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Le chercheur Théo Chauvirey utilise des biomatériaux pour repenser les véhicules de transport collectif

HORIZONS STIM : L’étudiant à la maîtrise de Concordia examine les limites du paradigme de « Réduction-Réutilisation-Recyclage »
6 novembre 2018
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Théo Chauvirey : « Observez votre environnement d’un œil critique, mais recherchez aussi toute forme de potentiel. »

Comme bien des gens, Théo Chauvirey s’inquiète beaucoup de l’état de l’environnement et des écosystèmes de la planète. Mais contrairement à la plupart d’entre eux, il œuvre à susciter le changement – par ses travaux sur la partie végétative d’un champignon.

Étudiant à la maîtrise au Département de design et d’arts numériques de l’Université Concordia, M. Chauvirey cherche à incorporer des biomatériaux à la conception des véhicules de transport en commun. Il souhaite ainsi lancer une discussion sur les moyens à prendre pour construire des véhicules moins dépendants de produits qui génèrent des déchets.

L’étudiant effectue ses travaux de maîtrise sous la supervision de Martin Racine, professeur agrégé au Département de design et d’arts numériques. Récemment, il a en outre présenté un projet de recherche-création lors de la première Expo de l’institut Milieux en collaboration avec WhiteFeather Hunter.

Passionné des parcs d’attraction, Théo Chauvirey est aussi membre étudiant d’Hexagram, réseau de recherche-création international dont un des sièges est à Concordia.

« Concordia est très ouverte aux approches transdisciplinaires. »

Quel est le rapport entre ces images et vos travaux à Concordia?

Théo Chauvirey : Il s’agit d’une vue microscopique du mycélium, cette masse de filaments blancs qui pousse dans le sol et produit des champignons. Ce matériau a d’abord été utilisé comme produit commercial par l’industrie de l’emballage, car le mycélium constitue une solution de rechange à la mousse de polystyrène à base d’huile.

Depuis, concepteurs, fabricants, architectes et ingénieurs du monde entier étudient ce matériau et le soumettent à diverses expériences. Leurs projets touchent tant la conception d’objets que la mode ou l’architecture expérimentale.

Or, j’ai remarqué que dans ce domaine, les travaux sur la conception de véhicules étaient rares, ce qui est étrange, vu l’extraordinaire potentiel du mycélium. Celui-ci est en effet un matériau léger, solide, ignifuge et entièrement compostable. Mes recherches visent par conséquent à trouver des façons, d’une part, d’intégrer des biomatériaux à base de mycélium à la conception de véhicules de transport collectif et, d’autre part, d’éliminer progressivement les composites renforcés de fibres de verre à base d’huile.

Quels résultats attendez-vous de vos travaux? Et quels pourraient en être les effets concrets dans la vie des gens?

TC : Mon projet a donné lieu à la réalisation d’un modèle de voiture de métro grandeur nature. Nous avons conçu les sièges, les murs et le plafond au moyen de biomatériaux à base de mycélium. L’objectif n’était pas de fournir un prototype final et soigné du métro de demain, mais plutôt d’attirer l’attention sur certaines questions : comment devons-nous construire nos véhicules? Quelles sont les limites du paradigme de « Réduction-Réutilisation-Recyclage »?

Si nous voulons provoquer de réels changements, nous devons envisager des solutions bio-inspirées et nous orienter vers une économie circulaire qui crée des liens entre les divers intervenants locaux.

Quels sont les principaux obstacles auxquels vous vous êtes heurté dans vos travaux?

TC : Je possède un diplôme de premier cycle en design de l’Université du Québec à Montréal, mais mes travaux touchent à des notions de sciences, de biologie et de génie des matériaux. Il m’a fallu apprendre beaucoup de choses en partant de zéro.

De plus, il est parfois difficile de comprendre les limites de mon rôle en tant que le bioconcepteur. Je me demande toujours si je devrais juste me concentrer sur les aspects de conception et de design du projet, ou s’il faudrait également adopter une approche axée un peu plus sur l’ingénierie, notamment avec des tests de résistance des matériaux.

Quelle personne, quelle expérience ou quel événement particulier vous a donné l’idée de votre sujet de recherche et incité à vous intéresser à ce domaine?

TC : Ce sujet a attiré mon attention pour la première fois en 2016, quand la Société de transport de Montréal a lancé un appel de projets pour donner une seconde vie aux vieilles voitures de métro MR-63. J’ai réalisé qu’il était complexe de se débarrasser de ce type de véhicules en raison de leur taille et de leur quantité.

Je me suis alors demandé à quel point ces véhicules étaient recyclables, et j’ai vite constaté qu’ils étaient faits de composites renforcés de fibres de verre. Ces matériaux sont problématiques du point de vue environnemental, car ils sont constitués de produits à base d’essence et sont quasiment impossibles à recycler.

Lorsque j’ai demandé à mon superviseur comment rendre mon sujet de recherche un peu moins conventionnel, il m’a parlé du mycélium. Concordia est très ouverte aux approches transdisciplinaires, et je voulais justement que mon projet reflète mon intérêt pour les biotechnologies.

Comment les étudiants en STIM que cela intéresse peuvent-ils se lancer dans ce type de recherche? Quel conseil leur donneriez-vous?

TC : Si les problèmes environnementaux de la planète vous préoccupent, vous êtes déjà sur la bonne voie. Observez votre environnement ou le comportement des gens d’un œil critique, mais recherchez aussi toute forme de potentiel. Parlez aux gens des pratiques que vous jugez dignes d’intérêt.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus à Concordia?

TC : Concordia a tout ce qu’il faut pour encourager les étudiants qui s’intéressent aux biomatériaux. L’Université abrite en effet l’institut Milieux pour les arts, la culture et la technologie, espace de recherche multidisciplinaire offrant les locaux et les outils nécessaires pour mener à bien ce type de projets.

Grâce à l’institut Milieux, j’ai rencontré des personnes vraiment très inspirantes comme le bioartiste WhiteFeather Hunter, avec qui j’ai eu la chance de collaborer à des projets de création qui intègrent des biomatériaux vivants.

Vos recherches bénéficient-elles du financement ou du soutien de partenaires ou d’organismes?

TC : Je tiens d’abord à remercier l’institut Milieux de m’avoir fourni un extraordinaire environnement de recherche, ainsi que la Galerie FOFA pour les bourses qu’elle m’a octroyées.

Mon superviseur de mémoire, Martin Racine, m’a aussi beaucoup aidé tout au long de cette aventure. Enfin, je suis reconnaissant pour les conseils et les kits de culture de mycélium que m’a fournis l’entreprise Ecovative Design.


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