Skip to main content
DERNIÈRES MISES À JOUR EN LIEN AVEC LA COVID-19

EN SAVOIR PLUS

Une doctorante de Concordia remporte le prix Relève étoile Paul-Gérin-Lajoie

Coup de chapeau à Felicity Hamer pour son ouvrage primé sur le deuil parental et le souvenir photographique
18 septembre 2020
|
Par Alexander Hackett

Femmes aux cheveux roux et tatouages ​​au bras, vêtues d'un t-shirt noir à manches courtes. Felicity Tsering Chödron Hamer

En août dernier, Felicity Tsering Chödron Hamer s’est vu remettre le Prix Relève étoile Paul-Gérin-Lajoie du Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQSC).

Ce prix est décerné une fois par mois par le FRQSC, organisme gouvernemental provincial dont la mission est de promouvoir et d’aider financièrement le développement de la recherche dans les domaines des sciences sociales et humaines, ainsi que dans ceux de l’éducation, de la gestion, des arts et des lettres.

Lauréate du prix d’excellence en recherche aux cycles supérieurs, qui lui a été remis plus tôt cette année, Felicity Hamer a été reconnue pour son livre Parental Grief and Photographic Remembrance: A Historical Account of Undying Love ( « deuil parental et souvenir photographique : compte rendu historique d’un amour éternel »), publié chez Emerald Publishing. L’ouvrage est disponible à la Bibliothèque de l’Université Concordia et offert en vente sur Amazon.

« Ce prix est – d’abord et avant tout – un vibrant hommage au talent de Felicity Hamer et aux retombées de son travail », affirme Michael Verwey, conseiller au développement de la recherche étudiante à l’École des études supérieures de Concordia.

« Cela dit, il s’agit aussi une reconnaissance du milieu de recherche collaboratif, des professeurs ambitieux, des départements innovants et des superviseurs de recherche avant-gardistes qui font la réputation de Concordia. »

Des rituels nécessaires pour surmonter le deuil

Felicity Hamer est actuellement doctorante en communication. Elle travaille sous la direction de Jeremy Stolow, professeur agrégé de communication à Concordia. 

« J’explore la manière complexe par laquelle le portrait photographique parvient à prolonger une relation au-delà de la mort physique, explique-t-elle. Mes travaux explorent la mémoire, l’imagination et le deuil à travers la photographie. »

Parental Grief and Photographic Remembrance se penche sur le phénomène des parents pour qui la mort est devenue un état de moins en moins familier en raison de l’absence des rituels et des outils qui, de tout temps, se sont imposés pour faciliter le processus de deuil.

« Dans mon livre, le deuxième d’une série intitulée Sharing Death Online (“partager le deuil en ligne”), j’appréhende les défis particuliers auxquels doivent faire face les gens qui pleurent la perte d’un enfant », poursuit-elle.

« L’ouvrage présente les idées qui façonneront les premiers chapitres de ma thèse intitulée Developing Memory: Remembrance, Embellishment, Hauntography (“construire la mémoire : souvenir, embellissement, hantographie”), où j’aborde et explique l’existence d’une forme de deuil vécu à travers la photographie, que j’appelle “hantographie”. En effet, certains souvenirs photographiques – même si on les égare ou on les évite intentionnellement – s’enracinent dans la mémoire imaginative, à un point tel que ceux-ci retiennent une puissante charge affective qui fait écho aux fantômes mêmes qu’ils étaient censés commémorer. »

Le deuil à l’ère de la COVID-19

L’ouvrage de Felicity Hamer a été publié en février dernier, au moment même où les tout premiers cas de COVID-19 étaient répertoriés au Québec.

Les circonstances qui ont forcé les familles touchées par la pandémie à pleurer la mort de leurs proches par l’entremise de moyens virtuels – souvent sans rituel traditionnel permettant de tourner la page ou de trouver un certain réconfort – ont donné à sa recherche une toute nouvelle pertinence, particulièrement poignante.

« Aujourd’hui, isolés des autres, nous pleurons la perte des liens qui nous unissent aux personnes vivantes. Nos aînés disparaissent à un rythme alarmant – et avec eux s’efface le récit qui étoffait les photos de famille. Alors que des êtres aimés sont perdus aux griffes de la COVID, nous faisons notre deuil, collectivement, à distance », fait remarquer Felicity Hamer.

« De plus en plus, nos derniers moments ensemble sont vécus sur un écran et, par conséquent, y sont connectés. Aujourd’hui plus que jamais, il existe un besoin de comprendre le deuil par – et à travers – le portrait photographique. »

Michael Verwey acquiesce : « À la lumière de la pandémie, nos conversations sur la mort, sur notre propre capacité à reconnaître la perte et notre volonté à encourager le souvenir s’enfoncent toutes dans la culture dominante », constate-t-il. « En proposant une perspective historique sur certains de ces processus de deuil, l’œuvre de Felicity Hamer apporte un contexte important, propre à faciliter ces conversations difficiles. »
 

Apprenez-en davantage sur les recherches menées à Concordia.

 



Back to top Back to top

© Université Concordia