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Le Champ haptique de Christopher Salter : « comme vivre sur la lune »

Cet été, l’œuvre désorientante du professeur de Concordia sera présentée en Allemagne
27 juin 2017
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Par Renée Dunk

Christopher Salter: “La nouvelle technologie nous propose un angle différent sous lequel envisager la culture.” | Photo par Aina Wang, Chronus Art Centre Christopher Salter: “La nouvelle technologie nous propose un angle différent sous lequel envisager la culture.” | Photo par Aina Wang, Chronus Art Centre

Que se passe-t-il lorsqu’on passe de l’oculaire à l’haptique?

Grâce à une exposition qu’il a conçue, le titulaire de la chaire de recherche de l’Université Concordia sur les nouveaux médias et les sens, Christopher Salter, répond à cette question en plongeant les visiteurs dans une expérience physique immersive qui les obligent à aller au-delà d’une simple lecture visuelle.

Conçue par le Pr Salter, l’installation multisensorielle d’envergure intitulée Haptic Field (Champ haptique) sera exposée en juillet au Martin Gropius Bau, à Berlin, dans le cadre du Berliner Festspiele.

« L’expérience Haptic Field permet aux gens de voir, bien qu’ils soient privés de leurs yeux », explique le professeur de design et d’arts numériques.

« Nous comptons maintenant sur la technologie “intelligente” des dispositifs électroniques prêt-à-porter comme si elle avait toujours existé. Or, l’installation exploite cette technologie d’une façon visuelle, de manière à créer une expérience sensorielle. »

Le Pr Salter est directeur d’Hexagram Concordia et directeur adjoint de l’institut artistique, culturel et technologique Milieux. Dans l’installation Haptic Field, qui a déjà été présentée en Chine et en Autriche, les participants enfilent des casques et des costumes spéciaux munis de “vibropixels”. Ces petits actionneurs et capteurs portables génèrent des schémas lumineux et vibratoires prédéterminés.

Puis, les visiteurs se déplacent à l’intérieur d’une salle obscure où des illuminations et des sons chorégraphiés additionnels sont libérés.

« Comme si l’on existait dans un monde invisible en réalité »

Selon l’artiste-chercheur, l’expérience se compare à une vision nébuleuse où l’on est essentiellement guidé par des schémas vibratoires qui voyagent de haut en bas du costume, ainsi que par l’alternance de phases de lumière et d’obscurité dans l’installation environnante.

« Quand vous êtes désorienté sur le plan perceptif, vous devez faire appel à d’autres sens pour vous renseigner sur le monde qui vous entoure », ajoute-t-il.

« Parce que la profondeur du champ y est réduite, visiter Haptic Field donne l’impression d’explorer un paysage qui nous est complètement étranger; c’est comme si l’on existait dans un monde invisible en réalité. Des participants qui ont vécu l’expérience ont dit que c’était comme “vivre sur la lune” ».

Les « vibropixels » ont été mis au point par Ian Hattwick, doctorant à l’Université McGill, sous la supervision de Marcelo Wanderley (École de musique Schulich) et du Pr Salter. Ils permettent la création de phénomènes tactiles grande échelle partagés au sein d’un groupe de participants.

Quand un grand nombre de personnes éprouvent les mêmes sensations en même temps, elles peuvent également avoir l’impression de percevoir l’expérience tactile des autres. Le système peut donc être utilisé dans des activités de divertissement en direct, axées sur le lieu, ainsi que dans des jeux de société.

« On assiste à un certain changement de paradigme dans les arts des nouveaux médias, observe le Pr Salter. C’est intéressant de voir comment les artistes répondent à l’incertitude entourant les avancées technologiques. »

« La nouvelle technologie nous propose un angle différent sous lequel envisager la culture, où l’expérience – hautement personnelle – devient l’œuvre d’art. »

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