Les boursiers Vanier 2017 de Concordia : « Une grande responsabilité »

Trois universitaires préparent de grands projets de recherche sur les robots-chirurgiens, les jeunes Inuits en détresse, et la convergence de l’art et de la médecine
18 septembre 2017
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Par Daniel Bartlett

Darian Stahl : « Mon objectif à long terme est de créer plusieurs départements de sciences humaines médicales en Amérique du Nord. » Darian Stahl : « Mon objectif à long terme est de créer plusieurs départements de sciences humaines médicales en Amérique du Nord. »


Une chose est claire à entendre les trois nouveaux boursiers Vanier de l’Université Concordia : la prestigieuse récompense n’a fait que renforcer leur détermination à obtenir des résultats.

« Le principal organisme subventionnaire de la recherche au Canada a placé sa confiance dans mes travaux », affirme Anne-Marie Turcotte, doctorante au Département de sociologie et d’anthropologie.

« Il s’agit d’une grande responsabilité et je ferai tout le nécessaire pour que mon projet réussisse. »

Anne-Marie Turcotte, Darian Stahl et Amir Hooshiar sont les étudiants de Concordia lauréats d’une bourse d’études supérieures du Canada Vanier pour 2017.

Jusqu’à 167 bourses sont distribuées annuellement dans les domaines des sciences sociales et des sciences humaines, des sciences naturelles et du génie, ainsi que de la santé. Chacune est assortie d’un montant de 50 000 $ par an durant trois ans.

Les projets de Mmes Turcotte et Stahl sont appuyés par le Conseil de recherches en sciences humaines, tandis que les travaux de M. Hooshiar sont financés par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie.

Pour Darian Stahl, étudiante au doctorat interdisciplinaire en lettres et sciences humaines, la bourse représente plus d’occasions de voyager pour effectuer ses recherches.

« La possibilité de visiter la Wellcome Collection à Londres ou l’exposition Ars Medica à Philadelphie et de voir l’art médical qu’on y trouve est extrêmement importante », explique-t-elle.

« Faire défiler des œuvres d’art sur un écran d’ordinateur a ses limites, et cette chance de les découvrir en personne aura un énorme impact sur mes travaux. »

Quand Amir Hooshiar a appris qu’il avait été retenu comme boursier Vanier, il a aussi compris que cet honneur s’accompagnait d’une grande responsabilité.

« Vous devez faire montre de compétences avancées en leadership dans vos recherches », souligne le doctorant au Département de génie mécanique, industriel et aérospatial.

« Je dois maintenant améliorer les objectifs que je m’étais déjà fixés afin d’élaborer un projet de recherche de plus haut calibre qui répond à cette attente. »


« Les jeunes ont tous une voix »

Après avoir travaillé pendant huit ans à la Nunavik Youth House Association (NYHA), Anne-Marie Turcotte a décidé de retourner à l’université faire une maîtrise et un doctorat.

Son expérience à la NYHA lui a d’ailleurs servi, puisqu’elle a axé ses recherches doctorales sur les préoccupations des jeunes vivant au Nunavik.

« Je souhaite vérifier dans quelle mesure les comportements destructifs révèlent la détresse des jeunes », précise-t-elle.
 

Anne-Marie Turcotte : « Les jeunes ont tous une voix » Anne-Marie Turcotte : « Les jeunes ont tous une voix. »


Son analyse se concentrera sur les jeunes qui brisent des fenêtres et sur la manière dont différentes personnes vivent ce comportement.

« Le fait que briser des fenêtres est considéré comme un jeu d’enfant est significatif, affirme-t-elle. Il me permet d’approfondir le sens de ce penchant destructeur en examinant les émotions que les jeunes ressentent lorsqu’ils posent ce geste. »

Mme Turcotte ajoute que la littérature abordant ce type de comportement mentionne des réactions courantes comme le soulagement, la satisfaction et le plaisir.

La chercheuse de Concordia envisage le projet comme le début d’une longue collaboration avec la NYHA, les maisons des jeunes et les jeunes Nunavimmiuts. Elle espère également que ses travaux auront des retombées positives sur les communautés avec lesquelles elle collabore et encourageront les jeunes à parler de leurs expériences et de leur vision du monde.

« Mener des recherches auprès des jeunes peut être très difficile, mais aussi gratifiant », affirme-t-elle.

« Les jeunes ont tous un point de vue et une voix. »


Un rôle pour l’art dans la médecine

Souvent la plus jeune conférencière lors de colloques médicaux, Darian Stahl s’attendait initialement à beaucoup de résistance de la part d’experts en santé avant de présenter ses œuvres d’art, qui combinent des images par résonance magnétique avec des scènes du quotidien.

En fait, sa tentative pour faire revenir l’art dans le domaine médical n’a suscité que de l’enthousiasme.

« Beaucoup de gens veulent exposer ces œuvres dans leurs écoles de médecine, ce qui est l’endroit idéal selon moi », affirme-t-elle.

En réinterprétant des images par résonance magnétique dans le contexte des beaux-arts, Mme Stahl entend montrer que les soins de santé peuvent être abordés sous de nombreux angles.

« Mon objectif à long terme est de créer plusieurs départements de sciences humaines médicales en Amérique du Nord », explique-t-elle.

Pour le moment, Darian Stahl est heureuse d’être à Concordia, car elle croit qu’elle ne pourrait mener ces recherches dans aucun autre établissement.

Elle est également reconnaissante à la galerie Alberta Printmakers d’avoir exposé ses œuvres à un public élargi.

« J’ai beaucoup aimé l’idée d’attirer un public non traditionnel, de rassembler graveurs, experts médicaux et visiteurs issus d’autres horizons dans un même espace afin de lancer une conversation », se souvient l’artiste.
 

Amir Hooshiar : « C’est un honneur pour moi d’être ici et de travailler avec cette équipe » Amir Hooshiar : « C’est un honneur pour moi d’être ici et de travailler avec cette équipe »


Des interventions chirurgicales assistées par robot plus sûres

Avant de devenir chercheur au Laboratoire de capteurs tactiles de Concordia, Amir Hooshiar a lu trois ouvrages rédigés par le professeur de génie Javad Dargahi et son équipe.

M. Hooshiar qualifie les publications du professeur Dargahi de « bibles » de la chirurgie robotique, et ces travaux l’ont incité à déménager à Montréal en 2015 afin de poursuivre ses études de doctorat à Concordia.

« C’est un honneur pour moi d’être ici et de travailler avec cette équipe », affirme-t-il.

Ses recherches examinent les moyens de rendre les interventions cardiovasculaires assistées par robot plus sûres. L’objectif premier est de créer un système de rétroaction haptique qui reproduit la sensation tactile qu’éprouvent les chirurgiens durant une opération classique.

« Les vibrations du cathéter qui se trouve à l’intérieur de la vasculature du patient se transmettent aux mains du chirurgien pendant qu’il effectue l’intervention », explique le scientifique.

« Or, on perd cette sensation en utilisant des robots-chirurgiens. C’est là que mes travaux entrent en jeu. »

Comme il n’existe actuellement aucune rétroaction haptique durant les opérations assistées par robot, ces interventions comportent un risque plus élevé de perforation des vaisseaux qui, dans certains cas, pourrait entraîner des complications mortelles.

Selon Amir Hooshiar, ses recherches visent à réduire ce risque, de même qu’à diminuer l’impact du temps d’exposition aux rayons X couramment utilisés dans les interventions cardiaques classiques.

« Il s’agit d’un marché émergent et l’industrie a besoin de cette technologie », conclut-il.


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