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Communiqué de presse

Les aînés filent vers la banlieue

Les gens 65+ s’éloignent du centre-ville, selon une étude de l’Université Concordia.

Montréal, le 14 octobre 2014  D’ici 2040, le nombre d’octogénaires américains aura plus que triplé par rapport à 2000. Or, les tours à condominiums qui dominent le paysage des grandes villes semblent refléter l’espoir des constructeurs de voir les aînés s’installer dans les centres urbains. Les citadins jouissent en effet d’une offre de services accrue et de meilleures options de transport. C’est toutefois le contraire qui se produira, d’après une nouvelle recherche de l’Université Concordia.

Dans une étude parue récemment dans la revue Journal of Transport Geography, le chercheur Zachary Patterson s’est servi de données de recensement pour analyser les habitudes de déménagement des aînés. Il en ressort un schéma clair : les personnes de 65 ans et plus partent s’établir dans les banlieues.

« La situation pose un défi de taille aux urbanistes en cette période où la génération du baby‑boom atteint l’âge de la retraite », affirme le Pr Patterson, qui est professeur au Département de géographie, d’urbanisme et d’environnement de Concordia. « Nous devons nous préparer à un afflux d’aînés dans les banlieues. Il faut donc assurer le développement des services de santé et du transport collectif hors du centre-ville. »

76662250 Les gens 65+ s’éloignent du centre-ville, selon une étude de l’Université Concordia.

La population pour preuve
Ces découvertes sont fondées sur les données de recensement des six plus grandes agglomérations du Canada : Montréal, Ottawa, Toronto, Calgary, Edmonton et Vancouver. Ensemble, elles représentent 45 pour cent de la population canadienne.

Avec ses cochercheurs, le Pr Patterson s’est concentré sur les données des formulaires longs des recensements de 1991, 1996, 2001 et 2006. Les données du recensement de 2011 ont été exclues, n’étant pas suffisamment robustes. Cette lacune est attribuable aux changements apportés au règlement sur les formulaires longs de recensement.

L’analyse des données a permis de dégager une tendance nette : les personnes âgées sont plus enclines à quitter les centres urbains qu’à s’y installer. En fait, dans chaque ville, le nombre d’aînés qui déménagent en banlieue semble augmenter plus vite que pour les autres groupes d’âge.

« Les gens souhaiteraient voir davantage d’aînés revenir dans les villes, lesquelles disposent déjà des infrastructures nécessaires pour offrir une meilleure qualité de vie », poursuit le Pr Patterson, qui est également titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les liens entre le transport et l’utilisation des terres pour la durabilité régionale. « Mais quand on observe les données réelles au lieu des témoignages anecdotiques, il apparaît clairement que les aînés préfèrent les banlieues. »

« L’enjeu est important non seulement du point de vue de la planification des systèmes de transport, mais aussi pour le bien-être futur des nombreux bébé-boumeurs qui entament leur retraite. »

Partenaires de recherche : Cette étude a bénéficié de l’appui du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, du Programme des chaires de recherche du Canada et de l’Agence métropolitaine de transport de Montréal.


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