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Irréversible? Oui. Inévitable? Non. Le réchauffement climatique revisité

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La réduction des émissions de CO2 ralentira immédiatement le taux d’augmentation de la température globale, selon des chercheurs de l’Université Concordia et du MIT

Montréal, le 2 avril 2013 – Les scientifiques et le public en général croient à tort qu’il existe un délai entre les émissions de dioxyde de carbone et la réaction du climat à ces rejets. Cette conception erronée incite les décideurs politiques à soutenir que la réduction immédiate de CO2 mettra des décennies avant de se répercuter sur le système climatique. Pareil raisonnement fait paraître la problématique du climat quasi insurmontable, ce qu’elle n’est pas, affirment Damon Matthews, de l’Université Concordia, et Susan Solomon, titulaire du poste de professeure Ellen-Swallow-Richards en chimie atmosphérique  et climatologie du MIT.

Dans un article publié récemment dans la revue Science, les deux chercheurs démontrent qu’une diminution immédiate des émissions de dioxyde de carbone provoquerait en fait aussitôt une baisse du taux de réchauffement planétaire. « Si nous réussissons à réduire nos émissions de CO2 dans un avenir rapproché, le système climatique en ressentira les effets dès lors que les diminutions surviendront, et non pas des décennies plus tard », explique Damon Matthews, professeur au Département de géographie, d’urbanisme et d’environnement.

 « Le potentiel de réaction prompte du régime climatique aux réductions rapides de CO2 laisse entrevoir la possibilité que les effets bénéfiques coïncident avec les échéanciers des décideurs politiques. »

Les auteurs montrent que la responsabilité de ralentir l’évolution du réchauffement climatique repose sans équivoque sur les efforts actuels de réduction des émissions de CO2 et sur les émissions que nous produirons à l’avenir. Cette constatation a des conséquences critiques quant au principe d’équité internationale à la base des décisions d’émissions de dioxyde de carbone.

Les émissions totales provenant des pays en développement risquent bientôt de dépasser celles des pays développés. Toutefois, on s’attend à ce que les pays développés continuent, par personne, à contribuer au réchauffement climatique actuel et potentiel dans une bien plus large mesure. « Cette disparité met en lumière l’urgence d’investir dans les technologies sobres en carbone, et de les diffuser, afin de permettre aux pays en développement de poursuivre leur croissance », ajoute le Pr Matthews.  

« Des réductions immédiates d’émissions de CO2 auront aussitôt des répercussions sur le taux de réchauffement climatique, insiste-t-il. Il m’apparaît plus prometteur de lutter contre des effets néfastes difficilement évitables par l’accélération des avancées techniques en matière de développement et de diffusion que de lutter contre des changements climatiques d’ores et déjà inévitables. Devant l’ampleur du défi que représente l’atténuation du changement climatique et sa formidable complexité, affirmer ces motifs d’espoir est essentiel pour arriver à changer le cours des choses. »

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Source :

Nadia Kherif
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