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Un diplômé en journalisme de l’Université Concordia récompensé pour ses recherches sur les journalistes s’exprimant avec un accent dans les médias francophones

« Les linguistes considèrent depuis longtemps les journalistes comme les principaux producteurs et diffuseurs de la langue standard au sein de la société », note Clément Lechat
29 mai 2026
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Clément Lechat (GrDip 23, MA 25) reçoit le Prix Acfas Relève - Congrès 2026 dans la catégorie des sciences sociales. Photo : Isabelle Cardinal

Comment exerce-t-on le métier de journaliste dans les médias francophones lorsqu’on parle « avec » un accent? 

C’est cette question qui a guidé les travaux de recherche de Clément Lechat (Dipl. 2e cycle 2023, M.A. 2025) au cours des deux dernières années et qui lui a valu le prix Acfas Relève – Congrès 2026 dans la catégorie des sciences sociales.

Décernée par l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (Acfas) et parrainée par le ministère de la Langue française du Québec, cette distinction met en valeur la pluralité des parcours en recherche de cinq membres de la relève étudiante, dans plusieurs champs disciplinaires.

Outre les sciences sociales, ce prix souligne l’excellence en recherche dans les domaines des sciences de la santé, du génie et des mathématiques, ainsi que dans ceux des arts, des lettres et sciences humaines et de l’éducation.

Clément Lechat se dit fier que son prix dans la catégorie des sciences sociales mette en valeur les études en journalisme.

« C’est pour moi un honneur que ce prix soit parrainé par le ministère de la Langue française du Québec, car mes recherches abordent directement des questions liées à la diversité linguistique au sein de la francophonie et de ses sphères médiatiques. »

« Le journalisme est souvent associé à des fonctions exercées devant public et à des performances professionnelles, mais les journalistes sont aussi des personnes qui ont leur propre histoire, leurs aspirations et leurs doutes, lesquels sont intimement liés à leur carrière. »

Photo : Isabelle Cardinal

Les journalistes sont depuis longtemps considérés comme les communicateurs par excellence

Dans le cadre de ses recherches, Clément Lechat s’est intéressé aux expériences vécues par des journalistes œuvrant dans les médias francophones du Québec et du Canada qui se perçoivent eux-mêmes, ou sont perçus par les autres, comme « ayant un accent ».

Il a mené des entrevues virtuelles approfondies avec douze journalistes d’horizons linguistiques, culturels et géographiques variés, et a examiné comment ils évoluent au sein d’une profession où la langue est sous haute surveillance et constitue le fondement même de leur légitimité et de leur identité professionnelles.

« Les linguistes considèrent depuis longtemps les journalistes comme les principaux producteurs et diffuseurs de la langue “standard” ou “de qualité” au sein de la société, avance-t-il. Mais qu’en est-il de ceux qui ne rentrent pas dans ce moule et qui font pourtant partie de la profession? »

Ces résultats, qui ont été présentés dans le cadre de six conférences, montrent que l’accent des journalistes était souvent perçu différemment selon le contexte – interventions à l’antenne, échanges avec des collègues de la rédaction ou consultations avec des sources. 

Cette situation a eu des répercussions sur leur confiance en eux et leur sentiment d’appartenance, mais nombre d’entre eux ont également trouvé des moyens de s’adapter, de résister aux attentes linguistiques, voire de considérer leur accent comme un atout qui les aide à établir un lien plus authentique avec le public.

« Malgré leurs différences, les participantes et participants ont relaté des expériences communes, comme le fait d’être perçus comme ayant une voix à part dans le milieu du journalisme. »

Concordia encourage et soutient la recherche en français

Pendant ses études à Concordia, Clément Lechat a également participé à de nombreux projets, dont un visant à outiller les citoyennes et citoyens pour leur permettre de rapporter les débats des assemblées publiques dans leur communauté et un autre sur la promotion du milieu journalistique francophone

Clément Lechat explique que ce prix revêt pour lui une valeur symbolique, ses recherches sur le français ayant été menées au sein d’un établissement où l’anglais est la langue principale. 

« Selon moi, ce prix envoie un message fort : les établissements comme Concordia peuvent eux aussi encourager et soutenir la recherche en français », affirme-t-il.

Celui qui vient d’obtenir un poste de journaliste Web aux bureaux de Radio-Canada à Ottawa-Gatineau dit espérer que ses recherches contribueront à une réflexion plus large sur la diversité qui caractérise la langue française au Québec et au Canada.

« Nos voix sont loin de se limiter pas à la seule langue », fait-il valoir. 

« La migration, la ruralité, le handicap, la classe sociale, la culture et la profession ont tous une incidence sur la manière dont nous nous exprimons et dont nous sommes perçus, et doivent être prises en compte dans nos interrelations au sien de la profession journalistique. »



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