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Trois chercheurs de Concordia obtiennent 1 800 000 $ du fédéral pour réaliser des études sur la santé

Christophe Grova, Lisa Kakinami et Michael Sacher examinent des questions liées à l’épilepsie, aux inégalités en matière de santé et aux maladies associées au trafic membranaire.
13 août 2018
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Par Elisabeth Faure

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Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) ont annoncé l’octroi de subventions à des études que mène Concordia dans ce domaine. Cet apport étayera l’indéfectible volonté de l’Université de doubler ses efforts de recherche, l’un des neuf vecteurs stratégiques de l’établissement.

Trois chercheurs de la Faculté des arts et des sciencesChristophe Grova, Lisa Kakinami et Michael Sacher – se sont ainsi vu attribuer par le gouvernement fédéral la somme totale de 1 800 000 $.

Ils sont respectivement attachés aux départements de Physique, de Mathématiques et statistique, et de Biologie. Par ailleurs, M. Grova et Mme Kakinami font partie de l’équipe de recherche du Centre PERFORM.

« Affecté à trois projets des plus différents mais d’égale importance, ce financement d’envergure appuie la démarche résolument novatrice de Concordia en matière de recherche sur la santé », affirme Christophe Guy, vice-recteur à la recherche et aux études supérieures.

« L’obtention de fonds par nos chercheurs illustre l’intérêt que nous portons à ce continuum intégrant enjeux et interventions interdisciplinaires dans le domaine de la santé », poursuit-il.


Exploiter les réseaux cérébraux pour mieux traiter l’épilepsie

Dans le cadre de sa recherche, Christophe Grova étudie le cerveau comme s’il s’agissait d’un réseau. À cette fin, il utilise diverses techniques de neuro-imagerie. Il s’intéresse tout particulièrement à certains pôles du cerveau.

« Éléments essentiels, ces pôles assurent la force et la fiabilité de l’ensemble du réseau, explique le chercheur. Imaginez ce qui arriverait si l’aéroport international John-F.-Kennedy de New York cessait ses activités durant quelques heures. Il en va de même pour le réseau cérébral. »

Christophe Grova Photo : David Ward

Certains de ces pôles sont les cibles principales de plusieurs affections neurologiques, dont l’épilepsie. Collaborant avec des spécialistes de l’Institut neurologique de Montréal, M. Grova espère perfectionner le processus d’examen préchirurgical des patients épileptiques. S’ils étaient en mesure de prévoir les résultats d’une opération, les chirurgiens pourraient proposer à ces derniers des solutions thérapeutiques optimales et personnalisées.

Dans cette optique, Christophe Grova axe ses travaux sur la structure du réseau cérébral propre à chaque patient.

Rendu possible grâce aux efforts concertés de plusieurs chercheurs, le projet associe le Centre PERFORM de Concordia, l’Université McGill, l’École de technologie supérieure et l’Université de Montréal.

« Cette réalisation remarquable témoigne du travail assidu d’une équipe polyvalente formée d’étudiants et de collaborateurs variés », souligne M. Grova.

« Le soutien financier constant qu’assurent les IRSC nous fournit d’excellentes occasions en matière de recrutement d’étudiants motivés aux cycles supérieurs, continue-t-il. Il nous permet en outre de subventionner de nouvelles recherches, qui exploitent l’excellente plateforme de neuro-imagerie du Centre PERFORM. »


Statut socioéconomique et santé

La recherche de Mme Kakinami porte sur l’établissement de liens entre conditions socioéconomiques et écarts en matière de santé.

« Au Canada, la moitié des adultes souffriront d’une maladie chronique grave, comme une affection cardiovasculaire ou un cancer, explique la chercheuse. Parallèlement, les personnes qui occupent une position moins élevée dans l’échelle socioéconomique se révèlent plus à risque. »

Lisa Kakinami Photo : David Ward

Lisa Kakinami s’est fixé pour objectif de cerner les causes fondamentales des écarts en matière de santé. Elle entend ainsi démontrer la possibilité qu’ont fournisseurs de soins de santé et urbanistes de réduire les inégalités à cet égard.

La chercheuse veut mettre en correspondance des données issues de sources variées : systèmes d’information géographique (SIG), recensements, questionnaires, bases de données administratives, etc. Son projet interdisciplinaire l’amènera à collaborer non seulement avec des collègues de Concordia, notamment du Département de santé, de kinésiologie et de physiologie appliquée ainsi que du Département de psychologie, mais également avec des partenaires de l’externe.

La subvention qui lui est accordée trouve son origine dans une recherche antérieure, menée en collaboration dans le cadre d’un concours de mentorat intercentre du Réseau de recherche en santé cardiométabolique, diabète et obésité (CMDO). Ses travaux actuels s’appuient sur le Longitudinal Risk Project (« enquête longitudinale sur les risques ») de l’Université Concordia.

« Jamais je n’aurais pensé qu’un petit projet du CMDO – organisme plutôt axé sur la méthodologie et la statistique – prendrait une telle envergure! », s’exclame Mme Kakinami.


Les affections liées à l’adressage protéique considérées du point de vue cellulaire

Depuis son entrée à Concordia en 2006, Michael Sacher étudie dans son laboratoire un vaste complexe protéique appelé TRAPP (TRAnsport Protein Particle; « particule de protéine de transport »). Ces quatre dernières années, il s’est concentré sur les mutations que connaissent les protéines de ce complexe et qui favorisent le développement de maladies. À l’instar de Mme Kakinami, M. Sacher travaille en collaboration.

Michael Sacher Photo : David Ward

« Nous coopérons avec des cliniciens et des généticiens des quatre coins du monde, notamment des États-Unis, d’Italie, des Pays-Bas, d’Espagne, du Royaume-Uni, d’Autriche et d’Israël, rappelle le chercheur. Nous avons repéré chez certains sujets des gènes codeurs de protéines qui présentent des mutations. »

« Le gène C11 s’avère particulièrement intéressant, précise-t-il. Les mutations qu’il subit peuvent entraîner l’apparition de syndromes, par exemple diverses formes de dystrophie musculaire. »

Michael Sacher: “The image on the left is a skin cell from a non-affected individual and the one on the right is from an individual with a mutation in a TRAPP protein. The nucleus is coloured in blue and the Golgi apparatus in green. Note that the Golgi in the affected individual is more fragmented and less organized than that of the non-affected individual.” À gauche : Cellule cutanée d’un sujet non atteint. À droite : Cellule cutanée où une protéine TRAPP présente une mutation. Le noyau cellulaire apparaît en bleu, tandis que l’appareil de Golgi se profile en vert. Chez le sujet atteint, l’appareil de Golgi est plus fragmenté et moins structuré. | Images : Michael Sacher


L’équipe de Michael Sacher emploie des techniques de pointe pour examiner des protéines en interaction avec des complexes TRAPP. Par exemple, l’imagerie permet de suivre le déplacement des protéines dans des cellules vivantes issues de sujets atteints.

« Nous nous servons d’une partie du financement des IRSC pour exploiter la technologie CRISPR, explique-t-il. Nous tentons ainsi de répliquer des mutations humaines au sein de lignées cellulaires plus courantes. Dans la foulée, nos études de laboratoire s’exécutent plus facilement et ne nécessitent plus de recourir à des cellules cutanées humaines. »

Apprenez-en davantage sur la recherche à Concordia.



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