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Communiqué de presse

Les optimistes régulent mieux le stress


Des chercheurs de l’Université Concordia précisent le lien entre l’optimisme et le cortisol – ou « hormone de stress »

Montréal, le 23 juillet 2013 – Il n’est pas étonnant de constater que ceux qui ont tendance à remarquer la floraison des roses avant leurs épines gèrent mieux le stress. Jusqu’à ce jour, la science n’avait toutefois pas réussi à établir un lien concluant entre l’optimisme et la réponse biologique au stress.

De nouvelles recherches menées par le Département de psychologie de l’Université Concordia permettent maintenant de mieux comprendre la façon dont optimistes et pessimistes gèrent respectivement le stress, en établissant non pas une comparaison entre eux, mais une comparaison avec eux-mêmes. Les résultats révèlent effectivement que l’« hormone de stress », ou cortisol, a tendance à demeurer plus stable chez ceux qui sont dotés d’une personnalité plus positive.

Carsten Wrosch, psychology professor and member of the Centre for Research on Human Development (left), and PhD candidate Joelle Jobin coauthored the study on stress and optimism | Photo by Concordia University
Les chercheurs Carsten Wrosch et Joelle Jobin | Photo par l'Université Concordia 

L’étude, qui a récemment fait l’objet d’une publication dans la revue Health Psychology de l’American Psychological Association, portait sur le suivi de 135 adultes âgés de 60 ans et plus chez qui des échantillons de salive ont été recueillis cinq fois par jour pendant six ans afin de surveiller leur taux de cortisol. Ce groupe a été choisi en raison des facteurs de stress liés à l’âge, facteurs avec lesquels les participants doivent fréquemment composer. Il a d’ailleurs été établi que leur taux de cortisol augmentait.

Les participants devaient déclarer le niveau de stress qu’ils ressentaient dans le cadre de leurs activités quotidiennes, et s’identifier sur un continuum à titre d’optimistes ou de pessimistes. Les niveaux de stress de chaque personne étaient ensuite comparés au taux moyen de cette même personne. La comparaison entre les niveaux de stress d’une personne et sa moyenne a permis de brosser un portrait réel de la gestion du stress puisque chacun peut s’habituer au niveau de stress courant qu’il ressent au quotidien.

Selon Joëlle Jobin, doctorante en psychologie clinique et coréalisatrice de l’étude avec Carsten Wrosch (son superviseur) et Michael Scheier de l’Université Carnegie Mellon, « certaines personnes trouvent très stressant de faire l’épicerie le samedi matin; c’est pourquoi nous avons demandé aux participants d’indiquer combien de fois par jour ils se sentaient stressés ou dépassés par les événements. Nous avons ensuite comparé les résultats à leurs moyennes personnelles, puis analysé leurs réponses en examinant les niveaux de stress sur de nombreux jours. »

Elle souligne également que les pessimistes ont eu tendance à afficher un niveau de stress de référence plus élevé que les optimistes et qu’ils ont éprouvé de la difficulté à réguler leur système lors de situations particulièrement stressantes. « Les réponses au stress des pessimistes étaient très fortes les jours où ils ressentaient un niveau de stress plus élevé que la moyenne, et ces derniers montraient de la difficulté à faire diminuer leur taux de cortisol. À l’inverse, les optimistes semblaient protégés lors de telles situations », ajoute la chercheuse, Joëlle Jobin.

Globalement, l’étude a permis de confirmer les hypothèses des chercheurs en ce qui concerne la relation entre l’optimisme et le stress. Résultat étonnant toutefois, ce sont les optimistes qui, menant généralement une vie plus stressante, sécrétaient des taux de cortisol plus élevés que prévu peu après leur réveil (pics de cortisol après le réveil, suivi d’un abaissement de taux tout au long de la journée). D’après la chercheuse, le phénomène s’explique de plusieurs façons. Elle souligne que le résultat renvoie à la difficulté de déterminer si ces hormones complexes sont favorables ou défavorables à l’organisme. « Le problème part du fait qu’on désigne le cortisol sous le nom d’« hormone du stress ». Or il s’agit également de l’hormone qui nous fait lever et bouger. Il se peut donc qu’on en sécrète davantage si on s’investit davantage dans ce qui se passe autour de nous. »

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