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Communiqué de presse

Une nouvelle façon de lutter contre le stress


Une hormone stimule le soutien social, selon des chercheurs de l’Université Concordia

Montréal, le 25 juin 2013 – Pensez-y à deux fois si vous avez l’habitude de masquer vos émotions pour éviter de vivre un sentiment de rejet lorsque vous subissez une rebuffade lors d’une soirée. Des scientifiques ont démontré que la recherche de soutien social en situation stressante améliore efficacement notre humeur. Selon des chercheurs de l’Université Concordia, l’oxytocine, une hormone, peut justement vous aider à cet égard.

Mark Ellenbogen et Christopher Cardoso, chercheurs à la Faculté de psychologie de l’Université Concordia, ont étudié de près l’oxytocine, une hormone reconnue pour son rôle lors de l’accouchement et de l’allaitement et, récemment, pour son effet sur les comportements sociaux. Leur toute dernière étude, publiée dans Psychoneuroendocrinology,unerevue scientifique à comité de lecture, montre que l’oxytocine peut accroître la confiance ressentie par une personne à la suite d’un rejet social.

Mark Ellenbogen explique : « Plutôt que de favoriser le comportement attaque-fuite que les gens adoptent traditionnellement en cas de conflit social, c’est-à-dire se préparer à réagir à l’attaque ou à l’éviter, l’oxytocine peut encourager l’empathie et l’entraide et, par conséquent, à se tourner vers autrui en cas d’événement stressant. Cette réponse, à son tour, renforce les liens sociaux et constitue une façon saine de faire face à la situation. »

Mark Ellenbogen and Christopher Cardoso are taking a closer look at a hormone called oxytocin | Photo by Concordia University
Mark Ellenbogen et Christopher Cardoso | Photo by Concordia University

Dans le cadre d’une expérience à double insu, 100 étudiants ont reçu soit de l’oxytocine, soit un placebo, sous forme de vaporisateur nasal, avant d’être soumis à un épisode de rejet social. Lors d’une simulation de discussion réelle, des chercheurs, jouant le rôle d’étudiants, ont ignoré ou interrompu les participants, qui ne se doutaient de rien, ou se sont montrés en désaccord avec eux. Les données tirées de questionnaires sur l’humeur et la personnalité ont montré que les participants qui se sentaient particulièrement ébranlés après avoir subi une rebuffade avaient davantage confiance en autrui s’ils avaient inhalé de l’oxytocine avant l’événement, ce qui n’était pas le cas des participants ayant reçu un placebo. En revanche, l’oxytocine n’a eu aucun effet sur la confiance éprouvée par les participants qui n’étaient pas touchés sur le plan affectif à la suite de l’épisode de rejet social.

Christopher Cardoso, un étudiant au doctorat du Centre de recherche en développement humain, affirme que des études sur l’oxytocine permettraient d’offrir davantage de solutions aux patients atteints de problèmes de santé mentale caractérisés par un degré élevé de stress et une défaillance en matière de soutien social, comme la dépression. « L’oxytocine pourrait favoriser la quête de soutien social chez les patients en détresse; elle peut donc leur être particulièrement utile », affirme?t?il, notant que les personnes déprimées tendent naturellement à s’isoler même si le recours à des systèmes de soutien social peut atténuer la dépression et favoriser le rétablissement.

Mark Ellenbogen, titulaire d’une chaire de recherche canadienne en psychopathologie développementale, étudie depuis longtemps le rôle du stress dans l’apparition des troubles de l’humeur comme la dépression et la psychose maniacodépressive. « Je m’intéresse aux causes biologiques sous-jacentes du stress, particulièrement le stress interpersonnel, qui semble être un indicateur important de ces troubles mentaux. L’oxytocine suscite donc tout naturellement mon intérêt », déclare Ellenbogen. « La prochaine phase de mes recherches portera sur les effets de l’oxytocine chez les personnes qui présentent un risque élevé de dépression clinique. »

Christopher Cardoso affirme que les facteurs personnels et contextuels influent davantage sur la réaction à l’oxytocine comparativement à d’autres produits pharmaceutiques, ce qui explique qu’en apprendre davantage sur le fonctionnement de cette hormone peut aider les scientifiques à comprendre comment l’intégrer aux traitements.

« Des études précédentes ont montré que les gens en détresse montrent des taux supérieurs d’oxytocine naturelle, mais avant cette recherche, personne ne pouvait dire avec certitude que c’était bien le cas », explique Cardoso. « L’oxytocine peut accroître le désir de se tourner vers les autres pour obtenir de l’aide. Cette découverte est enthousiasmante autant pour la communauté scientifique que pour les personnes souffrant de troubles de l’humeur. »

Partenaires de recherche : Cette recherche a été financée par le Conseil de recherches en sciences humaines.

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Fiona Downey
Fiona Downey
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