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Des chercheurs en sciences humaines et sociales de Concordia reçoivent 9,1 millions de dollars en subventions fédérales

Cet apport profitera à 32 projets, dont un fonds d’archives de poésie et une initiative de recherches et de mentorat en art inuit
8 juin 2018
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Par Renée Dunk

Heather Igloliorte | Photo : David Lipnowski Heather Igloliorte | Photo : David Lipnowski


Les forces de Concordia en sciences humaines et sociales ont récemment fait les manchettes. En effet, 32 chercheurs de l’Université se sont vu octroyer 9,1 millions de dollars en subventions du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH).

Au nombre des bénéficiaires figurent Jason Camlot, professeur d’études anglaises à la Faculté des arts et des sciences, et Heather Igloliorte, professeure agrégée d’histoire de l’art à la Faculté des beaux-arts. Ils recevront respectivement 2 499 514 $ et 2 499 774 $ sur sept ans dans le cadre des subventions de partenariat et du programme Talent du CRSH.

Le reste des fonds proviendront des subventions de développement de partenariat du CRSH, qui seront versées sur trois ans, ainsi que du programme Savoir, étalés sur une période de deux à cinq ans.

Selon Christophe Guy, vice-recteur à la recherche et aux études supérieures, l’Université obtient régulièrement l’appui de ces programmes de financement parce qu’elle mène des travaux de recherche ancrés dans le milieu et engagés.

« À Concordia, les professeurs en sciences sociales et humaines abordent des enjeux d’importance dans notre monde en rapide mutation », affirme-t-il.

« En tirant parti d’une démarche profondément transdisciplinaire – tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des murs de l’Université –, les chercheuses et chercheurs de Concordia sont à même de diriger des travaux tangibles et accessibles qui enrichissent notre connaissance et notre compréhension de l’identité et des origines de l’humanité », soutient-il.
 

Jason Camlot Jason Camlot


Des partenariats pour la préservation de documents patrimoniaux

Le professeur d’études anglaises Jason Camlot explore tout un secteur d’activité littéraire qui, insiste-t-il, n’a pas encore fait l’objet de recherches approfondies.

« Depuis l’apparition des techniques d’enregistrement sonore dans les années 1890, écrivains et artistes ont consigné leurs présentations d’œuvres littéraires, leurs événements et leurs conversations avec une créativité des plus vives », explique-t-il.

Grâce à la subvention de partenariat du CRSH, le professeur Camlot travaillera au projet SpokenWeb, qui vise à retrouver et à préserver un vaste fonds de documents culturels à grande valeur patrimoniale. Celui-ci se compose principalement d’enregistrements sur bande magnétique de lectures de poésie et de conversations connexes découverts aux quatre coins du pays, et remontant jusqu’au milieu des années 1960.

SpokenWeb permettra à Jason Camlot et à ses partenaires d’écouter et d’examiner des collections historiques de matériel audio d’une grande importance littéraire. Ils souhaitent par ailleurs mettre en place des techniques de préservation numérique et de gestion du patrimoine qui favorisent l’accès à ce matériel d’archive si unique et fragile.

En outre, ils établiront des stratégies innovantes pour utiliser les enregistrements audio et littéraires numérisés dans des contextes pédagogiques, performatifs et publics.

« Les lectures de poésie sont devenues pour les auteurs un moyen important de faire partager leur travail », indique M. Camlot.

« Dans les enregistrements mis au jour, on entend autant les poètes lire leurs œuvres que parler de leur processus d’écriture. Il s’agit d’archives par excellence des réalités littéraires, sociales et existentielles de l’époque. Celles-ci nous font découvrir les styles et idées littéraires propres à certains contextes sociaux et communautaires. »

Selon le professeur Camlot, comme le programme SpokenWeb réunit tout un éventail de perspectives disciplinaires, il permettra de développer de nouveaux usages critiques et créatifs pour des documents audio axés sur les sciences humaines et à valeur culturelle.

