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Future 500 Interview: atom cianfarani

September 18, 2018
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By Alex Tigchelaar

The Future 500 Interview is a monthly Q&A with affiliates of the Institute for Urban Futures.

La version française suit

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When atom cianfarani joined the Institute for Urban Future’s 2018-19 Futurist-in-Residence program, she envisioned an interdisciplinary role for herself and hopes to engage students in multiple departments with her work around bio-remediation in the urban environment. Atom proposes a model where we must consider that what we have now in the urban environment is not infinite. “The reality is,” says atom, “in twenty-five years something like 70% of the world’s population will be living in cities. So we have to really think about this. We see it on the daily in Montreal. Any urban center in any country right now is going through massive development.  We have to think about this seriously.”

Institute for Urban Futures: What do you see in Montreal “on the daily” that makes you understand that we have to look more responsibly at our existing resources?

ac: I see potential. Sanitation in Montreal is pretty smart and advanced. There are already systems set up that can lend themselves very easily to building not only vital economies, but sustainable systems, such reusing certain materials and reusing the garbage landscape. This would bring about new job creation too, like the manufacturing of green rooftops with polystyrene, tetra paks and glass bottles. We do not need to ship all these things, or ship them offshore. We can actually use these systems locally to our benefit. In my capacity as a Futurist-in-Residence, one of my goals is to set up collaborations with sanitation contractors in Montreal to explore these potentials.

I call myself a Queer Imagineer. I have a tagline I like to use called “refuse norms”—‘refuse’ of course being a homograph. I encourage ‘refusing’ the systems we have in place now and participating on a different level. As a queer designer, things have not been easy for me but it’s also been a benefit because I’ve always looked outside the existing systems. I work in the systems but at the periphery of them. I might not have thought so a decade ago but now I think being an outsider has helped me. Being on the margins has forced me to make atypical choices that have informed my practice.  

IUF: What are a few simple things we can change in the here and now that will improve our urban future?

ac: We all need to look deeply at our consumption and disposal of all materials. We all want to believe that recycling is the key but to me, reuse is the most important of the Reduce, Reuse, Recycle trope. Reuse centers are magical. That’s the R that I want to focus on. If you’re buying a new sofa and your old one is only four years old, think about why that’s dangerous and unnecessary. Stop shopping on Amazon, go to Saint Hubert Street and shop at the local deli. Corporate banning may seem old school but it is important.

IUF: What are some organizations you see doing work that inspires you?

 ac: I am really passionate about urban food, waste food and weed food. For example Not Far from The Tree. Traditionally in the Portuguese, Italian and newly immigrated family neighbourhoods, there’s a lot of food trees that have been planted because people want to have a food source they can control that is free. Sometimes when people move those trees go fallow. Not Far From the Tree maps these food sources and harvests them. Let’s take advantage of this in Montreal; let’s collectively pick these trees. I drive through so many alleyways and look in backyards and see them just covered in food that has hit the ground and is rotting. That is just tragic. We could be feeding people.

IUF: What does your urban future include?

ac: Community, and more importantly, multi-generational community. Whether we like it or not, we are going to have to participate with each other and help each other. This may be a controversial point of view because of all the corruption and trauma, but as someone who grew up Catholic, the church provided a great model for people in need: communal dinners, access to support when there was an illness in family or community, group activities. While the church goes through yet another massive upheaval in terms of attendance numbers and building deconsecration and repurposing, we need to consider ways to get our hands on those spaces and turn them into more diverse and open community spaces before the condo developers do.

Public event at the Darling Foundry

Atom is currently harvesting her menu for the upcoming Banquet des refusés on September 27, 2018. She is proposing a menu of edible urban weed pesto with pasta, found bread crostini, and grape and rosemary jelly.



atom cianfarani

Quand atom cianfarani a rejoint le programme Futurist-in-Residence 2018-2019 de l’Institute for Urban Futures, elle s’est dite qu’elle pourrait jouer un rôle interdisciplinaire en incitant les étudiant.e.s de divers départements à s’engager dans son travail autour de la bioremédiation en milieu urbain. atom propose un modèle où il faut prendre en considération le fait que ce qui se trouve présentement à notre disposition n’est pas infini : « La réalité est que dans 25 ans, quelque 70 % de la population mondiale vivra dans les villes. Nous devons donc vraiment réfléchir à cela. On le constate au quotidien à Montréal. Tous les centres urbains de tous les pays connaissent actuellement un développement énorme. Nous devons sérieusement y réfléchir », annonce-t-elle d’entrée de jeu.

