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Communiqué de presse

Des personnes ayant une déficience intellectuelle s’autonomisent grâce aux tablettes et à YouTube

Une chercheuse de l’Université Concordia souligne la valeur durable du récit à la première personne

« La distinction entre effectuer une recherche “avec” et effectuer une recherche “sur” est très importante », souligne Ann-Louise Davidson. « La distinction entre effectuer une recherche “avec” et effectuer une recherche “sur” est très importante », souligne Ann-Louise Davidson.

Montréal, le 23 février 2016 – Environ deux pour cent des Canadiens sont atteints d’une déficience intellectuelle. Ces personnes font face à des défis de taille, dont certains sont liés à la stigmatisation qui résulte de leur condition, et d’autres aux difficultés qu’elles éprouvent à vivre de manière autonome.

Or, une nouvelle étude de l’Université Concordia révèle que les technologies mobiles comme les tablettes et les téléphones intelligents peuvent beaucoup aider les personnes qui vivent avec une déficience intellectuelle à relever ces défis. En utilisant ces outils pour créer des vidéos qui expliquent leurs expériences et leurs réussites, elles peuvent en effet renforcer leur autonomie tout en démontrant et en enseignant leurs compétences à leurs pairs.

Dans le cadre de cette recherche dont les résultats ont été publiés récemment dans la revue Social Inclusion, Ann‑Louise Davidson, professeure agrégée au Département des sciences de l’éducation de Concordia, a collaboré avec huit personnes atteintes d’un trouble du développement afin de créer d’émouvants témoignages vidéo.

À l’aide d’iPad, les participants ont conçu et réalisé de brèves vidéos qui mettent en lumière des aspects importants de leur vie. Ils ont ensuite partagé leurs premiers montages avec un groupe de discussion, qui leur a adressé des commentaires ainsi que des éloges, avant de téléverser leurs créations sur une chaîne YouTube commune accessible au public.

« Le message collectif que véhiculent ces vidéos est de toute évidence celui de personnes ayant une déficience intellectuelle qui sont capables de mener une vie heureuse et enrichissante, de travailler et de s’amuser au quotidien, explique la Pre Davidson. Et lorsque des personnes atteintes d’un trouble du développement voient leurs pairs réussir, elles s’en trouvent inspirées. »

La Pre Davidson affirme que la production de vidéos peut être extrêmement stimulante, mais que les enregistrements destinés aux personnes atteintes d’une déficience intellectuelle ne sont presque jamais réalisés par celles-ci ou en collaboration avec elles.

« Les personnes vivant avec une déficience intellectuelle ont peu de modèles de réussite sociale. Et pour celles qui se démarquent, leur statut peut être considéré comme symbolique, car elles ne possèdent généralement pas le haut niveau d’adaptation qui leur est attribué. »

Prenant le contre-pied, la Pre Davidson a donné aux huit participants à son étude le rôle de cochercheurs et leur a demandé de réaliser et de monter leurs propres vidéos.

« La distinction entre effectuer une recherche “avec” et effectuer une recherche “sur” est très importante », souligne-t-elle. En effet, d’après une étude, son travail compte parmi seulement 17 projets dans le monde menés auprès de cette population selon une démarche axée sur la collaboration, et le seul en son genre au Canada.

La chercheuse a eu recours à ce qu’on appelle l’approche par les capacités pour aider les participants à prendre des décisions sur les aspects à mettre en valeur dans leurs vidéos.

« Cette démarche permet de choisir ce qu’on peut faire plutôt que de faire uniquement ce qu’on peut faire, explique-t-elle. Il s’agit d’une liberté fondamentale sur laquelle les chercheurs devraient se concentrer dans les études à venir sur la déficience. »

Les résultats se sont avérés encourageants, puisque tous les participants ont fourni suffisamment d’information sur leurs capacités et que personne n’a été intimidé par la technologie.

En outre, si les capacités dont ont fait preuve les participants appartenaient à diverses catégories – recevoir un prix, s’impliquer dans des organismes, vivre de manière autonome, pratiquer un art ou avoir un emploi rémunéré –, elles n’avaient rien d’inhabituel comparativement aux sources de satisfaction des personnes vivant dans la communauté élargie.

« Grâce aux puissantes technologies mobiles, si facilement disponibles et accessibles, les personnes atteintes d’un trouble du développement peuvent et devraient produire leurs propres ressources éducatives », conclut Ann-Louise Davidson.

Partenaires de recherche : L’étude a reçu l’appui de l’Université Concordia et du Programme de récompenses aux jeunes innovateurs de Petro-Canada.


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