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Le Bureau de l’engagement communautaire de Concordia participe à l’élaboration d’un important rapport sur le racisme et la discrimination systémiques à Montréal

Selon les résidents de Parc-Extension, la diversité et l’inclusion sont deux choses différentes
13 novembre 2019
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Par James Roach

« Nous espérons que ce rapport fournira des indications utiles à la Ville de Montréal. » | Photos : Audrey Ann Lavallée Photos : Audrey Ann Lavallée

Le Bureau de l’engagement communautaire de l’Université Concordia est bien connu pour le soutien qu’il fournit à la mobilisation des citadins autour des priorités soulevées par la collectivité.

En août dernier, le bureau a collaboré avec la Table de quartier pour Parc-Extension, le projet de logement Brique par brique et la Coopérative de bien-être TL pour préparer et tenir une consultation sur le racisme et la discrimination systémiques dans le quartier.

Le Bureau de l’engagement communautaire est venu à participer à cette consultation parce qu’il appuie le réseau de recherche-action communautaire (CBAR), un groupe de chercheurs mobilisés et d’organisateurs communautaires locaux. Le bureau était d’ailleurs chargé de rédiger le rapport final et les recommandations présentés à l’Office de consultation publique de Montréal.

Un mouvement à l’échelle de la ville

À l’été 2018, Balarama Holness, éducateur et ancien joueur des Alouettes de Montréal, s’est joint aux membres de la campagne communautaire Montréal en action pour lancer une pétition dans laquelle des Montréalais de tous les milieux demandaient à la Ville de prendre les mesures nécessaires pour combattre le racisme et la discrimination systémiques dans les institutions municipales.

La campagne a recueilli 22 000 signatures, soit plus que le nombre minimal de 15 000 signatures. La Ville a donc décidé d’engager une consultation générale sur cet enjeu important.

Le comité exécutif de la Ville a donné à l’Office de consultation publique de Montréal le mandat d’organiser des consultations pour donner suite aux signatures recueillies par les 50 bénévoles de Montréal en action pendant trois mois.

L’exercice a donné lieu à une série de rencontres publiques sur les thèmes de l’emploi, de la culture ainsi que du profilage racial et social. Par la suite, plusieurs quartiers ont emboîté le pas en organisant leurs propres consultations pour évaluer l’incidence des enjeux sur les résidents de leur collectivité.

Alex Megelas est coordonnateur de programme au Bureau de l’engagement communautaire. « Les signatures témoignent des sentiments exprimés par les Montréalais, affirme-t-il. Ils veulent que les institutions et leurs dirigeants agissent et prennent un engagement à l’égard de l’inclusion réelle des minorités visibles et des autres groupes marginalisés dans toutes les strates de la société. »

M Megelas souligne que la diversité n’est pas synonyme d’inclusion.

« Même si le quartier de Parc-Extension est extrêmement diversifié, tout comme l’est Montréal, les minorités visibles sont souvent exclues du processus décisionnel du quartier et de la ville. »

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Consultation de Parc-Extension

Le quartier de Parc-Extension a mené une consultation le 28 septembre dans le cadre du processus consultatif lancé par la Ville. Alex Megelas et Leonora King, doctorante et organisatrice communautaire, faisaient partie des responsables. Mme King travaille à la Coopérative de bien-être TL, un projet centré sur la santé génésique, et à Brique par brique, un projet de logement communautaire dans Parc-Extension.

Ensemble, ils ont mobilisé non seulement les participants à la consultation, mais aussi d’autres organisateurs communautaires de groupes locaux, comme le Comité d’Action de Parc-Extension, la coalition pour les droits en matière de logements du quartier.

« La participation à cette consultation publique au nom de la Coopérative de bien-être TL s’inscrit dans notre mandat, puisque le racisme systémique touche aussi l’accès aux soins de santé. Nous sommes solidaires de tous ceux qui font face à l’injustice et à l’inégalité systémiques », mentionne Leonora King.

« Bien que ces discussions nous aient ouvert l’esprit, elles nous ont aussi découragés. Nous avons constaté à quel point les résidents de Parc-Extension, plus particulièrement les immigrants, sont touchés par différentes formes d’inégalités systémiques, certains de leurs besoins de base n’étant même pas satisfaits. »

Pour donner un coup de pouce supplémentaire, le Bureau de l’engagement communautaire de Concordia a couvert les frais de garde d’enfants et fourni des services de traiteur pour les participants du quartier.

