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La communication interculturelle : le succès vient de l’intérieur

À la base, l’efficacité de la communication interculturelle ne tient pas tant à la compréhension d’une autre culture qu’à celle de notre propre culture, de même qu’à la prise de conscience du fait que celle-ci s’inscrit dans un ensemble plus vaste de comportements et d’idéologies.

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La culture est ce qui est tenu pour acquis.

Lorsque les gens savent qu’ils communiqueront avec une personne – ou plusieurs – d’une autre culture, ils peuvent faire des recherches pour en savoir davantage sur les coutumes, apprendre quelques mots et quelques phrases dans la langue (si ça n’est pas la leur) ou s’intéresser à de petits gestes qu’ils peuvent faire pour témoigner du respect. Toutes ces démarches sont louables. Bien qu’elles seront probablement appréciées et aideront à faire bonne impression, il est important de reconnaître qu’elles ne touchent pas le fondement de la communication interculturelle. Ces actions ne nous enseignent pas comment bien communiquer avec les personnes d’autres cultures, et très franchement, exigent un travail énorme. De plus, il n’est pas envisageable dans tous les cas de faire des recherches sur une culture, car les situations nécessitant d’interagir avec des gens d’autres cultures ne se planifient pas toujours. Pour ces raisons et bien d’autres, il est important de comprendre les moyens clés par lesquels nous pouvons améliorer la communication interculturelle sans pour autant disposer d’informations complémentaires sur une culture en particulier.

Définir la notion de culture

Bien qu’une culture soit le plus souvent considérée comme un groupe de personnes d’un même pays ou d’une même région, il s’agit d’une notion beaucoup plus subtile. Les idées reçues sur ce que les différentes cultures apprécient et n’apprécient pas peuvent facilement s’avérer des lieux communs sans réel fondement. En effet, différentes cultures peuvent exister dans une même ville, à plus forte raison dans un même pays, et peuvent être définies par un certain nombre de caractéristiques, notamment la langue parlée, la situation financière, l’emploi occupé, la religion et d’autres considérations qui font partie de la vie de chacun.

Cette perspective peut être très utile la plupart du temps, mais les choses sont différentes si l’on est conscient que l’on s’en sert.

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Andrew Ryder, professeur agrégé de psychologie à l’Université Concordia, dit qu’il existe une définition de la culture avec laquelle il est tout à fait d’accord : « La culture est ce qui est tenu pour acquis. » Cela signifie que la culture comprend tout ce à quoi on ne pense pas dans nos échanges quotidiens – par exemple, dans quelle mesure est-il approprié de soutenir le regard durant une conversation, qu’est-ce qu’un volume de voix convenable, quels gestes faire ou éviter. Ces petits détails auxquels nous ne réfléchissons pas consciemment la plupart du temps deviennent beaucoup plus évidents lorsque nous découvrons que d’autres personnes ne suivent pas les mêmes règles.

Ce ne sont pas les détails qui comptent

Bien que ce soit ces petits détails – ce qui est tenu pour acquis – qui définissent la culture, la communication interculturelle ne consiste pas à mémoriser quels comportements et gestes sont propres à certains groupes de personnes. Que la communication s’effectue entre des individus venant des deux antipodes ou de la même ville, ce qui rend la relation fructueuse est l’examen de sa propre culture et la compréhension de ce que cela signifie.

Chaque personne envisage le monde de son propre point de vue culturel. « Cette perspective peut être très utile la plupart du temps, mais les choses sont différentes si l’on est conscient que l’on s’en sert », observe le professeur Ryder. En examinant sa propre culture et ses propres préjugés, une personne peut plus facilement trouver ses repères dans des situations interculturelles atypiques. « Ça ne vous empêche pas de tirer des conclusions, mais de tirer des conclusions hâtives. »

Cette approche élargit le champ des éventuelles préoccupations et actions des gens.

Le fait d’étudier votre point de vue culturel cadre tout à fait avec une méthode qu’Andrew Ryder utilise en psychologie culturelle-clinique, mais qui s’applique également très bien dans nombre de situations interculturelles. En découvrant d’autres cultures et en comprenant la diversité de comportements, d’idéologies et de traditions qui existent, nous pouvons concevoir une base de données dont on pourra extraire de l’information lors de communications interculturelles. Au lieu d’essayer de savoir si quelqu’un d’un pays précis fait les choses d’une certaine façon, nous constatons qu’une personne de n’importe où dans le monde peut faire les choses de différentes façons. « Cette approche élargit le champ des éventuelles préoccupations et actions des gens », explique le professeur Ryder.

Comment utiliser cette information

Comprendre cette réalité et élargir cet ensemble de possibilités nous permet de ralentir et de prendre du recul par rapport à notre propre culture pour un instant afin de reconnaître que les personnes avec qui nous souhaitons communiquer efficacement peuvent faire les choses de différentes façons et de poser des questions sur la façon dont nous percevons leur comportement.

Les suppositions entravent notre capacité de communiquer. Ainsi, en élargissant sans cesse notre compréhension des façons d’être possibles des gens, nous pouvons travailler à éliminer les barrières interculturelles en posant des questions, en manifestant de l’empathie et en écoutant vraiment ce que les gens nous disent.

 

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