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Artistes et politiciens repensent l’utilisation d’espaces urbains inoccupés

Le parti politique en résidence de Concordia anime un atelier au pavillon du Canada d’Expo 67, au parc Jean-Drapeau
2 octobre 2018
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Par Michael Bramadat-Willcock and Andy Murdoch

Eduardo Della Foresta Eduardo Della Foresta

Candidat à la maîtrise en arts plastiques à Concordia, le sculpteur Eduardo Della Foresta a conduit sa camionnette d’art ambulant – l’Atelier Mobile Montréal – jusqu’aux marches menant à l’ancien pavillon du Canada d’Expo 67, au parc Jean-Drapeau.

« Je ne sais pas ce qui ressortira de cette démarche, mais je sais que nous faisons des vagues, et ça m’enthousiasme au plus haut point », affirme-t-il.

L’artiste a rencontré des étudiants et étudiantes de Concordia inscrits à un cours d’études libres donné par The Alternative, parti politique danois en résidence à l’Université.

Son atelier sur les installations artistiques interactives s’inscrivait dans le cadre de la deuxième résidence de The Alternative, qui se déroulait du 13 au 17 septembre dernier. Ainsi, des membres du corps professoral, des étudiants et des politiciens ont consacré plusieurs jours à des ateliers intensifs dans l’ancien pavillon d’Expo 67.

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Un langage commun

Tous et toutes se sont réunis au Théâtre des Îles, une salle inutilisée du pavillon du Canada, pour discuter d’inoccupation des espaces urbains, principale question politique sur laquelle portait la résidence du parti. Jonathan Lapalme – mentor de projet dont l’organisme, appelé Entremise, a pour mission de faciliter l’usage transitoire de bâtiments vacants à Montréal – a négocié l’accès au site avec la Société du parc Jean-Drapeau.

Au cours de l’activité de quatre jours, la classe s’est scindée en petits groupes pour élaborer des projets ayant pour but d’imaginer des façons d’exploiter des espaces vacants et sous-utilisés au parc. Ils ont présenté leurs idées, analysé les défis, objectifs et intervenants, puis voté sur les propositions.

La moitié de chaque journée était consacrée à la politique et l’autre, aux arts.

« Au cours de la première séance, nous avons fait connaissance et élaboré un langage commun », relate Rebecca Duclos, doyenne de la Faculté des beaux-arts de Concordia et coorganisatrice de l’activité.

« Chacun a exploré à fond les méthodes de l’autre – dans le cas de The Alternative, il s’agissait de leurs laboratoires politiques et de leur processus consensuel de prise de décisions. Quant à nous, nous avons mis de l’avant un éventail de méthodes artistiques par lesquelles nous tentons de changer les choses. »

Les participants et participantes aux activités interdisciplinaires ont pu miser sur de nombreux courants artistiques, dont le design, la danse, le théâtre et les arts plastiques. Ensemble, ils ont commencé à intégrer une vision artistique commune en un seul projet communautaire ayant pour objectif de changer le cours du dialogue public.

Du doute jaillissent les possibilités

Imogen Hunter, une étudiante de l’Université de Nouvelle-Galles-du-Sud, en Australie, qui participe à un programme d’échange, fait partie de l’équipe de conception du projet. Elle souhaite aider les artistes et les concepteurs à développer des moyens de redonner à la communauté.

« En tant qu’artistes, nous nous interrogeons sur le monde qui nous entoure – afin de dégager une perspective différente de la norme », explique-t-elle. Dans mon pays, je m’implique beaucoup auprès d’un organisme de défense des droits des réfugiés. C’est un travail qui s’apparente beaucoup à ce que nous faisons ici. »

Pour Eduardo Della Foresta, tout est dans la démarche. Son atelier mobile fournit des outils et du matériel à ceux et celles qui sont exclus de l’échange culturel en raison de facteurs socio-économiques défavorables.

« On a tendance à tout remettre en question… Ce qui est formidable, car du doute jaillissent les possibilités. Pour moi, le processus qui mène à un résultat est beaucoup plus important que le résultat lui-même. »

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Un nouveau modèle pédagogique

Les membres de The Alternative ont trouvé les séances tout aussi stimulantes et inspirantes.

« Il y a quelque chose de fascinant dans le type de perturbation que peut apporter l’intervention d’artistes dans d’autres organisations », affirme Mark Beanland, conseiller personnel d’Uffe Elbaek, chef du parti politique danois.

« L’idée d’inverser les rôles – d’introduire des politiciens dans la sphère de l’enseignement – suscite une exploration des plus enrichissantes. »

« L’éducation peut être tellement plus que ce qu’elle est normalement », avance Uffe Elbaek. Celui-ci encourage les étudiants à créer un espace où ils pourront « être la meilleure version d’eux-mêmes, selon leur propre définition de ce que cela représente ».

« À mon avis, cela est aussi de la politique, ajoute-t-il. Parce que c’est le genre de société que je souhaite bâtir. J’espère que cette expérience peut servir de modèle pour l’enseignement universitaire. »

Uffe Elbaek (à gauche) avec étudiant Jesse Massumi. Uffe Elbaek (à gauche) avec étudiant Jesse Massumi.

Remettre en question les rôles d’enseignant et d’apprenant

Le message d’Elbaek a trouvé écho chez Mikaela Clark-Gardner, étudiante universitaire en éducation artistique, coordonnatrice en matière de droits à l’Union des étudiants et étudiantes de Concordia et participante à l’atelier.

« Pour moi, cela ne fait que réaffirmer l’importance de consulter les étudiants directement », acquiesce-t-elle.

« Cet atelier m’a amenée à repenser la structure du pouvoir et les schémas hiérarchiques que l’on voit en classe », relate Mikaela Clark-Gardner. Elle envisage l’avenir de l’enseignement davantage comme un processus de concessions réciproques et d’engagement participatif entre étudiants et professeurs.

« Si je m’implique ici en tant qu’étudiante-politicienne et éducatrice en art, c’est parce que j’aime approfondir ma compréhension de ce que sont l’enseignement et l’apprentissage. Nous remettons en question les rôles d’enseignant et d’apprenant. C’est la voie de l’avenir, à mon sens », conclut-elle.

Les étudiants et étudiantes qui participent à la résidence se préparent à entamer leur troisième session en novembre 2018. Leurs travaux viseront à concevoir  un « événement catalyseur » de deux jours, ouvert au public, afin de susciter l’intérêt à l’égard du parc Jean-Drapeau et de présenter un plan d’avenir spéculatif à plus long terme pour revaloriser les espaces sous-utilisés du parc.

 

Lisez le compte rendu de la première session de résidence du parti The Alternative. Apprenez-en plus sur la Faculté des beaux-arts de l’Université Concordia.



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