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Des candidats à la maîtrise en beaux-arts se découvrent une communauté lors d’un cours estival adapté

Un groupe d’étudiants en arts plastiques approfondissent leur pratique durant la pandémie – avec des retombées inattendues
1 octobre 2020
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Par Amelia Wong-Mersereau

Young woman with long, dark hair. Megan Stein : « Ce cours était comme un nid douillet où se réfugier quand tout le reste s’effritait. » | Photo : Caylee Stein

Chaque été, entre la première et la deuxième année de leur parcours de 2e cycle, les étudiants à la maîtrise du Département des arts plastiques de Concordia doivent suivre un cours de trois crédits intitulé Directed Studio Practice (« pratique artistique dirigée » – DISP 615).

Ce cours a pour objectif d’exposer les candidates et candidats à la maîtrise en beaux-arts à d’autres pratiques artistiques, de leur permettre d’approfondir leurs recherches et de poursuivre leur travail en atelier au cours de l’été. Pour les étudiantes et étudiants, il s’agit en outre d’un moment critique où ils commencent à tisser des liens avec leurs pairs. À cela s’est ajoutée cette année la pandémie de COVID-19 avec tous les défis inattendus que cela suppose, tant pour eux que pour leurs professeurs.

À la fin du trimestre d’hiver, beaucoup d’étudiants appréhendaient le passage vers l’apprentissage à distance. Or, Aaron McIntosh – un des professeurs responsables du cours de pratique artistique – raconte comment son groupe a réussi à surmonter collectivement les hésitations qui ont marqué le trimestre d’été.

« En fait, nous nous sommes ressaisis assez rapidement, et pour le mieux », affirme Aaron McIntosh, professeur agrégé d’arts plastiques.

Il a constaté que la nouvelle plateforme virtuelle était particulièrement bien adaptée aux études supérieures, où la création de liens et le réseautage sont très importants. « Ce n’est pas aussi aliénant que ce à quoi je m’attendais. »

Photo collage of different flowering plants. Sans titre (collage-photo numérique), Megan Stein (2020). | Image fournie par Megan Stein.

Un cours d’été en ligne très profitable

Directrice des programmes d’études supérieures en arts plastiques et professeure adjointe en médias d’impression, Erika Adams a encouragé les étudiantes et étudiants inquiets à ne pas interrompre leur parcours et à suivre le cours d’été.

« J’ai été ravie d’entendre que pour beaucoup d’étudiants, le cours d’été en ligne s’était révélé vraiment profitable », souligne la Pre Adams. « Faute de pouvoir se rendre à leurs studios, ils ont imaginé des solutions créatives, ont travaillé avec différentes matières, ont réfléchi à de nouveaux concepts et ont exploré de nouvelles avenues. »

D’avril à la fin août, les étudiants se sont rencontrés sur Zoom à différentes étapes du cours – proposition de projets; séances de rétroaction; entrevues entre pairs; présentations finales des travaux; et critiques artistiques.

« Suivre un cours en ligne, ce n’est pas la fin du monde, surtout pour des étudiants aux cycles supérieurs », ajoute Aaron McIntosh. « À cette étape-ci de leur parcours, ce sont surtout les idées et les liens professionnels qui importent, et non la compréhension technique d’un concept. »

Man with short blond hair and a black shirt, standing in front of framed photographs. Eric Tschaeppeler devant quelques-unes des photographies de sa série intitulée Kitchen Staff Mile-End. | Photo : Bowen Stead

Comme un nid douillet où se réfugier

Après s’être renseignés mutuellement sur leurs pratiques respectives au cours de la première semaine du cours, les étudiants devaient choisir un ou une camarade de classe à interviewer. Au fil de l’été, ils ont discuté de leurs antécédents, de leur pratique artistique et de leur projet estival actuel. Puis, les étudiants ont été invités à partager le résultat de ces entrevues avec le reste de la classe durant les deux dernières semaines du cours.

Aaron McIntosh a demandé à ses étudiants d’imaginer des entretiens intéressants sur le plan visuel, comme s’ils devaient paraître dans une revue d’art.

Le résultat final des projets artistiques figure en ligne sur la page du Département des arts plastiques.

Étudiant à la maîtrise ès beaux-arts en photographie, Eric Tschaeppeler est d’avis que le cours DISP 615 est un des meilleurs qu’il pouvait choisir à ce moment-là de la pandémie, et de son parcours.

