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Le son de l’action sociale

Un séminaire de l’Institut Simone-De Beauvoir fait équipe avec le programme d’études en électroacoustique pour favoriser un meilleur équilibrage hommes-femmes
17 octobre 2017
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Par Andy Murdoch

Parmi les conférencières et conférenciers invités au nouveau séminaire figurent Taharima Habib et Éloïse Choquette de Rock Camp for Girls* Montréal. Daughters of Anarchy (ci-dessus) est l’un des groupes issus du camp. | Photo : Tricia Robinson Parmi les conférencières et conférenciers invités au nouveau séminaire figurent Taharima Habib et Éloïse Choquette de Rock Camp for Girls* Montréal. Daughters of Anarchy (ci-dessus) est l’un des groupes issus du camp. | Photo : Tricia Robinson

L’Université Concordia offre cet automne un nouveau séminaire de six crédits intitulé The Feminist University (« l’université féministe »). Au programme : un premier volet sur le genre dans le milieu du son.

Le cours est donné par Kimberley Manning, directrice de l’Institut Simone-De Beauvoir, et Karen Herland, professeure à temps partiel. Celles-ci ont demandé à Eldad Tsabary, coordonnateur du programme d’études en électroacoustique, d’amorcer la présentation du volet sous un angle local, bien que cet enjeu revête une dimension mondiale.

« La représentation des hommes et des femmes est déséquilibrée depuis toujours en électroacoustique. On parle ici du pire déséquilibre de toute l’Université : seulement cinq pour cent de l’effectif étudiant n’y est pas masculin », explique M. Tsabary, qui est professeur adjoint au Département de musique.

« Mais ce n’est pas seulement ici, c’est comme cela partout dans le monde! »

Le décor était ainsi planté pour le programme principal.

La Pre Manning a invité un groupe de femmes influentes de la scène musicale montréalaise à animer des discussions en groupe : Catherine McCandless (Young Galaxy), Amy Millan (Stars), Marika Anthony-Shaw (fondatrice de Plus1) ainsi que Taharima Habib et Éloïse Choquette (Rock Camp for Girls* Montréal).

Les étudiantes et étudiants se sont déplacés d’un groupe à l’autre. Les gens ont écouté, partagé et ciblé les enjeux liés aux genres dans le domaine du son. Bref, le vrai travail a commencé, et se poursuivra tout au long du cours d’un an.

 

De gauche à droite : Eldad Tsabary et Kimberley Manning. De gauche à droite : Eldad Tsabary et Kimberley Manning.

« Notre objectif est de comprendre l’exclusion »

Kimberley Manning tisse des liens avec des professeurs comme Eldad Tsabary afin de créer une culture du changement à Concordia. D’ici décembre, la classe se sera organisée en cinq projets, le Pr Tsabary mentorant le groupe qui s’intéresse au genre dans le milieu du son.

« L’objectif des études de genre et des études des femmes est de tenter de comprendre l’exclusion », explique la Pre Manning.

« Ce n’est pas que les études des femmes peuvent déterminer comment rétablir l’équilibre en électroacoustique, mais elles peuvent nous aider à réfléchir à des interventions utiles. »

Les étudiantes et étudiants reçoivent une formation en théorie féministe et en méthodologies de recherche en action sociale afin de s’attaquer aux inégalités institutionnelles. Les résultats peuvent prendre plusieurs formes, comme des changements aux curriculums ou aux plans de cours, ou encore diverses activités. Kimberley Manning espère que ses étudiantes et étudiants commenceront à bâtir l’infrastructure qui permettra de transformer Concordia en université féministe.

« Il s’agit d’inciter les étudiantes et étudiants à poser un regard critique, à élaborer une forme d’intervention, à la présenter et à l’évaluer. »

« Un changement commence peu à peu à s’esquisser »

Étudiant de troisième année en électroacoustique suivant le séminaire, Chris Lackey a été inspiré par le travail de sa camarade Joanne Mitrovic, qui a fait campagne l’an dernier afin d’améliorer la situation au sein du Département de musique.

« Quand j’ai commencé à m’instruire sur cette question, je m’y suis intéressé de plus en plus vivement. Eldad m’a présenté Kimberley lors de la conférence Loudspeakers. J’ai trouvé ça motivant de voir tout ce qui peut être fait. »

Selon M. Lackey, d’autres étudiants et étudiantes du programme souhaitent reprendre le flambeau allumé par Mme Mitrovic (B. Bx-arts 2017), qui a depuis obtenu son diplôme. « On tâte le terrain, on donne un coup de sonde. Des choses se passent et un changement commence peu à peu à s’esquisser. »

Le programme d’études en électroacoustique de Concordia a d’ailleurs officiellement reconnu le déséquilibre entre hommes et femmes au sein de son effectif étudiant ainsi que la nécessité d’y remédier durant son évaluation départementale cet été.

« Cette étape était importante », affirme Eldad Tsabary.

« Je crois qu’on pourrait rassembler les gens autour de cet objectif commun, afin d’y réfléchir et d’en tirer des leçons. »

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Un changement de perception

Le calendrier d’automne du programme constitue un bon exemple.

La visite de représentants d’Ableton Live – logiciel le plus populaire du monde auprès des réalisateurs audio indépendants – afin de découvrir le programme s’est avérée un élément déclencheur. Eldad Tsabary a en effet eu l’idée de convier l’une des réalisatrices prometteuses de l’entreprise, Sherry St. Germain, à tenir une série d’ateliers de réalisation musicale au département : un pour ses étudiants et étudiantes en électroacoustique, un autre pour les filles de l’École primaire JPPS, et un troisième en collaboration avec Rock Camp for Girls* Montréal.

Et lorsque le festival Akousma a pris contact avec les responsables du programme afin de leur demander quels conférenciers devraient y être invités, deux des trois grands noms retenus étaient des femmes : Hildegard Westerkamp et Elizabeth Anderson.

« Le changement est intéressant parce que lorsqu’il s’empare de vous, votre perception évolue en conséquence », explique le Pr Tsabary.

« Cela va bien au-delà du département, car lorsque vous vous fixez un certain objectif, il s’intègre à votre perception et colore tout ce que vous faites, ce qui influe sur votre compréhension, vos récits, vos gestes… Bref, votre réalité s’en trouve transformée. »

En savoir plus sur l’Institut Simone-De Beauvoir et le programme d’études en électroacoustique de l’Université Concordia.

 



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