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Communiqué de presse

Les animaux non indigènes de Terre-Neuve : des effets tant positifs que négatifs sur la chaîne alimentaire

Un étudiant à la maîtrise de l’Université Concordia examine l’impact de mammifères envahissants sur la faune terre-neuvienne

Justin Strong in the field, undertaking new research into reindeer behaviour. Justin Strong in the field, undertaking new research into reindeer behaviour. | Photo courtesy of Justin Strong

Montréal, le 22 avril 2015 — Ce ne sont pas que les gens qui confèrent à Terre‑Neuve son caractère unique; ce sont aussi les animaux, et ce, tant les espèces natives que celles qui viennent d’ailleurs.

En fait, la province la plus à l’est du Canada compte autant de mammifères terrestres exotiques qu’indigènes. Toutefois, selon une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université Concordia et de l’Université Memorial de Terre‑Neuve, cette diversité des espèces pourrait induire un effet négatif sur le réseau alimentaire de l’île.

Dans un compte rendu publié par PLOS ONE, Justin Strong, étudiant à la maîtrise à Concordia, et Shawn Leroux, professeur à l’Université Memorial, ont fait état des effets exercés par les mammifères non indigènes, tels le coyote et l’orignal, sur l’écosystème. Leurs résultats montrent que l’introduction d’espèces étrangères a entraîné une augmentation de la proportion de proies par prédateur dans le réseau alimentaire terre-neuvien.

« Cela signifie que les prédateurs comme le coyote – animal souvent considéré mal venu sur l’île, et dont la présence suscite la controverse – ont une multitude de proies à leur disposition, indique M. Strong. Ainsi, il pourrait en résulter une augmentation du nombre de prédateurs et une diminution des espèces‑proies. »

Le réseau alimentaire : un tissage complexe

Pour rédiger leur article, les chercheurs ont passé en revue des études réalisées antérieurement et ont relevé le moment d’introduction des diverses espèces animales, ainsi que leur rang dans la chaîne alimentaire. L’objectif était d’établir un premier schéma du réseau alimentaire propre aux mammifères terrestres de l’île de Terre‑Neuve. Leurs travaux révèlent à quel point les espèces présentes sont interreliées. 

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Avec le temps, la fraction des herbivores et des insectivores – dites « espèces intermédiaires » – s’est accrue à la suite de l’introduction de mammifères non indigènes. Du même coup, la fraction des espèces situées au sommet et au bas de la chaîne alimentaire a décliné.

« L’accroissement de la proportion d’espèces intermédiaires causée par l’arrivée d’animaux exotiques a entraîné une hausse globale du rapport proies‑prédateurs », explique le Pr Leroux.

Des effets négatifs, mais aussi positifs

MM. Leroux et Strong croient que la diversité des proies et des sources de charogne résultant de l’augmentation des espèces intermédiaires peut avoir facilité l’établissement sur l’île de prédateurs tels les coyotes, souvent considérés comme des animaux nuisibles.

Toutefois, cette présence animale exotique a aussi eu des retombées favorables pour les espèces natives de Terre-Neuve comme la martre d’Amérique, prédateur rappelant le renard. Il existe des preuves que l’introduction d’espèces‑proies étrangères, telles que le campagnol de Gapper, a contribué au rétablissement de la martre, autrefois menacée. Ce sont de bonnes nouvelles pour les Terre-Neuviens soucieux de sauver de l’extinction les mammifères indigènes de leur île. 

« Tout au long de l’histoire, le taux d’invasions biologiques a augmenté de pair avec l’empreinte écologique des êtres humains », mentionne M. Strong, qui effectue sa maîtrise sous la direction de Robert Weladji, professeur de biologie à Concordia. « À Terre‑Neuve, le début du phénomène remonte à la fin du XVe siècle, avec l’introduction de la souris domestique. »

Que réserve l’avenir aux animaux natifs de Terre-Neuve? « Une surveillance continue du réseau alimentaire est nécessaire pour comprendre et prévoir l’impact des diverses interactions appelées à se manifester au sein du réseau alimentaire des mammifères terre-neuviens », conclut M. Strong, qui entend avoir à l’œil la situation tandis qu’il poursuit ses recherches à Concordia.

Partenaires de recherche : Cette étude a bénéficié de l’appui financier du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada. 


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