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« Soyez toujours optimiste, quelles que soient vos limites »

Chanteur de gospel et fondateur d’une chorale, Paul Tshuma obtient son diplôme de Concordia et décroche la médaille O’Brien
30 mai 2016
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Par J. Latimer

« Je veux raconter mon histoire par la musique », dit Paul Tshuma, lauréat 2016 de la médaille O’Brien. » « Je veux raconter mon histoire par la musique », dit Paul Tshuma, lauréat 2016 de la médaille O’Brien.


Finissant à Concordia, Paul Tshuma puise l’essentiel de son inspiration musicale chez Stevie Wonder, Lionel Richie et Bobby McFerrin. Leurs chansons figurent sur son téléphone intelligent, et « You are the sunshine of my life » y tourne à répétition.

« Stevie Wonder est mon modèle, car il ne laisse pas son handicap le limiter », affirme l’étudiant de 37 ans, qui a reçu un diagnostic de dystrophie musculaire dès sa naissance.

Or, Paul Tshuma fait lui-même beaucoup honneur à son idole.

En effet, en juin, le chanteur de gospel se verra remettre non seulement un B.A. en musique de Concordia, mais également la médaille O’Brien.

Ce prix établi en l’honneur de J.W. O’Brien est décerné lors de la collation des grades à un étudiant du premier cycle dont les efforts et la volonté reflètent les valeurs de l’Université au sein de la communauté élargie.
 

Un chef de chorale compatissant

Bien qu’il lui soit difficile de circuler en ville, car il doit réserver ses déplacements en transport adapté, Paul Tshuma a cofondé le United Tribulation Choir en 2007 avec son frère cadet Gift.

« Le chœur comprend maintenant 30 membres – y compris les musiciens –, et nous répétons chaque jeudi soir, explique-t-il. Nous interprétons des chants gospel, rhythm and blues et africains ainsi qu’un peu de rock and roll et de jazz. »

Directrice des cuivres de la chorale et étudiante en jazz à Concordia, Katherine Paradis admire Paul Tshuma pour son dynamisme.

« Il est vraiment humain et décontracté, mais lorsqu’il dirige une répétition, il est très concentré. Son frère Gift tient aussi parfois la baguette. Tous deux sont très dévoués », commente cette joueuse de saxophone qui obtiendra son diplôme en décembre.

Le 5 mars dernier, le United Tribulation Choir a lancé son premier album, Seasons Change, à la salle de concert Oscar-Peterson.
 

Se raconter en chanson

Paul Tshuma a commencé à chanter à l’âge de trois ans. Tous deux nés au Zimbabwe et atteints de dystrophie musculaire congénitale, son frère Paul et lui ont déménagé à Montréal avec leur mère lorsque Paul avait 19 ans.

« Je me suis aperçu que beaucoup de gens sont déprimés, alors j’ai eu envie de raconter ma vie à travers la musique, se souvient-il. Mon histoire montre qu’on peut demeurer optimiste, quelles que soient ses limites. Le cerveau est plus puissant que le corps. »

C’est Gari Schwartz, professeur à temps partiel au Département de musique, qui a donné à Paul Tshuma son premier cours dans cette discipline à l’Université Concordia. Il s’agissait d’un cours optionnel offert au campus Loyola intitulé Music for Non-musicians (« musique pour les non-musiciens »). Plus tard, l’étudiant s’initiera également avec le Pr Schwartz à l’improvisation et à l’interprétation.

Selon Gari Schwartz, Paul Tshuma a fait preuve d’un engagement exemplaire envers ses études en musique. « Il est très responsable. Il connaît toujours les airs à répéter et assiste invariablement aux concerts – en dépit de ses problèmes de mobilité. »

Le Pr Schwartz n’est pas surpris que son ancien étudiant ait obtenu l’une des reconnaissances les plus prestigieuses décernées lors de la collation des grades.

« Paul évite les situations où l’on tente de lui simplifier les choses. Il n’utilise jamais sa dystrophie musculaire comme prétexte pour fuir ses responsabilités. Sa présence est très inspirante. »

Pour sa part, Paul Tshuma apprécie l’esprit communautaire qui anime l’Université Concordia, où il se sent toujours inclus.

« Beaucoup de services sont offerts sur les campus et faciles à obtenir pour les étudiants en situation de handicap. J’en utilise plusieurs, comme la prise de notes, les livres numériques et les aidants. Le Département de musique est aussi toujours prêt à aider, peu importe comment. Je suis considéré comme une personne, pas comme un numéro. »

Les personnes atteintes de dystrophie musculaire doivent faire travailler leurs poumons. C’est d’ailleurs un autre facteur qui motive Paul à poursuivre sa passion, quelle que soit la suite de son parcours.

« Le chant m’a permis de rester très fort, conclut-il. Si je ne trouve pas de travail à temps plein dans mon domaine tout de suite, aucun problème – je m’occuperai en faisant de la musique. »


Étudiant en musique et fondateur d’une chorale, Paul Tshuma se verra décerner la médaille O’Brien lors de la cérémonie de collation des grades 2016 de Concordia qui aura lieu le mercredi 8 juin à 19 h 30 à la Place des Arts.

 



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