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Graham Carr : « Si nous restons fidèles à nos principes, je n’ai aucun doute que Concordia surmontera ce défi. »

Face à l’adversité actuelle, le budget 2020-2021 aidera l’Université à maintenir son élan
22 octobre 2020
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Par Graham Carr

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Même si on aimerait qu’il en soit autrement, 2020 est une année que personne n’oubliera. La COVID-19 a sérieusement miné notre quotidien, ébranlé la société mondialisée et bouleversé de nombreux secteurs de l’économie mondiale.

Il va sans dire que l’Université a aussi été grandement touchée. Non seulement avons-nous dû réorganiser toutes nos activités, mais nous devons aussi maintenant faire face à une situation financière très difficile. Notre budget de fonctionnement continue d’être fortement perturbé par la pandémie. Nous en subirons les répercussions pendant plusieurs années.

Budget 2020-21

En temps normal, nous présentons le budget au conseil d’administration au printemps, au début de l’exercice financier. Or, comme je l’ai indiqué en mai, en raison de l’incertitude dans laquelle nous avons été plongés, notamment en ce qui concerne le montant de notre subvention gouvernementale, le conseil d’administration a convenu de reporter l’adoption du budget et a plutôt approuvé une autorisation de dépenser. Celle-ci comprenait 300 millions de dollars pour couvrir les coûts de fonctionnement de base ainsi qu’un fonds de réserve de 25 millions pour couvrir les coûts imprévus et favoriser le rétablissement de l’Université.

Depuis, nous avons obtenu l’information nécessaire pour dresser un meilleur portrait de notre réalité budgétaire. Nous avons ainsi pu établir un budget de fonctionnement pour 2020-2021, lequel a été approuvé hier par le conseil d’administration. Sans surprise, Concordia enregistrera un important déficit de fonctionnement pour le présent exercice. Nous prévoyons en outre demeurer en situation déficitaire dans un avenir proche.

Bien entendu, avant la crise actuelle, l’Université était en bonne santé financière. En 2019-2020, avant la pandémie, nous avions un budget équilibré pour la première fois en six ans. Nous embauchions un nombre record de membres du corps professoral, réalisions des initiatives transformationnelles visant à stimuler notre croissance, et étions prêts à poursuivre sur cette lancée.

Aujourd’hui, nous nous trouvons dans une situation très différente. Certes, le gouvernement a indiqué qu’il financera le secteur universitaire au même niveau qu’en 2018-2019, et nos inscriptions (sur le plan des effectifs) sont relativement élevées. Toutefois, nos revenus seront largement inférieurs à ceux dont nous dépendions ces dernières années. Cette chute est attribuable à la diminution des revenus tirés, d’une part, des activités sur le campus – comme la location des chambres de résidences, les frais de stationnement et les colloques – et, d’autre part, des droits de scolarité, en raison de la chute des inscriptions des étudiants étrangers, notamment aux cycles supérieurs.

Par ailleurs, l’Université continue d’encourir des dépenses sans précédent liées aux transitions que nous avons dû effectuer. Je parle notamment des investissements substantiels en technologies pour appuyer le passage aux cours en ligne et le soutien aux membres du corps professoral et du personnel; de l’aide financière directe aux étudiants; du soutien pédagogique en ligne; de la hausse des mesures de santé et de sécurité sur le campus; et du renforcement de la cybersécurité dans un contexte où les cyberattaques prolifèrent.

Même si nous avons annoncé que le trimestre d’hiver sera présenté à distance, nous ne pouvons prévoir comment le coronavirus évoluera durant les prochains mois, ni quand la crise sanitaire prendra fin.

Étant donné tous ces facteurs, nous avons envisagé différents scénarios pour préparer le budget 2020-2021. Selon nous, dans le scénario le plus probable, nous devons anticiper un déficit se situant entre 28 millions et 45 millions de dollars, soit entre 5 et 8 pour cent de notre budget de fonctionnement. Il s’agit de montants considérables, mais ils sont du même ordre que ceux que le gouvernement du Québec a investis proportionnellement à son propre budget pour faire face à la crise de la COVID.

Comment comptons-nous gérer la situation?

Il est évident que nous devrons faire des économies pour surmonter ce défi. Cela étant, notre cadre financier sera guidé par quatre principes : prudence, agilité, continuité et durabilité à long terme.

Tous les dirigeants et dirigeantes de secteur ont été informés de la situation et savent qu’ils doivent adapter et gérer leur budget en conséquence. Entre autres, il s’agit de porter une attention très particulière aux dépenses actuelles, de retarder tout nouveau déboursement et de hiérarchiser les initiatives avec rigueur. Il s’agit également d’attacher la plus grande importance au recrutement et au soutien étudiant ainsi qu’à la persévérance dans les études, et d’assurer la croissance continue de notre profil de recherche. Nous consacrerons en outre une partie de nos réserves accumulées à la réduction du déficit.

Malgré ces défis, Concordia demeure forte et déterminée à rehausser sa réputation à l’échelle nationale et internationale. Les fondements de notre profil financier restent solides. Contrairement à de nombreuses universités canadiennes, nous détenons des immobilisations de grande valeur et enregistrons un déficit structurel parmi les plus bas par rapport à ceux des universités québécoises.

Nous entendons maintenir notre élan en visant une croissance raisonnée et en investissant dans un nombre limité d’initiatives clés qui s’alignent avec nos valeurs institutionnelles, à savoir : la poursuite de la stratégie numérique; le lancement de l’Institut des villes nouvelle génération; la création du Bureau de l’équité; l’établissement du groupe de travail sur le racisme envers les Noirs; la réalisation continue du plan d’action sur les directions autochtones; la création d’une initiative de recherche en santé; le dévoilement du plan d’action en matière de durabilité la semaine prochaine; et la mobilisation en vue de réaliser les objectifs de développement durable des Nations Unies.

Prochaines étapes

Comme ils le font depuis maintenant plusieurs années, la vice-rectrice exécutive aux affaires académiques et le chef de la direction financière organiseront sous peu une série de discussions ouvertes – virtuelles, évidemment – pour parler du budget et répondre à vos questions. Vous recevrez une invitation à y participer dans les jours à venir.

Pour finir, je tiens à réaffirmer à quel point je suis fier de la communauté de Concordia. Grâce aux efforts concertés des membres du personnel, du corps professoral et de l’effectif étudiant, nous avons surmonté d’innombrables obstacles ces derniers mois, et je vous remercie toutes et tous pour cela.

Il est clair que nous avons du pain sur la planche. Mais si nous restons fidèles à nos principes et faisons preuve de rigueur, je n’ai aucun doute que nous surmonterons ce défi, tout comme nous l’avons fait par le passé lorsque nous avons connu des moments difficiles sur le plan financier. Concordia est une université de premier choix pour les étudiantes et étudiants attirés par nos programmes, nos recherches et notre attachement à l’innovation et à la réussite étudiante.

Je tiens à remercier le conseil d’administration de son soutien indéfectible en cette période critique, ainsi qu’à exprimer ma sincère reconnaissance à mes collègues et aux responsables pédagogiques et administratifs de l’Université de leurs inlassables efforts pour nous permettre d’aller de l’avant.


Graham Carr
Recteur et vice-chancelier
Université Concordia

 



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