Faire sa place en aérospatiale : formation de terrain et stages d’été en entreprise

Les nouveaux programmes d’apprentissage en industrie de Concordia : un tremplin vers la réussite pour les étudiants en génie
17 juin 2016
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Par Fiona Downey

« Tous les jours, j’apprends quelque chose de nouveau et d’extraordinaire », affirme Snayha Patel, étudiante en génie industriel et stagiaire.  | Photos par Leslie Schachter « Tous les jours, j’apprends quelque chose de nouveau et d’extraordinaire », affirme Snayha Patel, étudiante en génie industriel et stagiaire. | Photos par Leslie Schachter


Quand Catharine Marsden est devenue titulaire principale de la nouvelle chaire de Concordia en génie de la conception aérospatiale (NCADE), l’automne dernier, elle s’est mise immédiatement à l’ouvrage. L’objectif premier de la chaire étant de favoriser la formation pratique grâce à un contenu fondé sur des projets, la mise sur pied d’un programme d’apprentissage en industrie figurait au sommet de la liste de ses tâches.

Les entreprises partenaires de la NCADE – Bombardier, Pratt & Whitney Canada, Bell Helicopter Textron, Siemens, Marinvent et Altair – ont rapidement confirmé leur participation au programme. Elles ont sélectionné comme apprentis des étudiants et étudiantes en génie de première année en vue de stages estivaux étalés sur quatre ans. Ainsi, les stagiaires auraient l’occasion de se familiariser avec divers aspects des opérations.

Les partenaires de Concordia peuvent témoigner de l’engagement de l’Université envers l’industrie, chacun ayant collaboré avec l’établissement dans le cadre de stages et de programmes d’enseignement coopératif. 

Mettre la main à la pâte

Au moment d’élaborer le programme d’apprentissage, la professeure Marsden a été motivée par le souvenir de sa première expérience pratique dans le secteur de la construction d’aéronefs.

« Comme j’étais technicienne de maintenance, j’ai pu travailler directement sur les systèmes d’aéronef et en saisir toute la complexité, relate-t-elle. Ainsi, je me suis profondément attachée au produit. »

« Quand on a annoncé, au début des années 1980, que Bell Helicopter Textron allait ouvrir une usine au Canada pour concevoir et construire des hélicoptères, j’ai su immédiatement que c’était un emploi pour moi. »

D’ici le 23 juin, les huit premiers étudiants et étudiantes en génie choisis dans le cadre de la nouvelle initiative d’apprentissage en industrie s’exerceront à manipuler des outils et des pièces d’aéronef durant un séminaire d’initiation intensif de huit semaines qu’ils ont surnommé « boot camp », ou formation de terrain.

L’Université Concordia a élaboré ce programme d’apprentissage expérientiel en collaboration avec l’École nationale d’aérotechnique (ÉNA), un campus du cégep Édouard-Montpetit situé à Saint-Hubert.

Les apprentis s’y familiarisent avec les groupes motopropulseurs, les systèmes d’aéronef, les structures, l’avionique et l’instrumentation. Du coup, ils élargissent leur compréhension de l’aérodynamique et des processus de construction. Les deux tiers des modules sont consacrés à des activités pratiques.
 

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Apprendre le métier

Ayant acquis une formation en beaux-arts avant d’entamer ses études en génie industriel, Snayha Patel apprécie le côté « tactile » de l’expérience pratique. « C’est fantastique, affirme-t-elle. Avant de commencer, je ne connaissais rien du domaine. Tous les jours, j’apprends quelque chose de nouveau et d’extraordinaire. » Mme Patel a été embauchée comme apprentie chez Siemens.

Étudiant en génie mécanique, Reuben Warnongbri accorde une grande importance aux liens étroits qu’il s’attend à tisser avec Pratt & Whitney Canada, autre société partenaire. « Pour moi, cette expérience s’apparente à un début de relation, explique-t-il. Vous jetez des bases : vous apprenez un métier, et vous l’apprenez en profondeur. »

Le 6 juin dernier, à l’occasion d’un événement informel à l’ÉNA, les apprentis ont renoué avec les entreprises aérospatiales où ils travailleront cet été. Au programme de l’activité figuraient une visite des installations ainsi qu’un survol des sujets abordés durant la formation de terrain.

Amir Asif, doyen de la Faculté de génie et d’informatique, a assisté à l’événement en compagnie de Robert Fews, conseiller spécial en aérospatiale auprès de l’Institut de conception et d’innovation aérospatiales de Concordia (ICIAC); de Yong Zeng, cotitulaire de la NCADE responsable des activités de recherche; et de la professeure Marsden. Le groupe a visité les divers ateliers et hangars et observé une large gamme d’avions et d’hélicoptères, désormais bien connus des apprentis.
 

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Une relation mutuellement avantageuse

Catharine Marsden est persuadée que les étudiantes et étudiants, tout comme les partenaires de l’industrie, sont conscients de la longueur d’avance que leur procurera ce nouveau programme d’apprentissage.

« Les étudiants qui s’intéressent à la conception aérospatiale et qui participent au programme acquièrent un immense avantage, fait-elle remarquer. L’expérience leur inculque une connaissance intime des produits, de l’industrie qui les conçoit et les construit, ainsi que de la communauté qui en assure l’exploitation et la maintenance. »

Dans une même optique, Phil Cole, vice-président au développement des affaires à Marinvent, connaît de première main la valeur que représentent les programmes d’apprentissage en industrie.

« Tout comme mon supérieur, j’ai suivi un programme semblable en Europe, mentionne M. Cole. Ces initiatives comportent un réel avantage. En effet, au lieu d’embaucher de nouveaux diplômés qui, par la suite, nécessiteront de cinq à dix ans de formation en entreprise, nous avons à notre disposition des étudiants immédiatement employables. »

 

Une alliance toute naturelle

Les responsables de l’ÉNA étaient heureux de faire équipe avec Concordia pour élaborer le séminaire d’initiation.

« Ce partenariat nous intéressait beaucoup, car nous possédons l’expertise pratique voulue pour enrichir le programme universitaire », commente Aude Clotteau, directrice de la formation continue et des services aux entreprises au cégep Édouard-Montpetit.

Selon Sylvain Lambert, directeur du collège, l’alliance entre les deux établissements d’enseignement postsecondaires est tout à fait naturelle. « Cette collaboration nous a permis de nous ouvrir aux particularités de l’enseignement en langue anglaise. Pour sa part, Concordia s’est donné une fenêtre sur les aspects techniques de l’industrie et un accès à des équipements de pointe, à des hangars et à divers types d’aéronefs. »

Le programme de formation pratique à l’ÉNA servira de modèle pour une version condensée qui sera offerte l’hiver prochain à la première cohorte d’étudiants inscrits au nouveau programme de baccalauréat en génie aérospatial.

En raison de la nature interdisciplinaire du génie de la conception aérospatiale, les programmes d’apprentissage sont ouverts à tous les étudiants et étudiantes en génie de Concordia, sans égard à leur champ de spécialisation.


Apprenez-en plus sur le nouveau programme de baccalauréat en génie aérospatial.

 



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