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Comment l’automobile a transformé les rues du monde en espaces moins inclusifs

Dans un nouvel ouvrage, un professeur de l’Université Concordia se penche sur l’augmentation de l’automobilité dans les villes indiennes
1 décembre 2020
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Par Justin Dupuis

Embouteillage automobile en Inde Govind Gopakumar : « Si vous regardez un film sur l’Inde d’il y a 30 ou 40 ans, les rues étaient remplies de véhicules et de gens de toutes sortes : cyclistes, piétons, chariots, transports en commun. Parce que les véhicules motorisés sont aujourd’hui omniprésents – c’est également vrai dans d’autres régions d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud –, les interactions sociales qu’on voyait autrefois dans les rues ont changé radicalement. »

Depuis le début du 20e siècle, les rues des villes nord-américaines se sont complètement transformées pour accueillir l’automobile comme principal moyen de transport, une tendance qui s’est lentement répandue dans le reste du monde.

Dans son nouveau livre, Govind Gopakumar, professeur agrégé et directeur du Centre Génie et société de Concordia, explore la façon radicale dont l’automobile a transformé le tissu de la rue dans les villes de l’Inde et les répercussions sociales causées par ce bouleversement du paysage urbain.

Dans Installing Automobility: Emerging Politics of Streets and Mobilities in Indian cities, publié par MIT Press dans la série Urban and Industrial Environments, M. Gopakumar s’intéresse à la gouvernance des infrastructures urbaines liées à l’automobile et au réaménagement des rues dans les villes indiennes.

« Malheureusement, la dépendance de l’Amérique à l’automobile s’est répandue dans le monde entier – la Chine compte maintenant 360 millions de véhicules, l’Inde, environ 250 millions, et le Brésil, plus de 100 millions –, ce qui a des effets négatifs sur la société et l’environnement, non seulement dans l’immédiat, mais aussi à long terme, dans nos efforts pour réduire les émissions de carbone. »

Au fil des ans, les gouvernements ont dû changer radicalement l’infrastructure de transport pour accueillir un nombre toujours croissant de véhicules motorisés, ce qui, selon M. Gopakumar, a lentement modifié le tissu même des rues des villes.  

« Si vous regardez un film sur l’Inde d’il y a 30 ou 40 ans, les rues étaient remplies de véhicules et de gens de toutes sortes : cyclistes, piétons, chariots, transports en commun. Parce que les véhicules motorisés sont aujourd’hui omniprésents – c’est également vrai dans d’autres régions d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud –, les interactions sociales qu’on voyait autrefois dans les rues ont changé radicalement. »

Govind Gopakumar Govind Gopakumar : « Malheureusement, la dépendance de l’Amérique à l’automobile s’est répandue dans le monde entier, ce qui a de nombreux effets négatifs sur la société et l’environnement. »

Transformer les rues en espaces inclusifs

Ces défis seront à l’ordre du jour d’une table ronde avec M. Gopakumar à l’occasion du lancement de son livre à l’ESPACE 4, le 11 décembre.

Avec le nombre croissant de personnes se déplaçant en voiture, les rues deviennent de plus en plus dangereuses pour les femmes et d’autres groupes vulnérables, les vendeurs de rue ont vu leurs revenus diminuer et la pollution est en hausse.

Bien sûr, réduire l’utilisation de l’automobile est une façon évidente d’inverser les effets sociaux négatifs associés aux véhicules motorisés. Mais comme on a pu le constater dans de nombreux endroits en Amérique du Nord, convaincre les gens de délaisser la voiture au profit de la marche, du vélo ou des transports en commun n’est pas une mince affaire.

« Il est très difficile de faire marche arrière parce que les villes fortement automobilisées sont prisonnières de ce paradigme de transport. Des changements structurels importants doivent être apportés aux villes pour réduire l’empreinte de l’automobile sur le paysage urbain », explique M. Gopakumar.

Selon lui, pour que des changements réels se produisent, les gouvernements doivent mettre en œuvre des solutions de mobilité axées sur la justice sociale et l’équité. Bien que les problèmes associés à l’automobilité ne soient pas forcément naîtront lorsqu’on percevra les rues comme un lieu d’interaction sociale.

« Il y a des points communs dans ce qui rend nos villes si dynamiques et attrayantes : ce sont les rues, déclare M. Gopakumar. Si tout le monde est assis dans sa voiture, la rue n’est plus vraiment un espace public; c’est plutôt un pipeline. Si nous voulons résoudre certains des problèmes associés à l’automobilité, nous devons refaire de la rue l’espace inclusif qu’elle a déjà été, et pas seulement un endroit pour les voitures. »

Assister au lancement du livre Installing Automobility à l’ESPACE 4 le 11 décembre

Lire la lettre d’opinion de Govind Gopakumar dans The Scroll



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