« Nos travaux profiteront aux érudits, aux étudiants et à la société, car ils donneront lieu à des processus qui rendront efficacement accessible un patrimoine matériel généralement épars. Ils permettront par ailleurs de regrouper les méthodologies en sciences humaines et de les transformer dans un contexte interdisciplinaire, par exemple en envisageant l’histoire de la littérature sous un angle sonore et vocal plutôt que par la page écrite seulement. »

L’initiative SpokenWeb de Concordia compte sur l’appui de nombreux partenaires institutionnels, dont l’Université Simon Fraser, l’Université de l’Alberta, l’Université de Calgary, l’Université de la Colombie-Britannique (Okanagan), l’Université de Toronto, l’Université de Victoria à Toronto, le projet PennSound de l’Université de la Pennsylvanie ainsi que l’Université du Texas à Austin pour son expertise en analyse des signaux audio. SpokenWeb bénéficie également du soutien de partenaires hors du milieu universitaire, comme Wired on Words, Archive Montréal, Calcul Canada et Metropolis bleu.


Appuyer la relève chez les spécialistes inuits du domaine des arts

Le programme Talent du CRSH se concentre sur les activités de formation en recherche découlant de connexions. La subvention accordée à Heather Igloliorte lui permettra de travailler au Pilimmaksarniq/Pijariuqsarniq Project: Inuit Futures in Arts Leadership (« projet Pilimmaksarniq/Pijariuqsarniq : avenir inuit dans le leadership en art), qui vise à appuyer la relève chez les universitaires et les spécialistes inuits du domaine des arts.

« Les termes Pilimmaksarniq/Pijariuqsarniq désignent les valeurs sociétales inuites axées sur le l’acquisition de compétences et de connaissances par l’observation, le mentorat, la pratique et l’effort », explique la professeure Igloliorte, titulaire de la chaire de recherche de l’Université Concordia en histoire de l’art et en engagement communautaire autochtones.

« Ce projet se distingue des autres, car il offre aux étudiants inuits des occasions de formation et de mentorat fondées sur les connaissances et les valeurs inuites », ajoute-t-elle.

Heather Igloliorte précise que pendant des décennies, les Inuits ont représenté la plus grande partie de la population d’artistes par habitant au Canada. Selon les rapports, certaines communautés comptent jusqu’à 25 pour cent de résidents inuits travaillant au moins à temps partiel dans le secteur artistique. Mme Igloliorte souligne toutefois qu’il manque de leaders inuits dans la recherche artistique, comme l’indique le faible nombre de professionnels inuits travaillant actuellement dans le domaine des arts.

« Grâce à notre initiative dirigée par des Inuits, nous espérons remédier à cette longue absence de leadership inuit dans nombre de secteurs de la recherche artistique – dont les arts visuels, l’histoire de l’art, la cinématographie, le théâtre et la pratique de conservation. Nous espérons également offrir des occasions enrichissantes d’éducation et d’avancement en générant, en appuyant et en maintenant un avenir commun profondément différent pour les Inuits du Canada », poursuit-elle.

L’objectif ultime du projet Pilimmaksarniq/Pijariuqsarniq est d’accroître de manière radicale la participation des Inuits aux recherches et à la pratique professionnelle axées sur les sciences humaines.

Pour ce faire, l’équipe mettra en place des initiatives pédagogiques coordonnées (y compris des formations spécifiques pour les étudiants inuits de niveau postsecondaire), des occasions de mentorat innovantes, des ateliers sur l’acquisition de compétences et de connaissances professionnelles ainsi que des projets d’apprentissage intégré au lieu de travail, entre autres.

Le projet est dirigé par une équipe entièrement inuite composée de chercheurs et de praticiens des arts provenant d’Inuit Nunangat (les quatre régions inuites du Canada) ainsi que de professeurs au niveau collégial et universitaire du Canada, dont l’Université de Winnipeg et le Collège d’art et de design de la Nouvelle-Écosse.

Des organismes artistiques des régions arctiques, tels que le Théâtre Akpik et les Studios Unikkaat, de même que des établissements culturels du sud impliqués dans l’art inuit – comme la Winnipeg Art Gallery, l’Inuit Art Foundation et le Centre national des Arts – se sont associés à la professeure Igloliorte pour offrir des programmes de formation individualisés et des occasions de mentorat innovantes.

Consultez le site Web du CRSH pour obtenir la liste complète des bénéficiaires d’une subvention.

 



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