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Communiqué de presse

NOUVELLE RECHERCHE : Protection des forêts tropicales et sécurité culturelle à Bornéo

La chercheuse de Concordia Natasha Blanchet-Cohen rend compte d’un conflit entre aînés et jeunes indigènes au sujet des domaines ancestraux

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Montréal, le 16 novembre, 2017 - Les tronçonneuses vrombissaient non loin de là, rappel constant de la destruction des forêts tropicales par l’industrie forestière dans l’État de Sarawak, à Bornéo.

« Près de 90 % de la forêt ancienne de Sarawak est aujourd’hui disparue », déplore Natasha Blanchet-Cohen, professeure agrégée de sciences humaines appliquées à la Faculté des arts et des sciences de l’Université Concordia.

En 2015, la Pre Blanchet-Cohen a passé trois mois dans la communauté Kelabit, à Bornéo, afin d’y réaliser une étude de cas participative. Elle s’est intéressée aux questions de sécurité culturelle à la lumière du conflit indigène interne causé par les pressions externes de la modernisation, notamment les tensions entourant l’exploitation forestière, les palmiers à huile et les domaines ancestraux.

Assurer la « sécurité culturelle » indigène

Les réflexions de Natasha Blanchet-Cohen ont été publiées en septembre dernier dans un numéro spécial de la revue AlterNative, dont elle a codirigé la rédaction avec Catherine Richardson/Kinewesquao, professeure à l’Université de Montréal.

Ce volume est consacré à la sécurité culturelle, qui selon la Pre Blanchet-Cohen évoque au sens large un environnement où les gens se sentent acceptés, quelles que soient leur identité et leurs origines.

« La sécurité culturelle constitue déjà un enjeu dans le contexte de la redéfinition des soins de santé et des services sociaux », explique la chercheuse.

« Mais nous devons également mieux comprendre l’importance de la terre à son égard et la manière de préserver ce rapport pour la jeune génération. »

Combler le fossé des générations

Dans un article corédigé avec son mari, le militant Kelabit Mutang Urud, Natasha Blanchet-Cohen rend compte d’un conflit entre groupes d’âge dans la communauté de Long Napir, où le couple a mené des entrevues exhaustives.

« Les jeunes – dont certains vivent et chassent encore sur les terres et d’autres habitent en zones urbaines – veulent prendre part au processus décisionnel, surtout lorsqu’il s’agit de négocier le règlement des revendications territoriales », explique la Pre Blanchet-Cohen, qui est par ailleurs directrice des programmes d’études supérieures en travail auprès des jeunes au Département des sciences humaines appliquées.

« Les aînés reconnaissent que certains jeunes sont mieux éduqués et équipés pour traiter avec les entreprises, mais ils ne veulent pas renoncer à leur leadership et ne sont pas convaincus que les jeunes ont toutes les réponses pour autant. »

Cartographier la communauté

L’article de Natasha Blanchet-Cohen souligne également la réussite d’un projet de cartographie communautaire de quatre ans comme outil afin de combler le fossé générationnel chez les Kelabit et de faire aboutir les revendications territoriales.

En pirogue où à pied, jeunes et aînés sont devenus cartographes, traversant approximativement 100 000 hectares de territoires Kelabit Meri’it afin d’identifier routes migratoires, cimetières, sites d’anciens villages, terrains de chasse, longues maisons et plus encore.

« La cartographie communautaire s’est révélée un processus d’apaisement des désaccords sur les revendications territoriales pouvant consolider l’identité, favoriser l’unité et, par conséquent, renforcer la sécurité culturelle. Cette démarche peut d’ailleurs servir de modèle à d’autres cultures », souligne la Pre Blanchet-Cohen, qui a participé au projet en tant qu’observatrice.

« L’exercice de cartographie aide à transcender le fossé des générations et les frontières de la connaissance, en plus de bâtir une force afin de protéger la terre, puisqu’il revient en grande partie aux communautés indigènes de prouver leur droit de propriété. »

La chercheuse conclut en insistant sur l’importance d’assurer la résilience et la force de la communauté afin que celle-ci puisse utiliser efficacement les outils à sa disposition pour protéger ses terres et maintenir son sentiment d’appartenance ainsi que son identité.

A Time to Swim

Découvrez la bande-annonce d’un documentaire mettant en vedette le mari de Natasha Blanchet-Cohen, le militant Kelabit Mutang Urud.

http://atimetoswim.com/trailer


Source

Nadia Kherif
Public Affairs
514-848-2424, ext. 4187
nadia.kherif@concordia.ca
@MediaNad



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