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Sortez de la chambre d’écho avec Paysage de la haine

Le projet de performance électronique que mène le professeur Vivek Venkatesh de l’Université Concordia demande aux spectateurs d’explorer l’art de la pluralité
7 mai 2018
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Par Tiffany Lafleur

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À la fois cinéaste, performeur multimédia, spécialiste de l’apprentissage et nouveau cotitulaire de la chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme, Vivek Venkatesh amène son groupe en tournée cet été.

Paysage de la haine se produira au Festival international de Bergen (Festspillene i Bergen) le 26 mai prochain.

Le Festspillene est l’un des festivals norvégiens de musique et de théâtre les plus anciens et les plus réputés. Il offre à Vivek Venkatesh et à ses collaborateurs une tribune internationale où encourager les gens à s’exprimer de façon créative au sujet de la haine.

Paysage de la haine est un groupe de performance électronique imaginé et formé par Vivek Venkatesh, qui assure les effets vocaux et le bruitage électronique improvisé sur scène. Les autres membres du groupe comprennent Owen Chapman, professeur agrégé à la Faculté des arts et des sciences, Jason Wallin, professeur agrégé de médias et de culture juvénile à l’Université de l’Alberta, les compositeurs Leticia Trandafir (alias softcoresoft) et anabasine, et le cinéaste et diplômé de Concordia David Hall.

Selon Tonje Elisabeth Peersen, gestionnaire de programme pour le festival, Vivek Venkatesh a été invité à Bergen en raison de ses recherches sur les discours haineux et de son rôle dans le Projet SOMEONE.

La première fois que Vivek Ventatesh leur a parlé de Paysage de la haine, Tonje Peersen a jugé que cette initiative s’intégrerait bien au festival – et représenterait peut-être une occasion de lancer un projet scolaire d’envergure nationale.

« Nous voulons changer la donne, peut-être améliorer les programmes d’études, et nous savions que nous pouvions faire bouger les choses avec le professeur Venkatesh, explique-t-elle. Paysage de la haine est intéressant à la fois du point de vue artistique et thématique. Nous espérons que cet événement produira un grand impact non seulement sur les étudiants, mais aussi sur les spectateurs. »

« Nous ne pouvons pas rester les bras croisés, confortablement plongés dans notre torpeur »

Vivek Venkatesh et les autres membres de son groupe se procurent des extraits de médias sociaux, des voix publiques préenregistrées et des paysages sonores naturels des lieux où ils se produisent. Une fois montés, le contenu audio et les images ont un effet des plus provocateurs.

« Paysage de la haine est une tentative concertée d’amener les spectateurs à exercer leur sens critique, à réfléchir et à traiter d’un thème très pertinent en cette ère où l’indignation narcissique règne dans les médias sociaux, » explique le professeur Venkatesh.

Tonje Peersen ajoute que les discours haineux et la rhétorique haineuse représentent un énorme défi dans la société. « Nous devons trouver des moyens de changer, d’apprendre à affronter ce défi, et dans certains cas, d’apprendre à le voir tout simplement. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés, confortablement plongés dans notre torpeur, à penser que ça n’a pas d’importance. C’est important. Et les arts s’avèrent de puissants outils pour inspirer les gens. »

Cotitulaire de la chaire de recherche de l’UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent, Vivek Venkatesh observe que la haine n’est pas un phénomène nouveau, qu’elle « fait partie du tissu de notre société depuis des siècles. »

Festspillene présentera la troisième performance du groupe – sa première européenne. L’événement comportera une table ronde, une exposition d’art et un concert. La table ronde réunira le caricaturiste Josef Yohannes (créateur d’Urban Legend), la championne des droits de la personne et cyberactiviste danoise Emma Holten, et l’ambassadeur du Canada en Norvège Artur Wilczynski.

Comme chacun des spectacles de Paysage de la haine, celui-ci sera tout spécialement adapté pour la région où le groupe se produit.

En l’occurrence, les 24 et 25 mai, Vivek Venkatesh, les autres membres de son groupe et les spécialistes des programmes d’études de Concordia Sandra Chang-Kredl et Martin Lalonde animeront les ateliers avec des artistes et enseignants locaux pour organiser le contenu original de la performance du 26 mai.


« Différentes perspectives peuvent coexister »

Vivek Venkatesh a eu l’idée de créer ce groupe pour faire participer le public et l’intégrer à la performance. Son ambition artistique : tendre un miroir à la société en demandant aux gens de penser à ce que la haine signifie pour eux.

« Si nous ne permettons pas à différentes perspectives de coexister, nous allons finir par vivre dans une chambre d’écho ou un silo, où pratiquement tout le monde sera d’accord avec nos propos, » souligne Vivek Venkatesh.

« Nous voulons amener les gens à écouter des opinions contradictoires, et à ne pas essayer de créer de consensus, mais à comprendre la logique qui sous-tend la façon dont les autres voient les choses. »

Dans ses travaux, le professeur Venkatesh cherche à sensibiliser, à créer des espaces consacrés au dialogue pluraliste et à trouver des façons d’accroître la résilience face à la haine.

Il y est parvenu grâce à plusieurs projets. Le projet SOMEONE (SOcial MEdia EducatiON Every Day), par exemple, est un portail Web qui rassemble des documents multimédias visant à prévenir les propos haineux et à se prémunir contre la radicalisation menant à l’extrémisme violent.

Par ailleurs, le festival-colloque Grimposium de Vivek Venkatesh a présenté des concerts, des tables rondes et des expositions d’art qui ont abordé sans ambages les questions du racisme, de la mauvaise utilisation de symboles culturels et de la discrimination dans les milieux culturels underground.

« Nous voulons que Paysage de la haine devienne un reflet indirect et curieusement sombre de la société et de ses membres, affirme-t-il. Et nous sommes très attachés à cette idée de servir d’outil de communication, et non pas de porte-parole. »


En savoir plus sur les prochaines
représentations de Paysage de la haine.



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