéresse vivement aux efforts déployés à l’échelle locale pour freiner l’embourgeoisement du quartier. Mettant à profit ses connaissances, elle aide les membres de Bâtiment 7 à s’organiser. Comme ces derniers rejettent les formes traditionnelles de gouvernance, ce travail représente un beau défi pour elle. En contrepartie, le collectif contribue à l’orientation de sa recherche.

« Je réunis de l’information sur des initiatives d’émancipation économique en marge de l’économie sociale, explique Anna Kruzynski. Chacun des groupes œuvrant à Bâtiment 7 a recours à un ensemble de pratiques économiques. Aussi, je m’efforce d’aider l’organisme en l’accompagnant dans sa transition vers un cadre d’autogestion et un mode de fonctionnement collectifs à grande échelle. »

« Cela dit, Concordia bénéficie elle aussi de cette relation, nuance la Pre Kruzynski. En effet, ses étudiantes et étudiants ont l’occasion de mettre la main à la pâte, et ce, qu’ils prennent part à l’un ou l’autre des treize projets menés à Bâtiment 7 ou qu’ils soutiennent l’écosystème dans son ensemble. Ils y acquièrent de précieuses connaissances sur des tonnes de sujets, par exemple les communications, l’élaboration de plans d’affaires pour des projets d’économie alternative ou encore le soutien aux jeunes. »

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L’art d’aménager l’espace

Les initiatives en cours à Bâtiment 7 occupent à peine un tiers de l’espace disponible, et seule une partie des locaux vacants accueilleront les installations consacrées à l’alimentation et aux services à la famille – projets dont il a été question précédemment. Mais tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, l’aménagement des lieux présente des difficultés. Les membres de la communauté ont donc sollicité l’expertise de Concordia en matière de conception et de planification.

À cette fin, de nombreux professeurs de Concordia ont contribué à l’organisation d’une charrette de conception transdisciplinaire. Il s’agit en quelque sorte d’un processus de consultation des divers intervenants, d’un remue-méninges où les idées s’échangent et se modulent librement. Parmi étaient Carmela Cucuzzella, Alice Jarry, Kregg Hetherington, Maude Lecourt et Shauna Janssen. Du reste, les professeures ont invité leurs étudiants à participer à la charrette, puis à déployer la stratégie dans un contexte communautaire intégré.

« Nous espérons que, de concert avec nos étudiants, nous pourrons formuler des propositions pour l’aménagement extérieur de l’édifice », indique la Pre Janssen, qui dirige par ailleurs l’Institut des avenirs urbains de Concordia.

« La communauté aimerait disposer d’un espace public et, éventuellement, d’un jardin communautaire, précise-t-elle. La conception d’une ruelle verte – ou bleue, dans une optique de gestion de l’eau – est aussi à l’étude. »

Pour Shauna Janssen, la collaboration qu’apporte Concordia à Bâtiment 7 témoigne de l’engagement de l’Université à offrir des occasions d’apprentissage expérientiel à ses étudiants et met en valeur le rôle du BEC à cet égard.

« Ce modèle unique, proactif démontre que le BEC contribue de manière significatif au travail de recherche sur le terrain. »

Elle considère que la charrette de conception et aux travaux qui en découleront leur permettra de se familiariser avec les meilleures pratiques liées à la construction et au développement des villes.

La Pre Janssen conclut ainsi : « Le soutien que nous assurons aux communautés diffère de l’apport que leur fournissent la Ville de Montréal et les lotisseurs. Nos interventions se préoccupent davantage des questions d’inclusion et de diversité. Plutôt que d’imposer une démarche de conception descendante, nous facilitons le processus de cocréation et nous y prenons part. »


Apprenez-en plus sur le
Bureau de l’engagement communautaire de l’Université Concordia.

 



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