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Comment l’exercice garde le cerveau jeune

Louis Bherer, du Centre PERFORM, a prouvé comment l’exercice physique peut prévenir le déclin cognitif causé par le vieillissement
24 mars 2014
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Par Lucas Wisenthal

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Il ne fait aucun secret que nous vivons plus longtemps qu’autrefois, mais au fur et à mesure qu’augmente notre longévité, la possibilité de développer des maladies chroniques qui nuisent à nos facultés et diminuent la qualité de notre vie augmente elle aussi.

Louis Bherer, professeur au Département de psychologie de l’Université Concordia et directeur scientifique du Centre PERFORM croit que l’importante perte cognitive qui semble aller de paire avec le vieillissement pourrait être évitée, et c’est ce que sa recherche pourrait être en train de prouver.

En 2010, il lançait avec son équipe une étude au cours de laquelle il avait imposé un régime à ce qu’il appelle des adultes âgés et frêles, c’est-à-dire des personnes de 70 ans et plus. Avec le soutien des Instituts de recherche en santé du Canada, ils ont ainsi mis à l’épreuve l’idée que l’exercice physique pourrait améliorer leurs fonctions cognitives.

« Les résultats furent étonnants, » de dire M. Bherer, qui est aussi titulaire de la Chaire PERFORM de recherche en science de la santé préventive. « Leur mémoire s’est améliorée, ils sont devenus plus alertes et ont réussi à soutenir une activité mentale pendant de plus longues périodes. »

Ce printemps, le professeur Bherer et ses collègues, y compris des conférenciers de l’Institut de cardiologie de Montréal, de l’Université de Sherbrooke et de l’Université de Poitiers, en France, exploreront les bénéfices que présente l’exercice physique pour les personnes âgées lors du 82e Congrès de l’Acfas (l’Association francophone pour le savoir), qui se déroulera pour la première fois à l’Université Concordia, du 12 au 16 mai.

louis-b-310 Pour Louis Bherer, directeur scientifique du Centre PERFORM, notre cerveau se transforme pour répondre aux exigences de notre environnement. | Photo: David Ward

L’intérêt du professeur pour cette recherche découle de ses recherches de la maladie de Parkinson, qu’il avait étudiée au premier cycle. On lui avait donné pour tâche de tester des sujets témoins qui ne souffraient pas de cette maladie dégénérative.

Les sujets étaient âgés de 65 ans et plus, dit-il, et leurs fonctions cognitives variaient sensiblement puisque certains montraient des signes de déficit d’attention et de perte de mémoire alors que d’autres ne semblaient nullement affectés par l’âge.

« J’ai rapidement voulu savoir pourquoi, lorsque nous vieillissons, nos fonctions cognitives varient autant, dit-il, et cela m’a amené à étudier ce que nous appelons le vieillissement normal, c’est-à-dire non pathologique, du cerveau. »

Il a tenté d’identifier les facteurs qui affectent le cerveau vieillissant. « Les facteurs les plus évidents semblaient le style de vie, l’exercice, le travail, et le type d’implication sociale, » ajoute-t-il.

Plus de dix ans auparavant, des chercheurs avaient commencé à offrir des interventions mettant l’accent sur ces facteurs en vue de préserver les fonctions cognitives. Le professeur Bherer a ainsi travaillé à créer des jeux informatisés simples, qui espérait-il, influeraient sur la plasticité du cerveau, c’est-à-dire sa capacité à se recalibrer face aux changements.

« Nous avons découvert que quel que soit notre âge, notre cerveau ne cesse jamais de se réorganiser. Il continue de se reformer pour répondre aux exigences de notre environnement. »

Cette découverte l’a incité à étudier les effets de l’exercice sur le cerveau vieillissant. Comme on s’y serait attendu, en plus des améliorations notées aux habiletés physiques, on a remarqué que ces adultes plus vieux, même ceux pour qui un gériâtre considérait une intervention comme risquée, démontraient une capacité cognitive plus élevée.

« Notre travail a prouvé que la plupart des adultes plus âgés et frêles bénéficient de l’exercice physique et ce, même après trois mois seulement, » ajoute-t-il.

Il fait cependant une mise en garde à l’effet que l’activité n’est pas une fontaine de jouvence, même si sa recherche prouve qu’en prenant les mesures qui s’imposent, le déclin cognitif lié à l’âge peut être évité. « Cela donne aux gens une plus grande liberté et l’espoir de pouvoir demeurer libres plus longtemps pour pouvoir profiter de ces années qui nous sont aujourd’hui données. C’est une chose que de pouvoir vivre plus longtemps, mais espérons que nous pourrons aussi réussir à mieux vivre, » conclue-t-il.


Le colloque de l’Acfas « 
L’activité physique pour la personne âgée: Les bienfaits pour le corps et pour l'esprit » sera présenté le jeudi 15 mai. Consultez le site du Congrès de l’Acfas pour les détails concernant chacun des événements.
 



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