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Des chercheurs étudient les bienfaits du sommeil sur la mémoire, la santé mentale et la qualité de vie

De l’insomnie à la narcolepsie, le laboratoire du sommeil de Concordia élucide divers troubles courants
12 mars 2019
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« Nous tentons de comprendre comment le sommeil influe sur la santé du cerveau », affirme Thanh Dang-Vu.

Quel est le rôle du sommeil dans les fonctions liées à la mémoire des adultes d’âge moyen et plus âgés? Ce n’est qu’une des questions que Thanh Dang-Vu et Melodee Mograss étudient au laboratoire du sommeil de l’Université Concordia.

« Nous savons qu’à mesure que nous vieillissons, notre cognition et notre mémoire évoluent; or, certaines personnes sont plus susceptibles de manifester des troubles de mémoire avec l’âge », affirme M. Dang-Vu, neurologue et professeur agrégé au Département de santé, de kinésiologie et de physiologie appliquée.

« Nous pensons que le sommeil joue un rôle important dans les fonctions liées à la mémoire, mais nous voulons surtout déterminer à quel point il agit sur le déclin de ces fonctions avec l’âge. »

Le Pr Dang-Vu – également titulaire de la chaire de recherche de l’Université Concordia sur le sommeil, la neuro-imagerie et la santé cognitive ainsi que membre du Groupe de recherche en neurobiologie comportementale et du Centre PERFORM – et son équipe espèrent découvrir si certaines caractéristiques du sommeil pourraient éclairer les liens entre le sommeil et la mémoire.

Melodee Mograss, neuropsychologue spécialiste de la cognition et coordonnatrice des activités de recherche au laboratoire du sommeil, examine les bienfaits du sommeil sur les fonctions liées à la cognition. Elle s’intéresse particulièrement aux effets combinés du sommeil et de l’exercice sur la mémoire.

Elle termine actuellement une étude afin d’évaluer si un exercice physique poussé et une sieste ont des bienfaits synergiques sur les fonctions liées à la mémoire d’un groupe de sujets jeunes et en santé.

Et ce n’est pas tout, loin de là. Le Pr Dang-Vu étudie en effet l’insomnie chez les adultes d’âge moyen et plus âgés, en collaboration avec Jean-Philippe Gouin, professeur agrégé et titulaire d’une chaire de recherche du Canada au Département de psychologie. Il s’intéresse par ailleurs aux personnes souffrant de narcolepsie et d’hypersomnie, qui ont de la difficulté à demeurer éveillées durant la journée et qui ne sentent pas revigorées malgré un long sommeil.

« Nous tentons de comprendre comment le sommeil influe sur la santé du cerveau et d’identifier les mécanismes cérébraux qui entrent en jeu dans les troubles du sommeil », explique le chercheur.

Le rôle du sommeil dans la santé préventive

Il est difficile de surestimer l’importance des projets de recherche du laboratoire du sommeil.

« Nous savons que le sommeil influe non seulement sur la vie quotidienne des gens, mais aussi sur leur capacité de travailler, de se concentrer et de socialiser », affirme Thanh Dang-Vu.

« Le sommeil a de nombreuses implications pour la santé mentale et physique, notamment en ce qui concerne le diabète, l’obésité, les infections et l’immunité. Notre recherche relève en fait de la prévention des problèmes de santé. »

Au cours des dernières années, les Prs Dang-Vu et Jean-Philippe Gouin ont recruté des sujets souffrant d’insomnie chronique auxquels ils ont fait subir des tests de sommeil et une thérapie cognitivocomportementale pour l’insomnie afin d’évaluer leur réactivité au traitement.

Leurs résultats récemment publiés indiquent qu’un type particulier d’onde cérébrale – qui bloque les stimuli externes durant le sommeil pour protéger le cerveau et est lié au traitement de la mémoire – influe directement sur la réponse des patients à la thérapie. Les personnes qui présentent davantage de ces ondes, appelées fuseaux, se sont en effet révélées plus réceptives.

« Notre recherche nous permettra de comprendre plus précisément les types d’insomnie et la manière dont ils influent sur le traitement », explique le Pr Dang-Vu.

Les chercheurs viennent de terminer la deuxième phase de l’étude, axée sur le lien entre l’insomnie et la mémoire. La troisième phase, en cours, recourra à l’imagerie encéphalique pour comprendre les structures cérébrales en jeu chez les patients insomniaques.

« Le cerveau semble partiellement endormi tandis que la personne est éveillée »

Grâce à son étude sur les personnes narcoleptiques et hypersomniaques, Thanh Dang-Vu espère comprendre les mécanismes cérébraux qui sous-tendent ces troubles et déterminer ce qui les distingue l’un de l’autre à l’aide de l’imagerie encéphalique.

Son équipe a récemment publié la première étude d’imagerie encéphalique sur l’hypersomnie idiopathique. Selon celle-ci, lorsque les patients hypersomniaques sont éveillés, leur activité cérébrale révèle des tendances qui ressemblent à celles que présentent les dormeurs normaux durant leur sommeil.

« Le cerveau semble partiellement endormi tandis que la personne est éveillée, explique le Pr Dang-Vu, ce qui donne à penser que les personnes souffrant d’hypersomnie idiopathique pourraient être incapables de passer correctement d’un sommeil profond à l’état d’éveil. »

Les projets de recherche sur l’insomnie et la narcolepsie du laboratoire du sommeil sont subventionnés par les Instituts de recherche en santé du Canada. Le laboratoire a également reçu un financement du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada pour son étude sur le rôle du sommeil dans les fonctions liées à la mémoire. Le Fonds de recherche du Québec – Santé a aussi soutenu ses travaux.


Apprenez-en davantage sur le
Centre PERFORM de l’Université Concordia.

 

 



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