« Le travail d’entrevue nous a offert la possibilité d’explorer plus à fond la pratique artistique d’autrui et notre propre démarche. Nous nous sommes interrogés sur la motivation, la méthode et l’ambition de manière assez libre sur le plan stylistique. »

Candidate à la maîtrise en arts d’impression, Megan Stein abonde dans le même sens. « Ce cours était comme un nid douillet où se réfugier quand tout le reste s’effritait. »

Pour son projet d’entrevue, l’étudiante était jumelée avec sa collègue Natasha Lavdovsky. « Ce projet a été pour moi l’occasion d’expérimenter les méthodes de conception visuelle. J’ai aimé m’adonner à la rédaction et à la mise en page de notre conversation. J’ai d’ailleurs choisi comme arrière-plan un délicat fondu de couleurs inspiré de la démarche de Natasha. »

Des solutions aux problèmes intellectuels et scolaires

Le cours d’été étant terminé, Erika Adams revient sur les résultats positifs de cette expérience universitaire.

« Dans un programme d’études supérieures, il est assez facile de se trouver une méthode de travail avec laquelle on est à l’aise. Ce qui est plus difficile – et aussi ce qu’il y a de mieux à mon avis –, c’est qu’on vous incite à sortir de votre zone de confort afin que vous puissiez imaginer de nouvelles solutions à des problèmes d’ordre intellectuel et scolaire. »

Aaron McIntosh, qui donnait le cours pour la première fois, a trouvé l’expérience très enrichissante.

« C’est une façon plaisante et plutôt intime de se familiariser avec les programmes d’études supérieures en arts plastiques et le type d’étudiants qui y évoluent. Ils sont intelligents, aimables et généreux. »

Megan Stein souhaite poursuivre les relations qu’elle a nouées au fil de l’été.

« J’espère aussi que Concordia continue de faire preuve de patience et de bienveillance, notamment en ce qui a trait aux besoins de ses étudiants et des membres de son personnel, à ses méthodes d’apprentissage et à la multitude d’obstacles qui peuvent se dresser tout au long de l’année. »

Black and white image of a woman wearing dark sunglasses, standing in front of silo buildings. Image fixe d’une œuvre sonore sur film super-8 d’Eric Tschaeppeler.

Un retour sur le campus étonnamment harmonieux

Erika Adams et l’ensemble du Département des arts plastiques ont par ailleurs consacré leur été à préparer le trimestre d’automne.

Les étudiantes et étudiants à la maîtrise ès beaux-arts ont commencé à revenir sur le campus en juillet. Celles et ceux qui y occupaient des studios ont d’abord eu accès une seule fois à leurs locaux. Ils pouvaient par la suite demander un droit de visite récurrent. En août, les étudiants ayant un studio sur le campus étaient en mesure d’y accéder sur une base régulière.

Les étudiants – qui sont désormais libres de se rendre à leurs studios – s’organisent entre eux pour établir un horaire d’accès aux installations, explique Erika Adams.

Maintenant que le trimestre d’automne est entamé, les étudiants à la maîtrise ont aussi accès aux principaux centres techniques, aux ateliers de fabrication et au Centre d’arts numériques.

Tous les étudiants à la maîtrise doivent suivre la formation du Service – Environnement, santé et sécurité sur les protocoles entourant la COVID-19. Les étudiants qui accèdent au campus doivent en outre suivre la formation en ligne sur le Système d’information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT), au terme de laquelle ils obtiennent un certificat valide pour une période de trois ans.

Erika Adams et le reste de l’administration ont organisé des séances d’orientation destinées aux étudiants concernant la formation à suivre et la conduite à adopter dans le cadre des activités sur le campus.

« La reprise a été lente, compte tenu du rythme auquel nous menions nos activités en mars dernier. Mais tous et toutes ont travaillé très fort pour reprendre la cadence », fait remarquer la Pre Adams. « Étonnamment, bien que tout se passe en mode virtuel – les rencontres, les ateliers et même les demandes de matériel –, tout se déroule de façon assez harmonieuse. »


Consultez le portrait des participantes et participants au cours DISP 615 :
Daniel Crawford; Brandon Dalmer; Hadi Jamali; Étienne Lacelle; Tasha Lavdovsky; Stephen McLeod; Maddie McNeely; O. Kristina Pedersen; Rebecca Ramsey; Megan Stein; David Stewart; Eric Tschaeppeler; et Ti Zhang.

Apprenez-en plus sur le Département des arts plastiques de Concordia.

 



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