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Communiqué de presse

Même réduites à un petit nombre d’individus, certaines espèces s’adaptent aux modifications environnementales

La diversité génétique peut favoriser cette évolution, indique une nouvelle étude de l’Université Concordia

Montréal, le 17 août 2016 — À l’heure actuelle, on compte 16 938 espèces menacées à l’échelle de la planète. Du rhinocéros blanc à la baleine bleue, les populations d’une foule d’animaux s’amenuisent en raison du braconnage, de la destruction des habitats et des changements climatiques. Si la situation peut sembler catastrophique, de nouvelles recherches donnent à penser que tout espoir n’est pas perdu.

Une récente étude dont le compte rendu a été publié dans la revue Evolutionary Applications par un groupe de biologistes de l’Université Concordia montre que les petites populations d’espèces peuvent encore évoluer et s’adapter par sélection naturelle.

« Selon nos résultats, même si un animal ou une plante se retrouve en petit nombre et au bord de l’extinction, cela ne signifie pas nécessairement la fin de l’espèce. Celle-ci peut encore posséder suffisamment de diversité génétique pour que la sélection naturelle lui permette de réagir aux conditions changeantes et de prospérer de nouveau, » affirme Dylan Fraser, professeur de biologie et coauteur de l’étude.

« Je n’irais toutefois pas jusqu’à dire que nous pouvons décimer toutes les espèces, prévient-il. Il existe toujours un certain nombre de préoccupations. Cependant, d’un point de vue génétique, une faible population n’est peut-être pas un facteur aussi alarmant que nous le croyions auparavant. »

Pour mener à bien leurs travaux, Dylan Fraser et ses collaborateurs – Jacquelyn Wood, auteure principale, titulaire depuis peu d’un doctorat de Concordia et maintenant employée du ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario; et Matthew Yates, doctorant – ont passé au peigne fin une série d’études empiriques réalisées entre 1980 et 2014. Ainsi, pour 146 groupes de populations distincts de 83 espèces allant de plantes simples à de gros mammifères, les chercheurs ont généré une vaste base de données. Celle-ci leur a servi à cartographier les degrés de sélection naturelle et de diversité génétique observés pour les traits nécessaires à l’adaptation aux changements environnementaux.

« Or, nous n’avons décelé aucun écart net des degrés de variation génétique ou de sélection naturelle sur un large éventail de tailles de population en milieu naturel, soutient le Pr Fraser. Ces résultats sont dignes d’intérêt étant donné le volume important de données recueillies et le peu de recherche réalisée de façon générale sur les phénomènes de sélection observés par rapport à la taille des populations d’espèces sauvages. »

« Nos conclusions viennent réfuter l’hypothèse généralement acceptée d’une faible variation génétique au sein des populations de petite taille. En effet, notre analyse n’a révélé aucun effet significatif de la taille des populations sur la variation génétique. »

Ces résultats auront d’importantes répercussions sur les efforts de conservation, car la trajectoire d’évolution de certaines petites populations semble très influencée par la sélection naturelle. Ainsi, de petites et de grandes populations de la même espèce peuvent présenter un degré de variation leur permettant de s’adapter en diverses circonstances. Par ailleurs, chez certaines espèces, la taille minimale d’une population viable pourrait ne pas être aussi grande qu’on le croyait autrefois.

Bien que cette découverte soit porteuse d’espoir, Dylan Fraser demeure prudent.

« Nos résultats ne veulent pas dire que toutes les espèces sont robustes et peuvent soutenir l’épuisement. Ils révèlent seulement l’existence dans la nature de situations qui permettent à de petites populations de s’adapter aux changements environnementaux. L’identification éventuelle des espèces – voire des populations précises – aptes à s’épanouir malgré un faible nombre d’individus nous aidera à améliorer les efforts de conservation. »

Partenaire de recherche : Cette étude a été financée en partie par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.


Source

Fiona Downey
Fiona Downey
Public Affairs
514-848-2424, ext. 2518
Fiona.Downey@concordia.ca
@fiodow



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