Tatiana Burtin est organisatrice communautaire à la Table de quartier pour Parc-Extension.

« L’un des principaux obstacles auxquels se heurtent les résidents de Parc-Extension, dont 56,5 pour cent sont issus de l’immigration, découle des difficultés inhérentes au processus d’immigration », explique-t-elle.

« Si vous arrivez au pays et ne parlez pas français, et peu anglais, vous avez de la difficulté à accéder aux services de base, à établir un réseau de soutien solide dans la collectivité et à connaître vos droits. »

« Ainsi, vous n’allez pas à l’hôpital quand vous êtes malade et ne négociez pas avec votre propriétaire lorsqu’il augmente illégalement le loyer de votre appartement infesté de punaises et couvert de moisissures. Vous ne connaissez personne dans les principaux services d’emplois ou ne savez pas comment gérer le processus bureaucratique. »

C’est un cercle vicieux, ajoute-t-elle, les occasions d’ascension sociale diminuant en même temps que la santé, les ressources et les possibilités.

Recommandations du rapport

Le rapport final, intitulé Systemic Racism in Park-Extension: Summary of issues and recommendations, et ses recommandations ont été rédigés dans les semaines suivant la consultation.

Le rapport a été rendu possible grâce au soutien des membres du réseau CBAR, dont Alex Megelas, Leonora King, Emanuel Guay et Alexa Ahooja, de Sophie Le-Phat Ho, Rose-Anne St. Paul et Tatiana Burtin de Brique par brique, et de Audrey Ann Lavallée de la Table de quartier pour Parc-Extension.

Il traite de nombreux enjeux, notamment :

  • des barrières linguistiques et culturelles qui contribuent à l’inaccessibilité des services sociaux et des services de soins de santé;
  • des conséquences d’un embourgeoisement total sur les logements locatifs;
  • des pratiques de profilage racial adoptées par la police locale;
  • de l’exclusion des minorités visibles dans le processus décisionnel politique et public.

Mme Burtin, M. Guay et Samiha Hossain, résidente du quartier, organisatrice et membre du réseau CBAR, ont présenté le 11 novembre le rapport à la commission de l’Office de consultation publique de Montréal lors d’un événement public. Ils ont résumé les recommandations formulées par les résidents de Parc-Extension pendant la consultation.

Entre autres recommandations, le rapport encourage les institutions publiques à :

  • fournir les renseignements sur les services publics dans plusieurs langues;
  • sensibiliser les décideurs quant aux différentes façons dont ils peuvent combattre le racisme systémique;
  • favoriser un meilleur accès à l’enseignement postsecondaire pour les membres des communautés racialisées;
  • s’assurer que les nouveaux projets de développement tiennent compte du rôle qu’ils jouent dans l’embourgeoisement du quartier et prévoient des mesures d’atténuation.

« Nous espérons que ce rapport fournira des indications utiles à la Ville de Montréal pour que se produise un changement profond et systémique qui améliorera la qualité de vie des gens de Parc-Extension », affirme Mme Burtin.

« De plus, nous souhaitons attirer l’attention des décideurs municipaux et collaborer avec eux pour concevoir un système doté de mesures et de mécanismes concrets qui serait réellement inclusif. Nous travaillons actuellement avec des partenaires et des résidents locaux afin de présenter un plan sur 10 ans pour le quartier. C’est une occasion de faire entendre la voix unique et universelle de la collectivité. »

Leonora King souligne aussi d’autres résultats possibles. « Entre autres, j’espère que ce rapport sur le racisme systémique nous permettra de reconnaître que certains membres de la population vivent encore dans l’oppression en raison des barrières qui ont été mises en place pour les empêcher de devenir des membres utiles et influents de la société », ajoute-t-elle.

« On a souvent l’impression que les personnes marginalisées ont accès aux mêmes possibilités. Toutefois, leurs occasions en matière de mobilité sociale sont limitées, et elles atteignent rarement les postes de pouvoir et d’influence. »

La Ville de Montréal prévoit fournir une liste de recommandations et un rapport final en 2020. La municipalité aura alors 60 jours pour annoncer les prochaines étapes.


Visitez la page Web du
Bureau de l’engagement communautaire de l’Université Concordia pour en savoir plus sur son travail et sur les communautés qu’il soutient.

 

 



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