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« Notre monde réclame du grand journalisme »

Francine Pelletier, professeure à l’Université Concordia, remporte le prix Hyman-Solomon pour l’excellence journalistique dans le domaine des politiques publiques
11 avril 2018
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Par Taylor Tower

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Récemment, le Forum des politiques publiques (« FPP ») décernait le prix Hyman-Solomon pour l’excellence journalistique dans le domaine des politiques publiques à Francine Pelletier, professeure associée au Département de journalisme de l’Université Concordia.

Créée en 1992, la récompense est remise chaque année à un ou une journaliste qui – par son travail dans l’une ou l’autre des langues officielles – clarifie le processus d’élaboration des politiques publiques au Canada. Jeffrey Simpson et André Picard, du Globe and Mail, ainsi que Chantal Hébert, du Toronto Star, figurent sur la liste des récipiendaires passés.

Francine Pelletier s’est jointe à la communauté de Concordia en 2014 à titre de lauréate de la prestigieuse bourse Michener-Deacon pour les études en journalisme. Elle enseigne maintenant la production documentaire (vidéo et radio) à l’Université. Elle y donne aussi un cours très populaire intitulé The Art of the Interview (« L’art de l’entrevue »).

Membre du comité de sélection du prix Hyman-Solomon et récipiendaire de celui-ci en 1992, Graham Fraser vante le travail de Mme Pelletier, une journaliste « passionnée, progressiste, audacieuse et, surtout, tellement agréable à lire ». Rappelons que M. Fraser est agrégé supérieur à l’Université d’Ottawa et qu’il a occupé la fonction de commissaire aux langues officielles du Canada plus longtemps qu’aucun de ses prédécesseurs.


« Le secret, c’est de raconter des histoires qui touchent les gens. »

Comment vos fonctions de professeure associée et de journaliste en exercice se complètent-elles et s’instruisent-elles tout à la fois?

Francine Pelletier : Le journalisme s’apparente quelque peu à la médecine. C’est un domaine presque impossible à expliquer si on ne connaît pas les rouages du métier, la pratique comme telle. Comme j’exerce toujours la profession (et celle de documentariste, en passant), ça m’aide à inculquer ces notions aux étudiants. Non seulement je parle d’expérience, je peux m’appuyer sur des exemples très récents. Du reste, beaucoup d’étudiants aiment être en contact avec une personne qui poursuit activement sa carrière journalistique.

À une époque où se multiplient les fausses nouvelles, où le public se méfie de plus en plus des journalistes, comment attirer l’attention du lectorat sur les questions de politiques publiques?

F. P. : Le secret, c’est de montrer aux lecteurs comment telle règle ou telle loi, ou encore la controverse de l’heure peuvent avoir des répercussions sur leur vie. C’est de raconter des histoires qui touchent les gens. Même si la sphère médiatique s’est considérablement transformée depuis quelques années, cet aspect reste pour ainsi dire inchangé.

Parlez-nous d’un papier dont vous êtes particulièrement fière et qui abordait un enjeu complexe mais crucial en matière de politiques publiques?

F. P. : Il ne se passe pratiquement pas une semaine sans que j’aborde un sujet « controversé ». Par exemple, la semaine dernière, je me suis intéressée à l’homme qui a tué six musulmans à Québec en 2017. La semaine d’avant, j’ai écrit sur la polémique entourant Facebook. Auparavant, je m’étais penchée sur la crise que traverse le système de soins de santé du Québec, les problèmes qu’éprouve le Bloc Québécois, le mouvement révolutionnaire qu’incarne #MoiAussi, l’environnement et quantité d’autres sujets ayant une véritable incidence sur la vie des gens. Et tout ça, dans les deux derniers mois!

En quoi votre activité journalistique relève-t-elle du domaine des politiques publiques?

F. P. : Souvent, mes sujets de chronique portent sur la « réponse de l’État aux besoins de ses citoyens ». C’est là l’une des définitions du terme « politiques publiques ».

Depuis que vous êtes entrée, en 2014, au Département de journalisme de Concordia, comment votre travail a-t-il évolué?

F. P. : Outre la production documentaire, je donne maintenant un second cours : The Art of the Interview/L’Art de l’entrevue. Je l’ai proposé d’entrée de jeu à André Roy, doyen de la Faculté des arts et des sciences.

La démarche a quelque chose d’expérimental, car le cours est offert à tous les étudiants de la faculté. L’idée qui le sous-tend est fort simple : peu importe ce que vous étudiez, tout le monde doit savoir comment obtenir de l’information de quelqu’un. Jusqu’à présent, les réactions sont fort encourageantes.

Quels changements a connus le journalisme depuis que vous avez débuté dans le métier? Pour réussir dans un univers médiatique en perpétuelle évolution, les journalistes en devenir doivent faire preuve de souplesse. Quels conseils leur donneriez-vous?

F. P. : L’Internet a vraiment changé la donne. De nos jours, il faut absolument maîtriser et exploiter les technologies. Par ailleurs, vous devez toujours ressentir la même curiosité pour le monde, être capable de synthétiser rapidement ce que vous voyez et savoir présenter les faits de façon intéressante. Ce sont là les trois qualités essentielles à tout journaliste – un aspect, lui, qui n’a pas changé.

Parlez-nous de vos aspirations et de vos objectifs professionnels?

F. P. : J’aimerais continuer dans le même sillon: écrire, filmer et enseigner.

Comment envisagez-vous l’avenir du journalisme?

F. P. : Nous vivons dans un univers en pleine mutation culturelle, politique et environnementale. Le monde n’a jamais tant réclamé du grand journalisme.

 

Lisez les dernières chroniques de Francine Pelletier dans Le Devoir.

 



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