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Communiqué de presse

Le célibataire d’hier à aujourd’hui

Le livre d’un chercheur de l’Université Concordia jette une nouvelle lumière sur un vieux stéréotype

Montréal, le 9 septembre 2014 – Pour l’homme contemporain, être célibataire sonne sexy et rime avec virilité, accomplissement et magnétisme. Ce n’était pas le cas au tournant du XXe siècle.

Potvin-Cover Bachelors of a Different Sort (Manchester UP)

C’est du reste ce qu’avance John Potvin, professeur en histoire de l’art à l’Université Concordia, dans son nouveau livre intituléBachelors of a Different Sort. Il y explique que la société était autrefois ambivalente, mal à l’aise, voire parfois hostile envers les célibataires. Cette opinion touchait notamment les « célibataires d’un autre type » – les allosexuels.

« À l’époque, le célibat engendrait le mépris et la méfiance. Ce statut était considéré comme un refus volontaire des idéaux de tradition patriarcale, qui prônaient le maintien de la lignée pour assurer stabilité familiale, économique et politique, explique M. Potvin. Les allosexuels se voyaient attribuer sept péchés capitaux modernes : homosexualité, idolâtrie, ascétisme – ou autodiscipline sévère −, décadence, décoration, glamour et artifice. »

Bachelors of a Different Sort jette la lumière sur le célibat au tournant du siècle dernier par l’intermédiaire d’études de cas sur la vie privée et le foyer de plusieurs célibataires homosexuels importants d’Angleterre. Le professeur Potvin explore ainsi un aspect largement méconnu de l’homosexualité : le recours à la décoration d’intérieur pour se détacher des contraintes étouffantes imposées par un patriarcat hétérosexuel omniprésent.

L’ouvrage s’amorce avec la « Criminal Law Amendment Act » (loi amendant la législation criminelle) de 1885, plus communément appelée amendement Labouchère. Cette loi décrétait que la « grossière indécence » (soit l’homosexualité) constituait un crime punissable d’emprisonnement − ce qu’a d’ailleurs subi, on s’en rappelle, Oscar Wilde.

Aujourd’hui encore, ce type d’idées subsiste : pensez seulement au climat anti‑gai qui sévit actuellement en Russie et en Ouganda. « Lorsqu’on applique des lois qui fixent et limitent la définition de l’amour, du sexe, de la visibilité publique et de l’espace privé, la relation avec le foyer devient différente et unique. Souvent, on ressent alors le besoin de réagir, même si c’est seulement par la décoration d’intérieur », poursuit le professeur Potvin, qui est aussi directeur du programme de doctorat en lettres et sciences humaines offert par le Centre d’études interdisciplinaires sur la société et la culture de Concordia.

En examinant l’intérieur du foyer de personnalités comme Oscar Wilde, Noël Coward et Cecil Beaton, John Potvin montre comment les allosexuels ont exprimé, à leur manière, les notions de sécurité, de confort et de productivité au sein du sanctuaire intime que représentent la terre et le foyer.

De nos jours, bien que la situation des célibataires soit meilleure, l’auteur tient à souligner que « même en cette période de soi-disant tolérance, il est terriblement aisé de penser qu’être allosexuel est facile. Nous sommes constamment appelés à négocier notre place dans la société, souvent sur fond de franche hostilité. »

En étudiant le quotidien de célibataires d’un autre type, John Potvin permet de réfléchir aux comportements trop confiants de notre société moderne face à l’homosexualité. 

Partenaire de recherche : Bachelors of a Different Sort a bénéficié de subventions du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.


Personnes-ressources

Cléa Desjardins
Conseillère principale en relations médias
Université Concordia
514 848-2424, poste 5068
clea.desjardins@concordia.ca
@CleaDesjardins



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