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Courons-nous à la catastrophe anthropique?

À la recherche de solutions, l’Université Concordia accueillera, du 4 au 6 mai, un colloque au carrefour de l’environnement, de l’analyse des conflits et de la santé publique
22 avril 2016
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Par Elisabeth Faure

Photo fournie par les Nations Unies. « Il est plus que temps d’avoir un dialogue et de jeter un pont entre ces domaines d’expertise et le monde politique », affirme Peter Stoett, directeur du Centre de recherche Loyola sur la durabilité. | Photo fournie par les Nations Unies.

Du 4 au 6 mai 2016, plus de vingt experts de trois domaines disparates à première vue – analyse des conflits, conservation de la biodiversité et communauté médicale, incluant l’épidémiologie – se réuniront à l’Université Concordia, à Montréal. Ils chercheront des moyens de mieux intégrer les connaissances aux politiques.

En effet, le Centre de recherche Loyola sur la durabilité (CRLD) – en collaboration avec plusieurs commanditaires, dont Médecins Sans Frontières, Future Earth, l’Institut pour la sécurité humaine et le Secrétariat de la convention des Nations Unies sur la diversité biologique – accueillera le colloque intitulé Avoiding Catastrophe: Linking Armed Conflict, Harm To Ecosystems and Public Health (« éviter la catastrophe : au carrefour des conflits armés, des écosystèmes menacés et des enjeux en matière de santé publique »).

« Il s’agit d’une question vitale, compte tenu des perspectives en matière de changement climatique ainsi que de la rareté des ressources et des flambées de maladies infectieuses qui en découlent », insiste Peter Stoett, directeur du CRLD.

Peter Daszak, président d’EcoHealth Alliance, autre organisme partenaire, explique : « À mesure que les changements environnementaux gagnent en ampleur, le risque auquel sont exposés l’humain et d’autres espèces animales s’accroît. Du coup, le déséquilibre sociétal que peut entraîner l’éclosion de maladies s’intensifie. »

« Or, les menaces pour la santé planétaire contribuent grandement à mobiliser la recherche de solutions. En effet, comme nous avons pu le constater à l’occasion de la propagation intercontinentale de maladies telles que la fièvre d’Ebola et le syndrome respiratoire aigu sévère, nous sommes aussi forts que notre maillon le plus faible. »

Le colloque de trois jours s’amorcera le 4 mai à 18 h, au cinéma J.-A.-DeSève, par deux conférences d’ouverture – l’une de Keith Martin, médecin et ancien député à la Chambre des communes, l’autre d’Adan Suazo Morazán, ministre à l’ambassade du Honduras, au Brésil.

Le jeudi 5 mai aura lieu en matinée une série de tables rondes publiques. En après-midi, des ONG locaux et internationaux feront connaître leur travail et leurs stratégies de recrutement.

« Lorsque nous avons commencé à planifier ce colloque il y a plus d’un an, nous avons été étonnés de constater le nombre important de sociétés se relevant d’un conflit qui ont été frappées par le virus de l’Ebola », relate Adan Suazo, coordonnateur administratif au CRLD.

« Nous en avons conclu qu’il devait exister une corrélation évidente entre ces événements. De fait, la situation doit être abordée comme un concept tripartite. »

Frank Chalk, directeur de l’Institut montréalais d’études sur le génocide et les droits de la personne et professeur au Département d’histoire de l’Université Concordia, abonde dans le même sens.

« Une plus grande sensibilisation des dirigeants politiques et du public à ces enjeux conduira à la mise en place de pratiques mieux adaptées. Ainsi, les populations du monde entier risqueront moins la catastrophe », croit-il.

Le 5 mai, le Pr Chalk participera à une table ronde sur les futurs courants de recherche. Il mène actuellement des travaux sur le lien entre les atrocités et la menace qu’elles posent à long terme pour la santé publique.

« Les déplacements de population, la destruction des établissements de santé et des centres de soins, la suspension de l’inoculation et de la vaccination, la promiscuité qu’occasionnent les camps de réfugiés installés à la hâte – tous ces facteurs contribuent massivement à accroître le risque de propagation, à l’échelle planétaire, d’infections résistantes aux médicaments », explique-t-il.

Kyle Matthews, directeur adjoint principal de l’institut, fera également une allocution dans le cadre du colloque. « Je parlerai des défis avec lesquels la communauté internationale a eu à composer en matière de prévention de conflits meurtriers. »

Selon M. Matthews, éviter la catastrophe ne sera pas chose facile. Il croit toutefois que c’est possible. « On doit mobiliser les connaissances et les partager avec ceux et celles qui évoluent au sein du système multilatéral et des gouvernements nationaux. »

« De grandes franges de la population mondiale sont actuellement plongées dans le chaos et l’anarchie. Néanmoins, les décideurs concernés ne sont pas suffisamment renseignés quant au lien qui existe entre les enjeux… Les intervenants des milieux humanitaire, de la santé et de l’environnement doivent conjuguer leurs efforts et se saisir de la question pour en faire une priorité mondiale. »

Peter Stoett espère que ce colloque suscitera la discussion sur ces trois enjeux de première importance et stimulera la réflexion sur les moyens d’éviter les catastrophes.

« Il est plus que temps d’avoir un dialogue soutenu et de jeter un pont entre ces domaines d’expertise et le monde politique. »

Le colloque Avoiding Catastrophe: Linking Armed Conflict, Harm to Ecosystems and Public Health aura lieu du 4 au 6 mai au campus Sir-George-Williams. L’entrée est gratuite et ouverte au grand public; il est cependant nécessaire de s’inscrire

 



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