Un nouveau cycle de programmation d’ESPACE 4 à Concordia examine l’héritage de la résistance étudiante antillaise

29 JAN. – 10 FÉV. : « Manifestations et pédagogie » marque le 50e anniversaire de l’affaire Sir George Williams
22 janvier 2019
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Par Nalini Mohabir

On January 29, 4TH Space will become a lens through which to consider the unfinished business of decolonization and its relationship to questions of pedagogy.

Mouvement pour la défense des droits des Noirs aux États-Unis… Lutte pour la décolonisation en Afrique, en Asie et dans les Antilles… Ouverture du Canada à l’immigration en provenance de l’hémisphère sud… Nul doute, les années 1960 ont été une période d’immense changement.

L’ordre établi était bousculé – non seulement par une aspiration à l’indépendance politique, mais aussi par une quête de dignité et de respect chez les peuples anciennement colonisés.

Du 29 janvier au 11 février 1969, des étudiants antillais ont occupé le centre informatique de la Sir George Williams University (l’un des établissements fondateurs de Concordia), dans le cadre d’une des plus importantes manifestations étudiantes de l’histoire canadienne.

Le geste visait à dénoncer des pratiques pédagogiques jugées discriminatoires et l’incapacité de l’université à répondre aux doléances des étudiants.

La manifestation a culminé sur une scène dont l’image a été largement diffusée et est devenue emblématique, celle d’étudiants lançant des cartes perforées par les fenêtres. Elle a également été marquée par des actes de brutalité policière, la tenue de propos racistes et un mystérieux incendie criminel qui a forcé l’évacuation des étudiants, événements au sujet desquels les comptes rendus varient.

Dans la foulée de la manifestation, près de 100 personnes ont été arrêtées. Les répercussions ont été vivement ressenties à Montréal. Les événements ont fait l’objet d’une importante couverture médiatique à l’échelle du pays, causant des remous jusque dans les Antilles et nuisant aux relations canado-antillaises. Ils ont en outre inspiré des manifestations étudiantes dans les Antilles, lesquelles ont incité les gouvernements de la région à réclamer justice pour leurs ressortissants.

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Réflexions sur le passé et interrogations sur l’avenir

Pour marquer le 50e anniversaire de l’affaire Sir George Williams, des étudiants, des professeurs et des diplômés de Concordia, ainsi que des membres de la communauté montréalaise élargie se réuniront dans le cadre d’une série d’activités programmées sur une période de 10 jours afin de revenir sur les événements et ce qu’ils ont contribué à mettre au jour, de même que sur les questions qui demeurent en suspens.

Le 29 janvier prochain, ESPACE 4 deviendra une lentille à travers laquelle on pourra examiner le dossier inachevé de la décolonisation et son rapport aux questions pédagogiques. Des activités et des conférences susciteront la réflexion sur la vie et la culture institutionnelles au Canada et en général de même que les discussions actuelles sur la race et le racisme.

L’objectif est de se rappeler ce moment historique, de mettre en lumière les questions qu’il soulevait sur la décolonisation et la pédagogie, et de souligner l’urgence continue de résoudre ces questions dans le milieu de l’éducation supérieure partout dans le monde. Le cycle de programmation retracera en outre la longue histoire des manifestations étudiantes dans divers établissements, tant de l’hémisphère sud que de l’hémisphère nord. Plus particulièrement, on y établira des liens entre l’affaire Sir George Williams, les émeutes de Rodney survenues en Jamaïque, en 1968, et la révolution Black Power de 1970, à Trinidad.

En situant les étudiants qui ont participé à la manifestation de la Sir George Williams University dans une trajectoire plus large, cet exercice donne à s’interroger sur le rôle décolonisateur de l’intellectuel étudiant, tant sur le plan historique que dans le contexte mondial actuel. Quels sont les aspects de ce moment de l’histoire qui, encore aujourd’hui, ont des répercussions au Canada et ailleurs? De quelle manière est-il commémoré, oublié ou contesté dans différents espaces? De quelle façon est-il lié ou dans quelle mesure a-t-il contribué à des circuits plus vastes de militantisme, de protestation ou de résistance? Dans quelle mesure l’identité noire est-elle incluse ou, au contraire, occultée dans les dialogues sur la décolonisation (particulièrement en ce qui touche les programmes d’études et la pédagogie)? Enfin, quels sont les enseignements à tirer de l’occupation du centre informatique au regard des mouvements actuels de résistance, comme Black Lives Matter (« les vies des Noirs comptent ») ou Rhodes Must Fall (« Rhodes doit tomber »)?


Du 29 janvier au 10 février, joignez-vous à la conversation sur le thème « Manifestations et pédagogie », sur le campus Sir-George-Williams de l’Université Concordia. La plupart des activités sont gratuites et ouvertes au grand public.

 



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