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Comment parler français avec un accent moins prononcé

Des chercheurs de Concordia découvrent que l’accent n’est pas le seul facteur de l’intelligibilité
6 juin 2018
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Par J. Latimer

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Voici une bonne nouvelle pour les personnes dont le français est une langue seconde et qui ont du mal à se faire comprendre : un accent prononcé peut être surmonté et corrigé, même chez les apprenants adultes.

« Nous avons découvert que la prononciation de sons précis, comme les voyelles et les consonnes, n’est pas la seule chose importante pour les interlocuteurs », affirme Sara Kennedy, professeure agrégée de linguistique appliquée au Département des sciences de l’éducation de l’Université Concordia.

L’intonation et la facilité d’élocution, par exemple, peuvent jouer un rôle clé pour surmonter un accent marqué. Un apprenant qui prononce certains sons avec un accent peut tout de même améliorer son « intelligibilité » générale s’il modifie d’autres aspects de sa manière de parler.

« Nos travaux donnent à penser que les adultes qui apprennent le français peuvent s’améliorer non seulement en insistant sur la prononciation de sons précis – comme la dernière voyelle dans “tortue” –, mais aussi en apprenant à combiner les mots et les phrases de manière plus fluide et appropriée », poursuit Mme Kennedy, qui a récemment publié les résultats de ses travaux avec les coauteurs Pavel Trofimovich, professeur de linguistique appliquée à Concordia, et Josée Blanchet, de l’Université du Québec à Montréal.


Méthodes et mesures

Dans une précédente étude, les chercheurs avaient fait appel à des spécialistes du codage linguistique pour analyser les enregistrements audio de trente apprenants adultes avant et après un cours de français de quinze semaines axé sur la phonétique. Les codeurs linguistiques sont formés pour cerner des erreurs spécifiques au moyen d’enregistrements (par exemple, la substitution d’un son par un autre) et pour mesurer des caractéristiques précises du langage (par exemple, la fréquence des hésitations).

Les oreilles formées des spécialistes ont noté une amélioration des étudiants en matière d’intelligibilité. Mais qu’en est-il des oreilles du commun des mortels?

« Pour la nouvelle étude, nous avons repris les enregistrements et données de l’étude originale. Mais cette fois-ci, nous avons demandé à vingt auditeurs “profanes” – c.-à-d. des locuteurs natifs ne connaissant pas le codage linguistique – d’évaluer l’accent des étudiants, leur intelligibilité et leur facilité d’élocution », explique la Pre Kennedy.

Sur une échelle de un à dix, les auditeurs profanes devaient évaluer différents aspects du langage des étudiants, comme les liaisons, la prosodie (intonation) et les erreurs de segmentation.

Conclusion : pour les auditeurs profanes, l’intonation était un facteur important dans la perception de l’accent des étudiants, et l’intonation et la fluidité avaient un impact sur l’intelligibilité. Les hésitations étaient quant à elles le principal déterminant de la perception de l’aisance de communication.

Par conséquent, la prononciation n’était pas le seul facteur d’importance pour ces auditeurs.

« Ces nouveaux résultats sont notables, car ils semblent indiquer qu’un enseignement axé sur la phonétique a un impact qui va bien au-delà des mesures codées du langage : il influe sur les impressions des auditeurs avec qui les étudiants sont susceptibles d’interagir en contexte réel », ajoute Mme Kennedy.


Recommandations pour les enseignants du français

Sara Kennedy fait remarquer que ces résultats fournissent également d’importants indices pour les salles de classe.

Si la prononciation est difficile pour les adultes qui apprennent une langue seconde, il s’agit d’une compétence qui peut s’acquérir en classe, en particulier quand le curriculum met l’accent sur la prosodie (intonation), la fluidité, l’expressivité et les processus de langage connecté tels que les liaisons et les enchaînements.

« Il est très possible de parler français avec un accent perceptible de locuteur non natif tout en se faisant comprendre, conclut-elle. Votre intelligibilité n’est pas établie ou attribuée par un seul déterminant. »

 

Lisez l’article publié : Development of Second Language French Oral Skills in an Instructed Setting: A Focus on Speech Ratings.

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