Institute for Urban Futures : Que remarques-tu dans le quotidien montréalais qui te fait comprendre que nous devons envisager nos ressources existantes de façon plus responsable ?

ac : Je vois du potentiel. Les installations sanitaires à Montréal sont plutôt efficaces et avancées. Il existe déjà des systèmes mis en place qui peuvent se prêter très facilement à la construction non seulement d’économies vitales, mais aussi de systèmes durables, telles que la réutilisation de certains matériaux et du paysage des ordures. Cela créerait aussi de nouveaux emplois, comme la fabrication de toits verts avec du polystyrène, des tetra pak et des bouteilles en verre. Nous n’avons pas besoin de nous débarrasser de toutes ces choses, ou de les expédier au large. Nous pouvons réellement utiliser localement ces systèmes à notre avantage. En tant que futuriste en résidence, un de mes objectifs est de mettre en place des collaborations avec des entrepreneurs en assainissement à Montréal afin d’explorer ces possibilités.

Queer Imagineer : c’est l’expression que j’utilise pour me définir. J’aime aussi dire « refuse norms », ce qui est devenu mon slogan. L’homographe « refuse » [qui en anglais veut dire à la fois « refuser » et « refusionner »] nous permet de nous repositionner face aux systèmes présentement en place afin de participer à d’autres niveaux. En tant que designer queer, les choses n’ont pas été faciles pour moi, mais cela a également été un avantage car je suis toujours allée voir à l’extérieur des systèmes existants. Je travaille dans les systèmes, mais à leur périphérie. Je ne me serais peut-être pas vue dire cela il y a dix ans, mais maintenant je pense qu’avoir été hors norme m’a aidée. Être en marge m’a obligée à faire des choix atypiques qui ont éclairé ma pratique.

IUF : Quelles choses simples pouvons-nous changer dans l’immédiat afin d’améliorer le futur de notre ville ?

ac : Nous devons tou.te.s nous pencher sérieusement sur notre consommation et notre élimination de tous les matériaux. Les gens croient que le recyclage est la clé, or pour moi c’est la réutilisation qui est la plus importante action des 3R (réduire, réutiliser et recycler). Les centres de réutilisation sont magiques. C’est sur ce R que je veux me concentrer. Si vous achetez un nouveau sofa et que votre ancien n’a que quatre ans, réfléchissez à la raison pour laquelle cela est dangereux et inutile. Arrêtez d’acheter sur Amazon, rendez-vous plutôt sur la rue Saint-Hubert et magasinez à l’épicerie locale. Délaisser les corporations peut sembler être une idée ringarde, cependant c’est important.

IUF : Quelles sont les organisations dont le travail t’inspire ?

ac : Parmi les choses qui me passionnent vraiment, on compte la nourriture urbaine, les déchets alimentaires et les mauvaises herbes. Prenons par exemple Not Far From The Tree. Traditionnellement, dans les quartiers portugais, italiens et les familles nouvellement immigrées, de nombreux arbres alimentaires ont été plantés, les gens voulant avoir une source de nourriture qui puisse être contrôlée et qui est gratuite. Parfois, lorsque les gens déménagent ces arbres sont mis en jachère. Not Far From The Tree cartographie ces sources de nourriture pour ensuite en faire la récolte. Profitons de cela à Montréal : ramassons collectivement ces fruits. Il m’arrive souvent de parcourir les ruelles d’où j’aperçois des cours couvertes de fruits qui sont tombés au sol et qui pourrissent. C’est vraiment tragique. Nous pourrions nourrir des gens avec cela.

IUF : Qu’est-ce qui est compris dans l’avenir de ta ville ?

ac : La communauté et, de façon plus importante encore, la communauté multigénérationnelle. Qu’on le veuille ou non, il va falloir participer les uns avec les autres et s’entraider. Cela peut sembler être un point de vue controversé en raison de la corruption et des traumatismes qui y sont associés, mais en tant que personne ayant été élevée dans la religion catholique, je dois dire que l’Église a constitué un modèle formidable d’aide aux personnes dans le besoin : repas communautaires, accès à du support lorsqu’un membre de la famille ou de la communauté était malade, activités de groupes, etc. Alors que l’Église vit une (autre) crise en termes de fréquentation ainsi que de déconsécration et de réorientation de ses édifices, nous devons envisager des moyens de mettre la main sur ces lieux et de les transformer en espaces communautaires plus diversifiés et ouverts avant que ne s’en emparent les promoteurs de condominiums.

Événement public à la Fonderie Darling

atom prépare un repas glané dans la ville pour le Banquet des refusés qui aura lieu le 27 septembre 2018. Pour l’occasion, elle propose un menu composé de pâtes au pesto d’herbes urbaines comestibles, de crostini dénichés ici et là, ainsi que de gelée de raisin et romarin.



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