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Communiqué de presse

Un portail pour contenir le discours haineux et prévenir la radicalisation

Des chercheurs de l’Université Concordia lancent un portail pédagogique pour contrer la présence accrue de propos haineux sur le Web et la violence qui en découle

“If we can sensitize the broad public to hate speech’s dangerous effects using the power of democratic online spaces, we can make a positive impact on society,” says Vivek Venkatesh. “If we can sensitize the broad public to hate speech’s dangerous effects using the power of democratic online spaces, we can make a positive impact on society,” says Vivek Venkatesh.

Montréal, le 11 mai 2016 – Depuis que Donald Trump est le candidat présumé des républicains dans la course à la présidence des États-Unis, la cyberhaine occupe l’esprit de nombreux Américains.

Durant sa campagne, Donald Trump a déclaré que les immigrants mexicains « apportent de la drogue. Ils amènent le crime. Ils sont des violeurs. » Cela constitue-t-il un discours haineux?

Le discours haineux désigne tout propos, geste, comportement, écrit ou affichage susceptible d’inciter à déprécier ou à intimider une personne ou un groupe, ou encore à faire preuve de violence à son égard. Or, cette tendance se propage sur Internet.

C’est pourquoi des chercheurs de l’Université Concordia, à Montréal, ont lancé l’initiative SOMEONE (SOcial Media EducatiON Every day, « éducation quotidienne sur les médias sociaux ») afin de réfréner le discours haineux. Ce projet permet de sensibiliser les jeunes, les éducateurs et le grand public sur les diverses expressions qu’adopte la cyberhaine. L’objectif est d’accroître la résilience face au discours haineux et à la radicalisation en recourant à la sociopédagogie. Cette méthode encourage la réflexion quant à l’utilisation inclusive des médias mobiles et numériques pour créer des cyberespaces démocratiques. 

Vivek Venkatesh | Photo by Thomas Mazerolles Vivek Venkatesh | Photo by Thomas Mazerolles

Sous la direction de Vivek Venkatesh, professeur agrégé au Département des sciences de l’éducation, SOMEONE réunit divers partenaires* nord-américains dans le but d’offrir un portail Web innovant aux personnes œuvrant en faveur du multiculturalisme, de la non-violence, de la résilience et de la prévention de l’extrémisme. Le portail propose une foule d’outils pédagogiques et multimédias destinés à dénoncer l’utilisation d’Internet par les groupes haineux pour diffuser des messages de radicalisation et encourager l’extrémisme violent.

Par ailleurs, le site fournit des conseils et des méthodes pour gérer l’utilisation des médias sociaux chez les enfants, lutter contre la discrimination au quotidien et reconnaître les déclencheurs de propos haineux.

Son contenu animé montre aux enseignants et aux leaders communautaires à recourir aux médias sociaux pour accroître la résilience des étudiants face aux propos extrémistes. Enfin, il comporte des vidéos de tables rondes tenues en Europe et en Amérique du Nord, ainsi que des témoignages de discrimination.

Le professeur Venkatesh s’est bien préparé pour diriger son équipe multidisciplinaire.

Ainsi, dans le cadre de ses recherches, il a suivi des blogues et des forums liés à la suprématie blanche; il a constaté leur influence sur l’adhésion des participants à l’idéologie xénophobe. Il a également observé la hausse des propos racistes sur les médias sociaux, consignant les signaux à l’origine des mots-clics haineux.

« Mes travaux sur la musique métal examinaient comment les gens du spectacle luttent contre les stéréotypes et redéfinissent leur identité dans une société postmoderne. En outre, les artistes du métal extrême se sont adaptés à certains phénomènes comme le maintien de l’authenticité musicale, l’estompement de la frontière artiste-public ainsi que l’impact de l’activisme de justice sociale sur la scène élargie », explique-t-il.

« L’initiative SOMEONE constitue pour moi une plateforme idéale pour explorer le rôle positif et proactif de musiciens de métal extrême qui ont affronté la discrimination de manière réfléchie et critique. »

Le professeur Venkatesh et ses collègues souhaitent cultiver un sentiment d’appartenance au moyen de méthodes d’apprentissage par les arts – notamment en faisant appel à la musique, au théâtre, à la poésie, à l’art dramatique, à la cinématographie et aux bandes dessinées. Ils visent ainsi à consigner des témoignages personnels de membres de la communauté face à la discrimination.

L’initiative a déjà suscité l’attention internationale, puisque M. Venkatesh a présenté le projet lors de conférences en Scandinavie ainsi qu’au Conseil de l’Europe.

L’équipe de SOMEONE est maintenant impatiente de renforcer sa capacité locale et nationale, tout en participant à des conversations à l’échelle mondiale comme le prochain Global Media Forum. Le professeur Venkatesh y donnera une conférence avec des collègues de l’Institut montréalais d’études sur le génocide et les droits de la personne à propos de l’équilibre fragile entre liberté d’expression et discours haineux.

Même si l’initiative SOMEONE ne peut empêcher Donald Trump de fulminer contre les musulmans et les Mexicains, Vivek Venkatesh espère qu’elle sensibilisera la prochaine génération de citoyens sur la nature insidieuse du discours haineux.

« Il nous faut aider les communautés de la planète à aborder les propos haineux non seulement d’un point de vue préventif, mais aussi sous un angle pédagogique. Si nous les conscientisons aux dangers de tels discours, alors nous aurons un impact positif sur la société », conclut-il.

L’initiative SOMEONE sera officiellement lancée le 16 mai 2016, à midi, à la salle FB804 de l’Institut montréalais d’études sur le génocide et les droits de la personne (1250, rue Guy). Pour assister au lancement, veuillez écrire à migs@concordia.ca.


*Partenaires de recherche : Le portail Web SOMEONE a bénéficié d’une subvention de 187 340 $ accordée au professeur Venkatesh et à son équipe dans le cadre du projet Kanishka. Cette initiative de Sécurité publique Canada appuie la lutte contre le terrorisme et les études sur l’extrémisme violent. M. Venkatesh a également reçu une subvention de 311 590 $ du Conseil de recherches sur les sciences humaines afin de promouvoir les compétences informationnelles et la réflexion critique dans les milieux scolaires.

Organismes collaborateurs : Solidarité Mercier-Est; Sécurité publique Canada; Gendarmerie royale du Canada; Immigration et citoyenneté Canada; et Institut montréalais d’études sur le génocide et les droits de la personne de Concordia.

Cochercheurs principaux de l’initiative SOMEONE : Tieja Thomas, diplômée de Concordia (Ph. D. 2015), actuellement au service du Conference Board du Canada; Jihan Rabah, doctorante au Département des sciences de l’éducation de Concordia; et Robert McGray, professeur adjoint à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Brock.

Chercheurs présentés sur le portail : Sarmista Das et Nicole Fournier-Sylvester, du Collège Champlain; Adeela Arshad-Ayaz, Ayaz Naseem, Sandra Chang-Kredl, Michelle Savard et Stephanie Kozak, du Département des sciences de l’éducation de Concordia; Juan Carlos Castro, Ehsan Akbari et Martin Lalonde, du Département d’éducation artistique de Concordia; Jason Wallin et Jessie L. Beier, de l’Université de l’Alberta; et Jeffrey Podoshen, du Franklin & Marshall College, en Pennsylvanie (États-Unis). 


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