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Communiqué de presse

Les arts d’interprétation campent le décor pour un meilleur développement des voies cérébrales

Une recherche de Concordia met en lumière les effets cognitifs favorables, mais différents, de la formation à la danse et à la musique

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Montréal, le 5 octobre 2016 — D’interminables heures passées à la barre. De longs après-midi à faire des gammes. Tout ce temps consacré aux leçons de piano et au cours de danse durant votre jeunesse a pu vous paraître d’un ennui mortel. Or, une nouvelle recherche vient confirmer ce que vos parents vous répétaient sûrement à l’époque : c’est bon pour le corps et l’esprit.

En effet, une récente étude menée par une équipe* de chercheurs du Laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son, dont le compte rendu a été publié dans la revue NeuroImage, prouve que l’entraînement à la danse et la formation musicale exercent tous deux sur le cerveau des effets encore plus importants que ce qu’on avait cru auparavant – mais de façon nettement différente.

Faisant appel à des techniques d’imagerie ultramodernes, les chercheurs ont comparé les effets d’une formation à la danse, d’une part, et à la musique, d’autre part, sur la structure de la substance blanche du cerveau chez des experts rompus à ces deux disciplines. Puis, ils ont examiné la relation entre les changements cérébraux induits par l’entraînement et les aptitudes à la danse et à la musique.

Doctorante à l’Université Concordia et auteure principale de l’étude, Chiara Giacosa explique : « Nous avons observé, entre danseurs et musiciens, des variations dans de nombreuses parties de la substance blanche, y compris les voies sensorielles et motrices, et ce, tant à la base qu’à un niveau de traitement cognitif plus élevé. »

Plus particulièrement, les danseurs montraient des connexions plus larges des faisceaux de fibres nerveuses reliant entre elles les zones sensorielles et motrices, de même que des faisceaux de fibres plus larges reliant les deux hémisphères du cerveau – dans les régions qui traitent l’information sensorielle et motrice. En revanche, les musiciens montraient des faisceaux de fibres plus forts et plus cohérents aux mêmes endroits.

« Ces résultats donnent à penser que l’entraînement à la danse et la formation musicale influent sur le cerveau de manière opposée, poursuit la chercheuse. De fait, on constate une augmentation de la connectivité globale et du croisement des fibres chez les danseurs, alors qu’on observe un renforcement de voies spécifiques chez les musiciens. C’est tout à fait logique, puisque les danseurs sollicitent leur corps tout entier, lequel a une représentation plus large au niveau du cortex cérébral, alors que les musiciens font plutôt appel à des parties précises de leur corps, comme les mains, les doigts ou la bouche, dont la représentation corticale est plus restreinte. »

Des recherches aux retombées potentielles importantes

Fait intéressant, danseurs et musiciens présentaient de plus grandes différences entre eux que par rapport aux sujets du groupe témoin, lesquels n’avaient reçu aucune formation structurée et approfondie dans l’une ou l’autre de ces disciplines.

Selon Chiara Giacosa, cette observation tient au fait que différentes variables non mesurables avaient influé de diverses façons sur les sujets témoins, les rendant ainsi plus semblables à un groupe ou à l’autre. En revanche, les danseurs et les musiciens avaient été spécialement sélectionnés dans le but de constituer des échantillons purs d’experts dans leur discipline, les rendant ainsi plus faciles à distinguer.

Professeure et directrice du Département de psychologie de l’Université Concordia, Virginia Penhune est auteure en chef de l’étude. Elle souligne que cette recherche vient approfondir les connaissances actuelles sur l’établissement en réseau des régions du cerveau et les changements qui s’opèrent sur ces structures au cours de l’entraînement.

« Ces travaux pourraient avoir d’importantes retombées dans les domaines de l’éducation et de la réadaptation, affirme la Pre Penhune. En comprenant mieux comment l’entraînement à la danse et la formation musicale influent différemment sur les réseaux cérébraux, nous pourrons aborder ceux-ci de manière sélective pour en améliorer le fonctionnement ou encore, pallier des difficultés et des maladies qui touchent ces structures précises du cerveau. »

Certaines études ont déjà révélé dans quelle mesure la formation musicale à un jeune âge peut améliorer diverses capacités cognitives. Toutefois, on n’a pas encore mené de travaux sur la danse dans des contextes similaires.

« Des études récentes sur le recours à la thérapie par la danse et à la musicothérapie chez des personnes atteintes de la maladie de Parkinson et des enfants ayant un trouble du spectre de l’autisme, respectivement, ont montré des résultats prometteurs, ajoute Virginia Penhune. En ce qui concerne ces deux maladies et d’autres troubles, le potentiel thérapeutique reste énorme. »

* Partenaires de recherche : Les coauteurs de cette étude – Chiara Giacosa, Falisha J. Karpati, Nicholas E.V. Foster et Virginia Penhune, ainsi que Krista L. Hyde, chercheuse principale – sont tous membres du Laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son. M. Foster et Mme Hyde font en outre partie de la Faculté de médecine de l’Université McGill. Mmes Karpati et Hyde sont également affiliées au Département de psychologie de l’Université de Montréal. Cette étude a été financée en partie par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.

 


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