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Pig Destroyer, Paysage de la haine et la puissance de l’art en conciliation

26 JUILLET : La veille de l’événement Heavy Montréal, assistez à une table ronde sur le profilage racial et social, suivie de représentations musicales
24 juillet 2019
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Par Dave LaRue

De gauche à droite : Ivar Bjørnson, Vivek Venkatesh et Owen Chapman | Photo de Ásgeir Þrastarson De gauche à droite : Ivar Bjørnson, Vivek Venkatesh et Owen Chapman | Photo de Ásgeir Þrastarson

« Le métal est une forme d’art des plus appréciées au sein des communautés », affirme Vivek Venkatesh, professeur agrégé au Département d’éducation artistique de l’Université Concordia et cotitulaire de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent.

À la veille de la 10e édition de Heavy Montréal, célèbre festival de musique rock et métal, le chercheur et musicien collabore à l’organisation d’un événement sur la façon dont les cultures clandestines comme la communauté métal abordent les questions sensibles d’intérêt public.

Avant d’aller au parc Jean-Drapeau pour le tout dernier spectacle du groupe Slayer au Québec, les amateurs de métal peuvent assister à une table ronde sur le profilage racial et social, suivie de représentations de Paysage de la haine et de Pig Destroyer.

Le Pr Venkatesh prône une approche communautaire de la recherche et collabore à plusieurs projets pédagogiques et de recherche. Les deux groupes auxquels il participe, le projet SOMEONE (SOcial Media EducatiON Every day) et Grimposium, coorganisent la rencontre au Théâtre Corona du 26 juillet.

La table ronde portera sur la manière dont l’art peut favoriser la conversation avec le public et plus précisément sur l’adoption de la Loi C-21 au Québec. Celle-ci vise à interdire à certains employés de l’État le port de signes religieux au travail et pourrait inciter à la xénophobie et au racisme.

« En plus d’entraîner l’exclusion explicite de personnes marginalisées, cette loi encourage un certain type de profilage par le public en général », déclare le Pr Venkatesh.

« Le projet vise à faire entendre les voix publiques »

La table ronde sera animée par Annabelle Brault, chargée d’enseignement en musicothérapie à Concordia, et y participeront J.R. Hayes, chanteur du groupe Pig Destroyer, Elsa F. Mondésir Villefort, éducatrice et membre du Groupe de la Commission canadienne pour l’UNESCO, et Will Prosper, militant pour les droits civils, documentariste et ancien agent de la GRC.

Paysage de la haine est une collaboration audiovisuelle entre Vivek Venkatesh et Owen Chapman, professeur agrégé du Département de communication de Concordia. Ils recueillent des textes, des sons et des vidéos qui circulent sur Internet, puis les remixent dans leurs spectacles. Danji Buck-Moore, Jason Wallin et David Hall se joindront à cette formation sur scène.

Le spectacle sera précédé d’un atelier réunissant de jeunes militants locaux qui participeront ensuite à la représentation en direct.

« Le projet vise à faire entendre les voix publiques existantes au sujet de la haine », explique le Pr Venkatesh.

Le Pr Chapman souligne le caractère unique du spectacle.

« Il contient beaucoup d’échantillons que nous tirons de multiples contextes et que nous remixons. Nous reproduisons des sons et lançons des riffs qui évoquent le paysage de la haine qui existe dans la culture et les médias sociaux », précise-t-il.

« De même, nous inscrivons nos représentations dans un travail pédagogique public avec les membres des collectivités où nous nous produisons. »

Ce travail peut alors explorer la manière dont différentes communautés, y compris les groupes alternatifs, perçoivent le concept de la haine. Le Pr Venkatesh s’insurge depuis longtemps contre les problèmes de ségrégation et de discrimination qui entourent la culture clandestine.

« Ce qui est en partie mal compris au sujet de cette culture, c’est qu’il est normal d’avoir des identités multiples, surtout chez les jeunes, à la recherche d’une identité. Une personne peut avoir plusieurs identités à la fois. »

Alors que ces représentations visent à susciter la réflexion, les Prs Venkatesh et Chapman ne croient pas au discours moralisateur.

« Nous cherchons à créer des façons d’écouter d’autres points de vue, de prendre de la distance et de réfléchir à ces questions. À l’époque des médias sociaux où nous faisons des commentaires plutôt primaires, nous ne cherchons pas à provoquer pour provoquer », ajoute le Pr Venkatesh.

Aller à la rencontre des communautés clandestines

En juillet, Vivek Venkatesh et Owen Chapman ont participé au festival Eistnaflug à Neskaupstaður, en Islande. Ils se sont produits sous le nom de leur autre collaboration, Paysage de l’espoir, en abordant les questions culturelles propres à l’Islande.

Ils ont collaboré avec Ivar Bjørnson, compositeur et guitariste du groupe Enslaved, qui s’est produit sous le nom de son autre projet, BardSpec. Le cinéaste David Hall – responsable des éléments visuels de BardSpec et concepteur visuel de Paysage de l’espoir – a également participé au festival.

M. Bjørnson s’attaque à l’extrémisme de droite en Islande, un pays aux prises avec un afflux croissant de touristes et d’immigrants chaque année. Il cherche à revaloriser l’ancien alphabet runique de 24 caractères, que des suprémacistes blancs d’extrême droite se sont appropriés.

« Les symboles d’une culture ne doivent pas nécessairement servir à représenter la suprématie de cette culture, affirme le Pr Venkatesh. Je suis persuadé que nos spectateurs ont été émus par Ivar Bjørnson, ce qui a certainement favorisé l’exercice d’un sens critique. »

L’objectif de Vivek Venkatesh et de ses collaborateurs est d’aller à la rencontre des communautés clandestines là où elles se trouvent et de favoriser la discussion sur la capacité de l’art à éliminer la haine.

« Je frémis à l’idée que l’art peut créer ou détruire, mais je crois qu’il peut être un outil de conciliation dans les conversations », conclut-il.


Les billets sont maintenant en vente pour l’événement Heavy en ville, qui présente une table ronde sur le profilage racial et social, suivie de représentations de Pig Destroyer et de Paysage de la haine au Théâtre Corona le 26 juillet.

Apprenez-en davantage sur le projet SOMEONE.



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